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samedi 27 mai 2017

Un Thésée pour une sorcière

Le site edition-originale.com propose deux exemplaires du très beau Thésée dans son édition originale de 1946. L'une est accompagnée d'un envoi de Gide à Gaétan Picon, un proche de Malraux alors professeur de littérature et auteur de chroniques dans plusieurs revues.

L'autre est, selon le vendeur, adressée par Gide "à mes vieux amis Jeanne et Pierre Blancharay"... Ces "vieux amis", associés à un nom inconnu, ne manquent pas de piquer la curiosité. On rectifie donc assez rapidement l'orthographe en zoomant sur l'image et en déchiffrant l'écriture de Gide : le livre est adressé à Jeanne et Pierre Blanchenay. L'autre nom de Jeanne Mühlfeld, comme nous l'apprenait Claude Mauriac, dans Qui peut le dire ? (L'Âge d'homme, 1985), recueil de ses chroniques parues en 82-84 dans La Tribune de Genève. Mme Mühlfeld, aussi surnommé "la Sorcière" par Valéry et souvent ainsi désignée dans la correspondance de Gide avec ses amis qui fréquentaient son salon de la rue Georges-Ville :

"Une sorcière à Passy

Achevé d’imprimer à Neuchâtel chez Paul Attinger, le 2 février 1955, Visages de mon temps (Éditions Ides et Calendes ) est signé d’un nom peu connu : Jeanne Blanchenay. Cent exemplaires sur chine en furent tirés, dont le n° 20 pour mon père.

Ce nom, Blanchenay, était celui du second mari de Mme Mühlfeld, plus connu grâce au salon littéraire que tenait cette dame, chez elle. Elle se déplaçait avec difficulté, si bien que...

"... demeurée seule, sans grande fortune, n’ayant plus ni chevaux ni voiture, marchant assez difficilement et détestant les transports en commun, je décidai de ne plus jamais sortir qu’à de rares occasions. Quelques intimes, toujours parfaits pour moi, et qui étaient mes voisins, vinrent me voir presque tous les soirs..."

Et, parmi eux, dans sa jeune gloire d’alors, Paul Valéry, qui habitait la rue de Villejust (elle porte aujourd’hui son nom), Mme Mühlfeld ayant à côté son appartement, rue Georges-Ville.

Sûr de la trouver chez elle, Valéry allait donc en fin de journée voir Mme Mühlfeld chez qui se rendait chaque soir pour y entendre Paul Valéry quelques jeunes écrivains fervents. Dont, de la proche rue de la Pompe, François Mauriac.

- Je vais chez la Sorcière... 

Ainsi appelait-on Mme Mühlfeld qui rappelle elle-même dans ses Mémoires ce vers de Paul Valéry dans un poème à elle dédié : 

Et la sorcière rose, au cœur de son nid jaune... 

Cette Sorcière si souvent évoquée fascinait l’enfant que j’étais. Il me paraissait naturel que ma mère n’accompagnât pas mon père dans cet antre. La Sorcière n’aimait point la concurrence féminine et ne recevait les dames que le dimanche. Seul m’a fait rêver autant que cette créature au nom maléfique, le Bœuf que mon père, accompagné cette fois de maman, allait voir, la nuit, sur un toit. 

Ces Visages de mon temps nous font rencontrer bien des écrivains, de Barbey d’Aurevilly à Jean Cocteau, de Jules Renard à Anna de Noailles, de Robert de Montesquiou à André Gide. Et, naturellement, mais plus courtement que je ne m’y étais attendu, François Mauriac."


lundi 10 décembre 2012

Pour l'histoire du Thésée


 Pour l'histoire du Thésée d'André Gide, C. Dhérin et C. Martin,


Céline Dhérin et Claude Martin ont œuvré Pour l'histoire du Thésée d'André Gide en compilant dans le dernier cahier de l'Association des Amis André Gide la genèse, les différents états de ce texte et sa réception*. Un projet de longue haleine et qui aurait dû paraître avant les Romans et récits dans la Pléiade en 2009 comme le laisse entendre la préface. Mais tout de même pas en 1912 comme l'annonce drôlement la justification du tirage !

