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lundi 9 septembre 2013

De quelques parutions de rentrée



Naissance est l'un des évènements de la rentrée littéraire, qu'on s'intéresse à son nombre de pages (1152, assurément, Moix s'est inspiré des biographies de Frank Lestringant avec qui il a enregistré des entretiens au sujet de Gide pendant qu'il écrivait son livre), ou à son contenu plus baroque que romanesque. Une tentative littéraire avec beaucoup de réussites, qu'on partage ou non ses obsessions quand Yann Moix affirme qu'il est né circoncis et gidien. Hélas la partie gidienne sonne faux.

Dans les chapitres de la rencontre très imaginaire entre sa grand-mère et Gide, on sent bien qu'on est en face d'un Gide, dérivé du Gide de Lestringant. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, l'un et l'autre fabriquent à partir d'éléments réels un Gide tout artificiel, ou pour mieux dire rêvé tant les parts d'inconscient et d'incompréhension sont grandes. Le meilleur exemple consiste à laisser Moix faire parler son Gide :

« — Je n'ai point laissé ma femme mourir ici, reprit Gide. Ce n'est pas vrai. Je l'ai tuée. Dire qu'elle est morte de chagrin n'est pas suffisant. Elle est morte de moi. J'ai vécu une vie et à elle je n'ai donné d'autre choix que de vivre seule l'existence qu'on s'était promis, adolescents, de vivre ensemble. J'ai fait avec tous les autres - et tous ces autres étaient des hommes - ce qu'elle avait rêvé sa vie durant de faire avec moi. Je me suis amusé loin d'elle, mais c'est près d'elle que je venais pleurer. Elle consolait des chagrins dont je ne pouvais lui avouer les causes. Elle pansait des plaies qui n'étaient que des malheurs de ne pouvoir m'é-chap-per plus encore de sa déjà dérisoire emprise. Je savais qu'elle était là, seule, à traverser les hivers sans dire un mot, quand la pluie battait le carreau. Le personnel lui servait de compagnie, la cuisinière, quelques servants, les fermiers alentour. Elle caressait des chats, mais était trop allergique à leur poil pour supporter long-temps leur présence. Elle se méfiait des chiens, mais donnait volontiers à manger aux canards. Les animaux furent un peu son réconfort, de même que ses sœurs qui lui rendaient visite. Je n'ai point su la libérer de la prison que peu à peu elle accepta ta-ci-te-ment d'occuper. À partir d'une certaine période, je n'ai plus même osé continuer à lui faire des promesses. Celles-ci me paraissaient contenir une dose trop importante de – comment dirais-je – oui, de por-no-gra-phie. J'ai décidé, par un égoïsme que j'ai intitulé « liberté », et où j'ai fait mine de puiser le suc de mon œuvre, de sacrifier une vie humaine pour devenir « André Gide ». Non seulement, j'eusse sans doute pu le devenir sans cet assassinat – je ne puis nommer autrement ce que j'ai commis – mais en gardant au chaud une âme que j'ai exposée au froid le plus ter-ri-fiant, je ne me suis pas même damné comme mes plus fervents lecteurs l'eussent souhaité. Je ne suis rien, parce que je n'ai rien donné que de l'absence, de la mort-aux-rats, quelques courants d'air satisfaits d'eux-mêmes, avec l'arrogance du génie dont je sais que je suis dé-pour-vu. Ne protestez pas, ma jeune amie. Ne protestez pas. J'ai lu Proust, vous savez, et je connais bien Goethe. » (Yann Moix, Naissance, Grasset, 2013)



En octobre aux Editions Nouvelles paraîtra Le tombeau d'une amitié. André Gide et Pierre Louÿs, un essai de Luc Dellisse. Dans le blog qui a accompagné l'écriture de cet ouvrage, l'auteur ne cachait pas sa préférence pour Louÿs, et son mépris pour Gide (Delisse avoue : « À le fréquenter, je suis passé de l’indifférence à l’aversion »). Mais diminuer l'un suffira-t-il à donner l'illusion d'une grandeur chez l'autre ? 




