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vendredi 20 décembre 2013

Le pupitre d'enfant de Gide à voir à Rouen






 Un don d'objets et manuscrits vient enrichir 
le fonds Gide de la bibliothèque de Rouen


Jusqu’au mardi 31 décembre la Bibliothèque Villon à Rouen présente le dernier don venu enrichir ses collections. Philippe Monart, bibliophile et amateur d’art, vient d’offrir à la ville de Rouen un ensemble de 92 pièces concernant André Gide : livres, autographes, mais aussi son pupitre d'enfant.

Après Gustave Flaubert et Guy de Maupassant pour le XIXe siècle, la Ville de Rouen souhaitait mettre à disposition du grand public et des chercheurs, un auteur majeur de la littérature française du XXe siècle. C’est pourquoi, depuis plusieurs années, elle s’attache à constituer un fonds de référence sur André Gide pour lequel elle a déjà acquis la bibliothèque de travail, diverses correspondances (la famille ou des amis), des éditions originales, ainsi que des manuscrits d’oeuvres.

Visite libre aux horaires d’ouverture de la bibliothèque : mardi, jeudi et vendredi de 13h à 18h, mercredi et samedi de 10h à 18h.

3, rue Jacques-Villon
76 043 Rouen


 Le pupitre d'enfant de Gide
est à voir jusqu'au 31 décembre

vendredi 30 mars 2012

L'Hôtel Rondeaux devient un tribunal

 L'Hôtel Rondeaux, rue de Crosne à Rouen
(photo Stéphanie Péron-Jaume - source)

Dans l'édition d'aujourd'hui de Paris-Normandie.fr, on apprend que l'Hôtel Rondeaux de la rue de Crosne à Rouen va dans les prochains mois abriter le tribunal d'instance. Construit en 1785 par un descendant de l’économiste Pierre Le Pesant, seigneur de Bois-Guilbert, cousin éloigné des Corneille, l'Hôtel de Bois-Guilbert est racheté en 1832 par Edouard Rondeaux, le grand-père de Gide. C'est là que naîtra Juliette Rondeaux, la mère d'André Gide, en 1835.

Il y a quelques mois la revue Fenêtre sur Tour revenait sur l'ascension des Rondeaux et les racines rouennaises d'André Gide.On ignorait encore à ce moment que le bâtiment allait devenir un tribunal. Par une ironie du sort qui ne serait pas pour déplaire à Gide, lui qui ne manquait pas d'assister aux procès dans les villes qu'il visitait, et qui avait surtout voulu devenir un juré d'assises pour voir de l'intérieur le fonctionnement et les dysfonctionnements de la justice...

mercredi 28 septembre 2011

Racines rouennaises

De passage à Rouen, Alain Goulet a découvert une page de Fenêtre sur tour, la lettre d'information de la direction des archives départementales de Seine Maritime, consacrée à Gide et qu'il a eu la gentillesse de nous signaler. Intitulé André Gide, un écrivain aux racines rouennaises, l'article signé Philippe Priol rappelle les origines normandes de Gide du côté de sa mère et de sa femme, les Rondeaux. Un portrait de son ancêtre Jean-Marin Rondeaux de Sétry, les signatures au bas du contrat de mariage des parents d'André et la façade de l'hôtel familial à Rouen illustrent cette page. Il faut rappeler également que la ville de Rouen a récemment fait l'acquisition de la bibliothèque de Gide, devenant le second fonds gidien le plus important, après celui de la Bibliothèque Littéraire Jacques Doucet.





HOMMES ET LIEUX [par Ph. Priol]
André Gide, un écrivain aux racines rouennaises,

Le 19 février 1951, André Gide mourait à Paris. Celui qui affirmait à Barrès qu’étant né d’un père uzétien et d’une mère normande, il ne savait où s’enraciner, avait pourtant bel et bien des origines rouennaises. Par sa mère, née Juliette Rondeaux, il appartenait à ce patriciat rouennais qui se distingua, aux XVIIIe et XIXe siècles, aussi bien dans le monde de la magistrature que celui des affaires.