L'édition Schiffrin du Thésée
1912 est l'année des premiers fragments de la rédaction d'un Thésée par Gide. Mais il y songe au moins depuis l'année précédente selon le Journal. Une lente maturation dont il a le secret suivie d'une rédaction rapide en 1944, alors que Gide est exilé à Alger : « J'ai travaillé et écrit, en mai-juin dernier, dans un état de joie indicible et que je croyais ne plus jamais connaître, un Thésée qui me tenait à cœur depuis longtemps et que j'avais à peu près désespéré de mener à bien. » écrit-il le 22 octobre 1944 à Dorothy Bussy.

Un texte muri plus de trente ans, écrit en six semaines, et qui va connaître des états successifs et plusieurs publications : chez Schiffrin en janvier 46 à New York, dans les Cahiers de la Pléiade en avril 46, et enfin chez Gallimard la même année. Pendant cette période de retouches fin 1945-début 1946, Gide voyage avec Robert Levesque en Egypte. Ils sont rejoints le 27 janvier 1946 par Etiemble, alors professeur à l'Université d'Alexandrie.

Cahiers de la Pléiade, avril 46

Bien des années plus tard, Etiemble se souviendra de ce séjour et comment il a « entièrement récrit » le Thésée que Gide lui avait alors fait lire. Céline Dhérin et Claude Martin démontent assez facilement ces propos tenus sur France Culture en 1993 : Etiemble, qui se proposait d'écrire un article sur Thésée, avait pris en note sur une édition Schiffrin les corrections de Gide pour l'édition Gallimard. Retrouvant dans un dossier, bien des années plus tard, le livre et les annotations de sa main, il « se prend à croire », pour reprendre l'expression bien diplomatique des auteurs, qu'il en est à l'origine...

La présentation sur quatre colonnes du texte du manuscrit Doucet, de l'édition Schiffrin, de celle des Cahiers de la Pléiade, et enfin l'édition définitive de Gallimard, achève de lever le moindre doute : Gide est bien l'auteur de Thésée, et d'ailleurs comment en douter tant il y a là son « drôle », celui de Paludes notamment. Aux aristoloches de l'accouchement impossible qui bordent le chemin du narrateur de Paludes et d'Angèle répondent ici les très viriles asperges de la rencontre entre Thésée et Périgone... « Vers tout ce que Pan, Zeus ou Thétis me présentait de charmant, je bandais » affirme Gide autant que Thésée, qui tenait beaucoup à ce qu'on prit le verbe dans son sens le plus cru.

Alors Thésée, « classique ? baroque ? ou d'une modernité qui suspend le récit entre la transmission orale propre au mythe et la composition poétique ? » s'interrogent Céline Dhérin et Claude Martin. Festival de trouvailles, de formules, les mélanges entre une langue tantôt des plus populaires tantôt des plus classiques et même précieuses donnent tout son sel au récit. Le saugrenu, au sens là encore le plus strict, est le ton qui convenait le mieux au testament gidien.


L'édition de Thésée sur Hollande chez Gallimard (1947) :
 le 27e et dernier titre paru dans la "petite collection bleue"
à la couverture inspirée  de celle du Faust traduit par Nerval

________________________
* En plus de la genèse du texte, de la présentation en quatre colonnes des quatre versions du texte, les auteurs donnent aussi des fragments, les Considérations sur la mythologie grecque, un Monologue de Thésée, un fragment d'Œdipe à Colone, des extraits des entretiens avec Jean Amrouche, et le dossier de presse de Thésée. Pour prolonger cette étude, nous ne saurions trop, comme Céline Dhérin et Claude Martin dans leur conclusion, conseiller aussi la lecture de celle de Daniel DurosayThésée roi. Essai sur le discours politique dans le Thésée de Gide (BAAG, n°106, avril 1995).

lundi 29 octobre 2012

BAAG n°176


Le Bulletin des Amis d'André Gide, quarante-cinquième année, vol. XL, n° 176 d'octobre 2012 vient de parvenir aux membres de l'Association des Amis d'André Gide. Au menu :