Autant la sortie des oubliettes d'un Louÿs qui n'a plus rien à dire à notre époque relève d'une certaine forme de snobisme, autant celle de Francis de Miomandre était espérée. Et sera d'autant plus utile qu'elle repose sur de nouveaux documents retrouvés par Rémi Rousselot dans les archives déposées à la salle Cervantès de la Bibliothèque nationale d'Espagne. 





Dans Probe et libre. Un écrivain juré d'assises, Sophie Képès raconte son expérience de juré de cour d'assises. En 1912, André Gide faisait lui aussi cette expérience qu'il a relatée dans Souvenirs de la cour d'assises. Par des références régulières au texte de Gide, l'auteur nous donne à voir ce qui en cent ans a changé ou non dans la justice de la République. 
A noter que Sophie Képès sera présente à la soirée des Mardis hongrois de Paris le 24 septembre 2013 à partir de 19h30 à l'Institut hongrois 92, rue Bonaparte 75006 Paris.




Après Louÿs contre Gide, voici Proust contre Cocteau. On a tout dit sur Proust, et même redit en cette année du centenaire de la parution du manuscrit-refusé-par-Gide, syntagme figé que la presse reprend en boucle et qui va contaminant jusqu'aux universitaires... On serait tenté de citer le conseil de Jean-Yves Tadié : « Oubliez un peu Proust ! » mais marketing pour marketing, plutôt cet essai intelligent et élégant que les poses du señorito satisfait Raphaël Enthoven... 




Hugo y allait contempler « le bison trop bourru, le babouin trop bouffon », et le narrateur de Paludes les petits potamogétons. Philippe Taquet, membre de l'Institut, président de l'Académie des sciences et professeur émérite au Muséum national d'Histoire naturelle a sélectionné Les bonnes feuilles du Jardin des Plantes, une anthologie d'une agréable verdeur où l'on retrouve le Gide des soties.
A noter samedi 14 septembre 2013 à 16h à l'auditorium de la Grande Galerie de l'Évolution, les comédiens Emmanuelle Weisz et Eric Auvray donneront une lecture d'extraits du livre, choisis et présentés par Philippe Taquet.




Signalons enfin la réédition de l'Introduction à une métaphysique du rêve de Jacques Rivière, avec une postface de Jérôme Duwa et un graphisme de Sébastien Biniek, Gauthier Plaetevoet, David Poullard et Angelica Ruffier. Un bien joli petit livre dont les Editions du chemin de fer (découvertes l'an dernier avec la parution des inédits de Béatrix Beck) ont le secret.



mardi 18 octobre 2011

Trois rendez-vous cette semaine



Découvrir les images tournées par Marc Allégret, compagnon de voyage d’André Gide, lors de leur voyage africain de 1926, renvoie immédiatement au récit laissé par André Gide lui-même dont la publication à l’époque contribua à ouvrir les yeux de beaucoup sur certaines réalités du colonialisme.
La première chose qui frappe le spectateur est l’absence des colons pendant l’essentiel du film. Dans une démarche ethnographique, Marc Allégret s’est intéressé aux rites, aux pratiques quotidiennes (la chasse, la cuisine…) et aux formes d’habitat des peuples rencontrés.




Une promenade est également prévue samedi « par les hauts de la ville côté nord, à l'endroit où se trouvait (probablement) le cœur de cette saga, la maison des Alérac, c'est-à-dire la superbe maison de maître, dite Rond Gabus (Beauregard), qui appartenait à l'époque aux Courvoisier et qui a disparu il y a bien longtemps.... Ou encore à l'ancien hôpital, au Crêt Rossel, au home de la Sombaille, au Petit Monaco, un mémorable bistrot dans la saga des Alérac, en fait une maison rue de Jérusalem. Et bien sûr la maison Ravin 7 où la romancière passa son enfance. »






