jeudi 26 avril 2012
Appel pour sauver la maison des Amrouche
lundi 13 décembre 2010
Colloque Jean Amrouche samedi 18 décembre
Alors que l’Algérie est plus que jamais confrontée à son rapport avec les marges, l’altérité, sa part de différence, et ses difficultés à l’assumer, Jean El Mouhoub Amrouche fait retour par son caractère duel, sa personnalité composite : la famille Amrouche occupa la place de l’entre-deux identitaire et culturel, renégate pour la communauté dont elle était issue, jamais assez française et totalement intégrée pour la communauté qu’elle avait désiré rejoindre. Jean Amrouche, qui ne se faisait aucune illusion sur sa place dans l'Algérie indépendante et se savait condamné par l’Histoire, le prédisait durant la guerre de libération nationale : « Notez bien qu’il se peut que les Algériens dans l’avenir soient collectivement ces hybrides culturels que je représente ».Est-il temps en 2010 de reconnaître enfin l’héritage légué par Jean Amrouche, cette arche d’alliance, ce pont jeté entre deux communautés dont il désira préserver les liens alors que la haine submergeait les deux camps ? Est-il temps en 2010 de réintégrer pleinement Jean Amrouche dans la mémoire culturelle et historique de l’Algérie et de légitimer ses différentes dimensions : poète, critique, éditeur, homme de radio, journaliste, militant politique ?Cette rencontre entend mettre à l’honneur ces différentes facettes de l’homme d’ouverture qu’était Amrouche, et sa capacité à révéler la part d’altérité de chacun, en suivant deux axes : l’accoucheur des autres, et la voix au service de son peuple. Amrouche fut bien ce précurseur de l’interrogation identitaire actuelle et cet homme universel, selon la célèbre formule : « L’universel, c’est le local moins les murs ».
mercredi 1 septembre 2010
Les écrivains au micro
Rappelons que Pierre-Marie Héron a déjà édité en 2000 Les écrivains à la radio : les Entretiens de Jean Amrouche, aux Publications de Montpellier III (160 pages et deux CD audio), et qu'il poursuit avec ce nouveau recueil d'analyses un vaste programme d'étude des relations entre la radio et les écrivains qu'on peut suivre ici.
Table des matières :
Pierre-Marie HÉRON : Introduction .Repères sur le genre de l'entretien-feuilleton à la radio
Christopher TODD : Le succès des entretiens littéraires radiophoniques. Quelques réactions dans la presse écrite
Jacques DUPONT : Colette, un art de l'esquive. Sur les entretiens de Colette avec André Parinaud
Michèle TOURET : « Mais non, mon cher Michel Manoll… ». De l'art de conduire un entretien radiophonique quand on est Blaise Cendrars
Nicolas DENAVARRE : Radio-Léautaud, un écrivain français parle aux Français
Jean TOUZOT : Cocteau devant Fraigneau, entretien ou récital ?
Roland BEYEN : Pour une édition critique des Entretiens d'Ostende de Ghelderode
Aude LEBLOND : Mémoires réels et imaginaires de Georges Duhamel. Un discours en construction
Michel COLLOMB : La voix insonore d'André Breton. Les entretiens radiophoniques avec André Parinaud
Jean-François DOMENGET : Quinze Soirées avec Henry de Montherlant (1952-1953). Un autoportrait dans « le style boutonné »
Christian GARAUD : « C'est tout autre chose que j'attendais de vous ! ». Robert Mallet questionne Jean Paulhan
Jacques MESSAGE : La tentation silencieuse de Jean Paulhan. Sur les Entretiens à la radio avec Robert Mallet
Michel SANDRAS : « Je ne suis pas un écrivain, je suis le poète qui chante ». Les entretiens de Paul Fort avec Michel Manoll
Micheline CELLIER-GELLY : André Chamson, entre le dit et l'écrit
Alexandre CASTANT : À propos du Journal du Testament d'Orphée
L'introduction de Pierre-Marie héron est également disponible en format pdf sur le site des Presses Universitaires de Rennes.