André Bourdil : « André Gide et son peintre », un article paru dans la revue Arts Beaux-Arts n°311 du 18 mai 1951 et n°313 du 1er juin 1951. Marié à Marie-Louise Taos Amrouche, le peintre André Bourdil réalisa un portrait de Gide en 1943 à Tunis, et un croquis sur son lit de mort. Ce sont là les souvenirs de leurs rencontres, des séances de pose et des parties d'échecs.
Maja Zorica Vukusic : Gide et Chopin. Le parfait écrivain devrait être musicien
Jef Last : Mon ami André Gide, suite de la traduction inédite du livre témoignage de Jef Last
Dossier de Presse : Isabelle (Paul Souday)
Lectures : Correspondance Gide - Paul Fort, éditée par A. Yoshii [par Pierre Lachasse] - Frank Lestringant, André Gide l'inquiéteur, t.1 [par Henri Heinemann]
Chronique bibliographique - Varia


Cet envoi s'accompagne du cahier annuel de l'association :


Pour l'histoire du Thésée d'André Gide, 
de Céline Dhérin et Claude Martin,
Publications de l'AAAG, 2012,
314 p., 25€

Avant-propos :

"À l'origine de ce petit livre, une surprise, un ébahissement : celui que suscita en nous (et chez d'autres) la révélation par Étiemble, d'abord radiodiffusée puis réitérée dans la presse et en librairie — plus de quarante-cinq ans après... les faits — qu'il avait « entièrement récrit » le Thésée, lequel n'était donc pas de Gide, mais « de [lui] » (« la dernière édition », précisait-il, car « la première était de Gide »).
« Supercherie littéraire » appelée à « faire un bouleversement considérable », à faire grand bruit dans le landerneau littéraire, comme se hâtait de le proclamer l'interviewer du toujours bouillant et brillant hygiéniste des lettres ? Bah ! on en a vu d'autres. Mais l'histoire était assez piquante, s'agissant de l'ultime et « testamentaire » ouvrage de Gide, pour nous inspirer la curiosité d'y aller voir de près... Avec, pour premier résultat, une communication présentée au colloque organisé en août 1996 au Centre Culturel International de Cerisy-la-Salle sur « l'écriture d'André Gide ».
Jointe à la relecture du célèbre article de 1947 où le même Étiemble avait analysé le style de Thésée, l'aventure nous a entraînés à nous interroger sur la genèse de ce texte, depuis son manuscrit primitif jusqu'à son édition définitive — et, par-delà, sur la manière dont l'œuvre fut en son temps reçue par la critique : c'est-à-dire à relire aussi son « dossier de presse », que l'un d'entre nous avait jadis commencé à rassembler dans le Bulletin des Amis d'André Gide et que nous avons tenté de compléter.
Publier le résultat de notre enquête, le texte des quatre étals successifs du Thésée présentés synoptiquement et l'ensemble des articles parus à la sortie du livre nous a paru utile avant que ne paraisse, dans la «Bibliothèque de la Pléiade» sous la direction de Pierre Masson, une édition des Œuvres romanesques et dramatiques d'André Gide (où l'un d'entre nous s'est chargé de présenter Thésée).

C. Dh & Cl. M."

Les détails pour adhérer à l'AAAG et recevoir le BAAG et le cahier annuel qu'elle publie sont disponibles sur cette page.

A noter qu'à partir de 2013 le BAAG devient semestriel, sous forme de deux numéros doubles, distribués au printemps et à l'automne. Chaque année un numéro sera consacré à un thème ou à un événement particuliers. C'est ainsi que paraîtront en 2013 les actes du colloque de Denison, et qu’en 2014 un numéro spécial sera consacré au centenaire des Caves du Vatican.