Sandra Travers de Faultrier est avocat, maître de conférence à Science Po et auteur notamment de Gide, l’assignation à être (Michalon, 2005). Notez aussi que les prochains rendez-vous de novembre et décembre concerneront « La justice et la miséricorde chez François Mauriac » et « Jean Giono et l’affaire Dominici ».



lundi 27 juillet 2009

Gide et Léautaud

Pour faire suite au billet précédent, il faut préciser que l'affection de Léautaud pour Gide n'appartenait qu'à lui... Après la parution des Souvenirs de la cour d'assises que Léautaud avait aimés, Gide l'invite. Mais Léautaud décline l'invitation comme en témoigne cette lettre tirée des Correspondances de Paul Léautaud (Tome 1, 10/18, Flammarion) :

"Paris le 15 avril 1914

Mon cher Gide,

J'ai été bien surpris de votre lettre. Très flatté, aussi. Je ne me serais pas attendu à pareil honneur. Ce dernier mot est peut-être de trop, d'ailleurs. Je ne dois peut-être votre invitation qu'à votre cordialité. Je vais en tout cas bien mal répondre à votre aimable ambassade. J'en suis, pour mes travaux, au même point qu'il y a deux ans, je puis même dire qu'il y a huit ans. Depuis 1906, en effet, je dois donner un livre au Mercure, et je n'ai pas encore pu trouver la centaine ou la cent cinquantaine de soirées de suite dont j'ai besoin pour écrire les deux cents pages de volume que j'ai à écrire. Je laisse de côté les raisons matérielles. Mais j'ai besoin, pour travailler, d'illusion, de bonheur d'esprit. Je ne les ai pas tous les jours, il s'en faut.
Excusez-moi donc. Votre lettre m'a fait plaisir pendant quelques minutes. Je vous en remercie.
Je ne vous ai dit que mon sentiment très sincère à propos de vos Souvenirs de la Cour d'Assises. Cela m'a fait plaisir qu'un homme comme vous s'intéresse à ces choses, et surtout ne craigne pas de montrer qu'il s'y intéresse.

A vous très cordialement."


En 1922, suite à une autre réflexion que Gide a prise pour lui, Léautaud note dans son Journal :

"Comment Gide a-t-il pu se méprendre à ce point ? Je n'en reviens pas. La phrase en question s'applique si peu à lui ! « Spontanéité dans l'expression » alors qu'il doit tant travailler pour écrire, que cela se sent si bien chez lui, et qu'il laisse voir tant d'envie pour les gens qui écrivent spontanément, il me l'a témoigné plus d'une fois sans le vouloir. « Liberté morale la plus complète » alors. qu'il est sans cesse embarrassé dans des questions de conscience, de la peur du péché et qu'il n'a pas une hardiesse sans en montrer aussitôt de la contrition. Il sait mon goût pour Stendhal et il ne l'a pas reconnu dans cette phrase et il s'y est reconnu, lui! C'est prodigieux. C'est bien comique aussi. Et cette façon caressante, chatte, enveloppante, de me parler de cela, et de me remercier, avec un geste et cette voix qui ne sont qu'à lui. Quelle jolie scène de la vie littéraire." (30 janvier 1922, Journal littéraire, Paul Léautaud, Mercure de France, 1957)

Robert Mallet, qui a bien connu l'un et l'autre, rapproche Gide et Léautaud, voyant en eux des " moralistes à rebours ". Les fameux Entretiens de Paul Léautaud avec Robert Mallet, réalisés en 1950 et 1951 pour la radio font une place inattendue à André Gide en raison de son actualité théâtrale et de sa mort.

En décembre 1950 la Comédie Française joue Les Caves du Vatican. Gide insiste pour que Léautaud y assiste. C'est Robert Mallet qui l'accompagne.