Les Rondeaux
C’est vers 1650 qu’un certain Nicolas Rondeaux, originaire de Fleury-La-Forêt, en lisière de la forêt de Lyons, va commencer à inscrire sa trace dans le paysage rouennais. Appartenant sans doute à ces familles paysannes qui pratiquaient le commerce, c’est à Rouen qu’il va réellement affirmer ses qualités et ses mérites. Bien que ne sachant ni lire ni écrire, il va rapidement s’imposer. Installé comme marchand-épicier-droguiste, il parviendra à l’honorabilité bourgeoise et fera partie de la compagnie de la Cinquantaine, autrement dit une milice composée d’arbalétriers chargée d’assurer la sécurité des habitants.
L’ascension de la famille sera ensuite fulgurante, puisque son petit-fils, Jean Marin Rondeaux de Sétry (1720-1805) sera conseiller à la Cour des Comptes, Aides et Finances de Normandie et seigneur de Saint-Etienne-du-Rouvray. Le fils de ce dernier, Charles-Marin Rondeaux de Montbray (1753-1820), éphémère
maire de Rouen en 1792, exercera comme manufacturier. C’est le bisaïeul de l’écrivain.
La Révolution ayant bouleversé le cours des choses, Edouard Rondeaux (1789-1860), son grand-père, suit l’initiative paternelle et se lance dans les affaires. Manufacturier, négociant, indienneur à Bolbec, puis au Houlme, membre de la chambre de commerce et conseiller général, il incarne la parfaite figure du notable rouennais. Epoux de Judith Pouchet, d’une famille de manufacturiers protestants, il élève ses enfants dans la religion réformée. C’est le 27 février 1863, à Rouen, que leur fille, Juliette Rondeaux, épouse Paul Gide,  professeur à la Faculté de droit de Paris. Ils sont les parents d’André.
Gide à Rouen
Si venant du Vieux-Marché, l’on remonte l’actuelle rue de Crosne jusqu’au croisement de la rue de  Fontenelle, l’on remarquera, à hauteur de ce croisement, sur la droite, un immeuble à la belle ordonnance classique, aux fenêtres hautes et claires, surmontées de camées sculptés ; il fait l’angle des deux rues, il s’agit de l’hôtel de Bois-Guilbert, alias l’hôtel Rondeaux. Construit en 1785 par un descendant de l’économiste bien connu, Pierre Le Pesant, seigneur de Bois-Guilbert, cousin éloigné des Corneille, Edouard Rondeaux, grand-père de Gide l’avait acquis en 1832. C’est là qu’était née la mère de l’écrivain en 1835. Plus loin, aux abords de l’Hôtel-Dieu, au numéro 18 de la rue Lecat, vivait son oncle, Emile Rondeaux. Plusieurs des romans de Gide, dont l’enfance devait se dérouler épisodiquement à Rouen, ont pour cadre ces demeures et leurs habitants.

(Fenêtre sur tour, Lettre d’information de la direction 
des Archives départementales de Seine-Maritime n°6)

vendredi 22 juillet 2011

La bibliothèque Gide à Rouen

  (cliquer pour agrandir)

Dans le dernier numéro de Texto, revue d'information des bibliothèques de Rouen, on apprend que le 22 janvier dernier, la seconde partie de la bibliothèque d'André Gide, acquise auprès de Catherine Gide et de sa Fondation, a rejoint la bibliothèque Villon. Voilà qui en fait le second fonds gidien le plus important, après celui de la Bibliothèque Littéraire Jacques Doucet. On en attend le catalogue, annoncé dans l'article qui suit, avec impatience...


Cette bibliothèque, quoique légèrement différente de celle qu'André Gide a laissée pour de nombreuses raisons (prêts pour expositions, à des amis, nombreux déménagements), reflète la personnalité de l'écrivain et son rôle central dans les milieux littéraires de la première moitié du 20e siècle. Y figurent en effet de nombreux livres d'auteurs contemporains, envois autographes et éditions originales, parfois émaillés d'une lettre ou d'une facture, certains livres comportant des notes de lecture. Cette bibliothèque comporte par ailleurs la collection complète de la Nouvelle revue française en partie reliée. Gide possédait aussi la collection publiée aux éditions NRF, sur grand papier et numérotée hors commerce, des partitions pour piano, son instrument favori, et des éditons étrangères (anglaises, allemandes, etc.). La bibliothèque contient environ 5000 volumes et apparaît clairement comme sa bibliothèque d'usage. André Gide avait procède en 1925 a une vente de ses livres les plus précieux et avait justifié son choix dans une préface au catalogue de vente. Il y explique : "le goût de la propriété n'a, chez moi, jamais été bien vif". Il ajoute : "Au surplus, peu soigneux, j'ai sans cesse la crainte que les objets que je détiens ainsi ne s'abiment davantage encore si, partant en voyage, je les abandonne longtemps. Projetant une longue absence, j'ai donc pris le parti de me séparer de livres acquis en un temps où j'étais moins sage, que je ne conservais que par faste ; d'autres enfin qui me sont demeures chers entre tous aussi longtemps qu'ils n'éveillaient en moi que des souvenirs d'amitié. J'y ajoute les exemplaires que je m'étais réservés de mes premiers livres, dont les éditions originales sont devenues rares." Ce sont ces livres que l'on peut parfois retrouver en vente dans les réseaux spécialisés. Contrairement à ce que Gide laisse entendre, il prenait soin de sa collection de livres et entretenait une relation privilégiée avec divers relieurs : Champs, Stroobans, Léon Gruel. La publication du catalogue de la bibliothèque suscitera des études qui permettront d'en apprendre davantage sur l'écrivain.

(Texto, n°7, avril, mai, juin 2011)

Il s'agit de la bibliothèque du Vaneau, arrivée à Cabris chez Catherine Gide au terme d'un déménagement difficile (140 caisses) dans une pièce spécialement construite pour l'héberger, et qu'on peut voir dans le film André Gide. Un petit air de famille de Jean-Pierre Prévost (DVD accompagnant le livre André Gide : un album de famille, chez Gallimard). Catherine Gide en tire quelques ouvrages pour la caméra : le Dictionnaire de l'architecture française de Viollet-le-Duc, un exemplaire dédicacé des Jeunes filles, des Essais de Suarès, ou des Songes et les Sorts.



 Catherine Gide et la bibliothèque du Vaneau
(image du film André Gide. Un petit air de famille
de Jean-Pierre Prévost, Gallimard, 2010)