L’assemblée générale 2012 de l’Association des Amis d’André Gide fera le point sur ces publications et tous les projets en cours le

samedi 17 novembre à 14h30 
à l'École Alsacienne (100, rue Notre-Dame-des-Champs)

A l'ordre du jour : rapports moral et financier, questions diverses, exposé de Frank Lestringant sur le tome 2 de sa biographie et lectures de textes de Gide par une comédienne.

samedi 9 janvier 2010

Influence d'André Gide

Dans un court entretien avec Josyane Savigneau pour Le Monde, Jean Daniel revient sur ses rapports avec Camus. C'est de saison ! Il y évoque aussi Gide. Ses déclarations sont à verser au dossier "influence d'André Gide" :
«Josyane Savigneau : Vous avez eu ce compagnonnage avec Camus, mais n'est-ce pas plutôt Gide qui vous a formé ?
Jean Daniel : Au départ, bien sûr. Ma sœur aînée, qui avait vingt-cinq ans de plus que moi - nous étions onze enfants -, était l'intellectuelle de la famille. Le seul numéro de La NRF qui arrivait à Blida était pour elle. Elle avait beaucoup de livres. Un jour, je devais avoir 14 ans, j'ai pris le journal de Gide et j'ai lu cette phrase : "Et s'il me fallait donner ma vie pour assurer la réussite de cette merveilleuse entreprise, celle de l'Union soviétique, je la donnerais à l'instant." Je n'étais pas politisé, je savais à peine où était l'Union soviétique, mais je me suis pris d'intérêt pour le pays qui méritait que l'on dise cela. Je m'en suis vite détourné car j'ai également suivi Gide dans son rejet. Gide était devenu ma référence. Et la découverte des Nourritures terrestres, dont une partie se passe dans ma ville, à Blida, a été très formatrice.
C'est, de plus, dans son Voyage au Congo que j'ai puisé mes premiers élans anticolonialistes. Cela dit, je fais partie d'une génération où l'on refusait de choisir entre la littérature et la philosophie, l'engagement politique et le journalisme. Nous avions des héros qui avaient accompli ce triple destin, Hemingway, Dos Passos, Malraux. Toute ma vie, j'ai essayé d'être présent dans ces trois domaines. Lorsque j'ai reçu le prix du Prince des Asturies, il m'a semblé que cette fidélité était reconnue.
J.S. : Mais pourquoi, formé par Gide, avez-vous tellement admiré Camus ?
J.D. : D'abord, ce n'est pas du tout incompatible, au contraire, même si le Corydon, de Gide, est loin du donjuanisme de Camus. Ensuite, les rapports ne sont pas de même nature. Je n'ai jamais eu l'occasion de fréquenter Gide. Tandis qu'avec Camus nous avions des passions plus frivoles, par exemple, nous adorions danser. Et n'oubliez surtout pas l'Algérie, qui a été notre passion et notre maladie commune.
Quand je suis venu étudier à Paris, il y avait, aux yeux des jeunes, plusieurs grandes figures, dont Malraux, Sartre et Camus. Camus m'apparut comme quelqu'un de chez moi. Ce séducteur m'a aussitôt ensorcelé. Je retrouvais en lui le sens du sacré et l'incapacité de croire, le sens du tragique et le goût éperdu du bonheur. Il a parrainé une revue que je dirigeais, Caliban, et y a publié trois articles qui ont compté, dont un sur Louis Guilloux et la difficulté d'écrire sur la misère autrement "qu'en connaissance de cause". C'est lui qui m'a poussé à écrire mon premier livre, L'Erreur, qu'il a publié dans la collection que lui-même dirigeait chez Gallimard.»
Si, comme Jean Daniel s'en souvient, il a ouvert le Journal à l'âge de 14 ans, cela se passait autour de 1934. Jean Daniel affirme aussi que c'est Gide avec Les Nourritures terrestres qui lui a ouvert les yeux sur la beauté de Blida, sa ville natale, ville qu'il trouvait plutôt laide. En 1947, cette influence d'André Gide est toujours manifeste si l'on en croit le Journal d'un journaliste de Robert de Saint-Jean :
«Un normalien devenu journaliste littéraire, Paul Guth (qui est aussi professeur à Janson-de-Sailly) m'a fait hier sur les lectures des jeunes gens des déclarations qui m'ont surpris.
Je croyais que l'influence de Sartre ajoutée à celle du roman américain avait à peu près coupé la jeunesse des écrivains qui comptaient avant la guerre, comme Gide et Valéry.
Il jure qu'il n'en est rien.
Gide existe encore pour beaucoup. Et lorsque Thésée parut aux «Cahiers de la Pléiade», (édition chère pour un étudiant) on vit, à Lille, des jeunes gens copier le texte et se le passer.» (25 octobre 1947)