Paul Léautaud : J'étais très peu attiré par la littérature de Gide. J'aimais beaucoup l'homme, j'avais beaucoup de plaisir à le voir, j'avais une grande sympathie pour lui, mais enfin je l'ai peu lu. Ca ne m'attirait pas. Et alors Denoël m'a dit : " Je suis chargé par Gide de vous inviter à venir aux Caves du Vatican ." J'ai dit à Denoël : " Vous lui direz que ça ne m'intéresse pas. " Denoël est revenu en me disant : " Gide a dit : " Qu'il vienne quand même. "" Alors j'y suis donc allé, n'est-ce pas [...] J'y suis allé même avec un certain parti pris désagréable. Eh bien je suis sorti de là conquis. Même par l'œuvre. Quand ça a été fini, j'ai été trouvé Gide dans sa baignoire et je lui ai jeté deux fois de suite à la figure : " Remarquable ! Remarquable ! " Et je suis parti.
Robert Mallet : Et il vous a répondu : " Merci mon petit vieux. "
P.L. : Ah écoutez je trouve ça singulier de sa part. Il était pas plus grand que moi et il était aussi un petit vieux...
R.M. : Oui, enfin c'était une marque d'affection.
P.L. : Ouh ouh ouh ! Enfin, bon.*

En février 1951, Mallet accompagne encore Léautaud rue Vaneau pour voir Gide sur son lit de mort puis aux obsèques à Cuverville.

Robert Mallet : Dans notre dernier entretien, vous m'avez dit que la connaissance des caves du Vatican et d' Œdipe au théâtre vous avait révélé toute la valeur de la personnalité d'André Gide...
Paul Léautaud : Ca a grandi, ça l'a peut être révélé, enfin ça a augmenté pour moi une grande considération pour Gide. Et je regrette bien qu'il soit parti, j'en aurais parlé avec lui.*

Amrouche (le Mallet suffisant et insuffisant des entretiens radiophoniques avec André Gide) fait passer Léautaud, l'un des premiers sur les lieux au Vaneau, dans la ruelle du petit lit de mort d'André Gide). " Il a fallu que je m'en aille. J'étais déchiré"*, commente Léautaud.


Paul Léautaud entrant au Vaneau à la mort de Gide
(photo des Actualités Françaises du 22 février 51)

En mai 1951, Madeleine Renaud et Jean-Louis Barrault accueillent dans leur Théâtre Marigny l'Œdipe d'André Gide, interprété par Jean Vilar qui reprenait là un rôle joué deux ans plus tôt lors de ce qu'on appelait alors les fêtes dramatiques d'Avignon. Robert Mallet y emmène Paul Léautaud.

Paul Léautaud : Les Caves du Vatican comme Œdipe m'ont créé une certaine considération pour Gide que je n'avais pas absolument.*

Ce qui n'empêche pas l'incorrigible Léautaud de balancer quelques vacheries sur la délectation qu'aurait pris Gide à aborder l'inceste dans Œdipe par exemple... A plusieurs reprises au cours des entretiens qui ont précédé la représentations des Caves et la mort de Gide, Léautaud égratigne d'ailleurs Gide.