Mémoires barbares, de Jules Roy
Les Mémoires barbares de Jules Roy (Albin Michel, 1989) offrent sur Gide une documentation certes maigre mais précieuse par son évocation du climat de ces années passées en Afrique du Nord pendant la seconde guerre mondiale* – et du paysage des lettres qui allait en sortir à la Libération et après. Climat mental du « drame que nos consciences de soldats allaient traverser », pour citer Roy; paysage semé d'embûches et d'espoirs.
mercredi 23 décembre 2009
Journal de Jean Amrouche
Jean El Mouhoud Amrouche, Journal 1928-1962415 pages, Editions Non Lieu, Paris
Il avait le don d'agacer la Petite Dame lorsque ses parties d'échecs avec Gide se prolongeaient un peu tard et surtout lorsqu'il reprenait à son compte les analyses formulées par d'autres pour interroger l'écrivain au micro de Radio France en 1949... Souvent décrit comme «suffisant» ou «arriviste», Jean Amrouche était surtout en quête de reconnaissance, lui, l'exilé permanent, l'enfant crucifié de l'Algérie et de la France.
Le Journal de Jean Amrouche est paru aux éditions Non Lieu. Tassadit Yacine Titouh, qui avait déjà publié la nouvelle édition de ses Chants Berbères de Kabylie, a établi et présenté ce journal tiré du millier de pages que comportait le manuscrit couvrant les années 1928 à 1962. Soit trois époques de la vie d'Amrouche que Tassadit Yacine résume dans un article d'El Watan : «La première a un rapport avec la quête poétique et existentielle en Tunisie, sa première terre d’accueil, la seconde concerne son inscription dans le monde culturel en Algérie, puis en France, alors que la troisième est marquée par son entrée cinglante dans le champ politique et ses prises de position durant la guerre d’Algérie.»
Jean Amrouche rencontre Gide, avec qui il correspond depuis longtemps, à Tunis en 1942 avant de rejoindre les milieux gaullistes à Alger, où il fonde la revue L'Arche. En 1945, L'Arche devient une revue parisienne. Après avoir travaillé à Tunis-P.T.T. ou Radio France Alger, Amrouche réalise pour Radio France Paris des émissions où il invite Bachelard, Barthes, Merleau-Ponty, Morin, Starobinski, Wahl. Avec Henry Barraud, il invente un genre radiophonique nouveau : les entretiens, avec Gide (1949), Claudel (1951), Mauriac (1952-1953) ou Ungaretti (1955-1956).
Mis à la porte de Radio France en 58, il s'exile de nouveau, sur les ondes de la radio suisse cette fois, où il plaide la cause algérienne jusqu'à sa mort en 1962, trois mois avant l'accord d'indépendance. Chrétien et berbère, imprégné de culture française et défenseur de la cause algérienne, Jean El Mouhoub Amrouche sera écarté du paysage littéraire arabe (aujourd'hui encore si l'on en croit Tassadit Yacine Titouh, empêchée de parler de ce Journal comme elle le confie toujours à El Watan) et tombera peu à peu dans l'oubli dans le paysage des lettres françaises.
Gide est bien entendu très présent dans ce Journal. De 1942 à Tunis, puis du retour à Paris en 1945 jusqu'à la mort de Gide en 51, ils se rencontrent presque chaque jour pour des parties d'échecs. C'est d'ailleurs là qu'est née l'idée des entretiens radiophoniques : remplacer l'échiquier par un micro... Lors de la reprise de L'Arche à Paris, Gide, soucieux de l'accueil qu'on réserverait à Amrouche, disait de lui :
A lire en ligne : ce site consacré à Jean Amrouche et l'article de Beida Chikhi sur Amrouche paru dans La littérature maghrébine de langue française.