samedi 10 octobre 2009

III. Histoires de portes (Colloque Gide à la BnF)

Pierre Masson, professeur émérite à l'Université de Nantes, est ensuite appelé à la barre : « Histoires de portes » nous promet le titre de sa communication. Ou comment naît et évolue un « mythe de la porte » dans l'œuvre d'André Gide. Je songe à cet instant au rêve du narrateur de Paludes que nous venons de quitter (« Ah ! Misère ! Encore une porte fermée... Heureusement qu'elles sont très faciles à ouvrir […] Paf ! Encore une porte fermée. […] Miséricorde ! Ici il n'y a plus de portes du tout. »).

Pierre Masson montre comment la porte est une figure récurrente mais qui évolue tout au long des récits gidiens. Autour de 1900, la figure idéale est : une porte ouvrant sur une chambre à la fenêtre ouverte. « Il y a complémentarité dans le rapport au monde, ouverture sur l'intimité et la liberté à la fois » et toujours plus tard « conjugaison significative porte-chambre ».

Le mythe évolue et dans un deuxième temps la porte devient une ligne de démarcation, avec un moment suspendu sur le pas de la porte. Puis la figure devient antithétique avec clairement une bonne et une mauvaise porte. A la porte d'Alyssa succède celle d'Isabelle, déjà désacralisée. Dans les Caves du Vatican Pierre Masson souligne « trois variations ironiques sur la chambre d'Alyssa » avec celles d'Anthime, de Fleurissoire et de Lafcadio. « Gide s'attaque au mythe qu'il a créé. »

« Il y a même acharnement sur la figure jadis sacrée de la porte dans les Faux Monnayeurs », poursuit-il : Bernard venant gratter à la porte d'Olivier, Laura en pleurs à la porte de Vincent, Bernard à la porte de Laura, Edouard forçant la porte bloquée par le corps d'Olivier, Boris se suicidant devant une porte fermée...

Pierre Masson nous montre la porte comme « foyer intéressant pour l'ensemble de l'œuvre de fiction et de la vie affective et désirante de Gide ». Cette « enfilade de portes gidiennes contient en germe tous les problèmes amoureux avec toutes sortes de variantes d'idéal d'âme jusqu'à la découverte de l'amour pédérastique qui mène au sommet de la joie [Portes de Mohammed et Wilde dans Si le grain ne meurt] en passant par le voyeurisme et l'inceste par procuration [« presque porte » des Faux Monnayeurs, trou dans la cloison de la scène réunissant Sarah, Armand et Bernard] ».

La comédienne Claire Ruppli fait alors remarquer combien la porte est aussi un élément de mise en scène, comparant la porte à la page et rejoignant l'intéressante variation de la relation du Schaudern de la rue de Lecat évoquée également par Pierre Masson. De La Porte étroite à Si le grain ne meurt s'élabore tout un travail de réécriture où Gide « reconstitue l'ambiance de ce qu'il a vu derrière cette porte, comme si le roman devenait la source de l'autobiographie. »

Pour la suite du compte-rendu de ce colloque, c'est par ici...

Lucien Jude donne sur le blog des Septembriseurs un autre résumé de cette matinée du colloque.

samedi 2 mai 2009

Ecouter Gide

En attendant la sortie du DVD rassemblant les films de Marc Allégret "Gide au Congo" et "Avec André Gide" annoncée dans le dernier BAAG, on peut écouter deux extraits de ces documentaires sur le CD édité par EPM Littérature :


Le disque contient une lecture des Nourritures terrestres (Livre V, La ferme) par Gérard Philipe, une lecture d'un extrait du Thésée par Jean-Louis Barrault, la voix d'André Gide dans le passage de la bille extrait de Si le grain ne meurt, celle de François Mauriac dans un hommage à André Gide, et enfin André Gide donnant une "Leçon de piano" à la jeune Annick Morice.

On peut écouter gratuitement l'intégralité de ce disque sur le site Deezer.