Robert Mallet : [Gide] tenait beaucoup à votre avis et il souffrait de l'espèce d'incompatibilité d'humeur qu'il semblait y avoir entre lui et vous...
Paul Léautaud : Non ! Non !
R.M. : Mais lui avait beaucoup de sympathie pour vous et vous vous...
P.L. : Ah si ! Si ! Seulement il devait sentir que... Enfin il n'y avait pas de...
R.M. : D'affinités ?
P.L. : Non voyez-vous j'avais beaucoup d'estime pour lui.
R.M. : Oui je crois qu'il le sentait.
P.L. : D'ailleurs nous avons été toujours très bien ensemble.
R.M. : Peu de temps avant sa mort pendant les entretiens il m'a dit : " Ah ce Léautaud, je sais ce qu'il a dit de moi l'autre jour dans un entretien. Ah est-il perfide, perfide ! Ainsi je l'ai vu chez Madame Gould, il m'a presque serré dans ses bras, et puis voilà que quelques mois après il dit de moi pis que pendre au micro. " Alors j'ai pris votre défense. Alors à ce moment-là André Gide me dit : " Eh bien voyez-vous, Léautaud, Léautaud, tel qu'il est, ce Léautaud, cet homme qui est perfide, qui dit du mal de moi, qui en pense beaucoup, eh bien... Eh bien... je l'aime beaucoup. " Et ça c'était très gidien, cette espèce d'affection qu'il vous portait malgré vous. Et je voulais vous le dire parce que vous ne vous en êtes pas assez rendu compte et je crois que vous êtes parmi les personnes qui à la fin de sa vie l'ont un peu... tracassé, ont un peu assombri sa vieillesse. Et je crois que ça ne vous fait pas très plaisir de le savoir parce qu'au fond vous ne lui vouliez que du bien...
P. L. : Eh oui... Non. Gide pouvait avoir une certaine estime pour moi parce que je n'ai jamais été de ces flagorneurs qui par derrière...*

Paul Léautaud commente encore la dernière œuvre de Gide, Ainsi soit-il : "Ce cahier qu'il avait intitulé Ainsi soit-il les jeux sont faits... Oh... Beaucoup de courage, beaucoup d'intelligence, et puis un grand sens religieux..."*

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* Toutes ces citations sont une retranscription par mes soins des Entretiens avec Paul Léautaud de Robert Mallet, tirées des extraits intitulés "La mort de Gide" et "Gide : la cérémonie mortuaire de Cuverville". Le coffret de 10 CD des Entretiens, accompagné d'un livret de 40 pages, est distribué par Frémeaux et Associés.

lundi 23 février 2009

Souvenirs de la Cour d'Assises

"C'est un petit livre très passionnant et très triste." C'est ainsi que l'Intransigeant ouvre en 1914 sa critique de Souvenirs de la cour d'assises. Gallimard vient de rééditer dans sa collection Folio à deux euros les Souvenirs de la Cour d'Assises d'André Gide d'après l'édition établie par Pierre Masson dans le volume de la Pléiade "Souvenirs et voyages".

Pendant douze jours, du 13 au 25 mai 1912, Gide est juré lors d'une session aux Assises de Rouen. Depuis six ans qu'il demandait au maire de Cuverville de l'inscrire sur la liste des "jurés volontaires", le voici très excité à l'idée d'avoir été enfin choisi. "Profit très espéré, mais dépassant toute espérance.", note-t-il dans son Journal le 4 juin 1912.

Il voit défiler de nombreuses affaires parmi lesquelles cinq attentats à la pudeur, des petits voleurs, des meurtriers. Il prend des notes. Après avoir achevé les Caves du Vatican, il met ces notes en forme en juillet 1913 et les Souvenirs de la Cour d'Assises paraissent en janvier 1914 à la NRF. C'est donc le premier livre d'un Gide aux préoccupations non plus esthétiques ou morales mais sociales.

Son premier livre "engagé" (l'édition de 1911 de Corydon était très limitée). Gide décrit le fonctionnement et les dysfonctionnements de la justice dans ce tribunal de province : les a priori du juge, les questions orientées jusque sur le bulletin de vote final, la timidité de ses compagnons du jury, l'incompréhension des prévenus face au vocabulaire des magistrats ("Comment avez-vous obvié à ce problème ?", ou les lapsus de ces derniers. ("Vous vous êtes remis à frapper la malheureuse et, d'un dernier coup, vous lui avez tranché la cariatide.")

La justice humaine est bien fragile et c'est un grand poids sur les épaules et la conscience de jurés comme ce "pauvre vieux paysan sorti de La Cagnotte de Labiche" qui a mis une demi-heure à trouver l'entrée du tribunal... Restent les circonstances atténuantes qui atténuent non seulement le jugement rendu mais aussi la mauvaise conscience d'avoir participé à un jeu truqué où la frontière entre coupable et innocent est bien ténue.