Affichage des articles dont le libellé est Malaquais Jean. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Malaquais Jean. Afficher tous les articles

vendredi 24 octobre 2014

Cahier Jean Malaquais numéro 4


La Société Jean Malaquais vient de faire paraître le quatrième numéro de son cahier annuel. Un numéro entièrement consacré aux « Lettres d'Amérique » envoyées par l'auteur des Javanais et de Planète sans visa. Dans sa préface, Geneviève Nakach, présidente de la Société Jean Malaquais, rappelle ce parcours américain :

« Les lettres inédites de Jean Malaquais que Pierre Masson* a sélectionnées pour ce Cahier courent du 17 juin 1943 au 10 juin 1949. Pendant ces années dominées par les bouleversements de l'Histoire avec sa grande Hache, Malaquais fut ballotté d'un pays à l'autre. Il s'en fallut de peu pour que cet apatride, juif et marxiste n'allât « fertiliser les sillons du troisième Reich », comme il l'écrivit lui-même dans le Journal du métèque. Traqué comme des milliers d'autres en attente de visas salvateurs, il parvint à fuir l'Europe, grâce à Gide, grâce au consul Gilberto Bôsquez qui lui fournit les visas de transit vénézuéliens et grâce à l'intervention providentielle d'un nommé Sorret qu'il avait connu au régiment. Le 26 septembre 1942, avec sa compagne Galy, il finit par rejoindre le Venezuela où il séjourna quelques mois avant de débarquer au Mexique le 9 mars 1943. »

De mars 43 à décembre 45, Malaquais séjourne principalement à Mexico. Ils quittent ensuite le Mexique pour s'installer aux Etats-Unis ce même mois de décembre 1945, grâce à un passeport Nansen**. « Les lettres que nous publions n'évoquent pas seulement les diverses contributions de Jean Malaquais aux revues d'Amérique du sud. Elles permettent de se faire une idée assez précise des projets littéraires de notre auteur et de son activité dense et protéiforme. C'est: en effet à cette période qu'il achève la rédaction d' « un roman sur la France sous la botte allemande » : il s'agit, on l'aura deviné, de Planète sans visa, grâce auquel il comptait « retrouver au plus tôt le lecteur de France » dont il s'était éloigné bien malgré lui depuis la guerre et depuis la publication des Javanais en 1939 consacré prix Renaudot la même année. », ajoute Geneviève Nakach.

Et il est bien entendu question de Gide : « Enfin et surtout, c'est à ce moment-là qu'il prit la plume pour défendre son ami André Gide. Ce dernier déclarait dans une lettre dont Malaquais recopia ces lignes pour Schiffrin: « Mes Pages de Journal parues dans L'Arche ont été l'objet de furieuses attaques communistes. A l'Assemblée Consultative, un député du parti a même demandé mon emprisonnement et ma mort, car, disait-il, j'avais "insulté le paysan français", tout comme hier, j'avais "insulté" le peuple russe. La liberté, sinon de pensée, du moins d'expression, est compromise pour longtemps ». Malaquais décida de répondre aux censeurs du Parti Communiste au premier rang desquels trônait Aragon. Il composa le pamphlet cinglant au titre tranchant Louis Aragon, ou le Patriote Professionnel*** qu'il traduisit d'abord en anglais pour une publication dans la revue américaine Politics. »


Cahier Jean Malaquais, n°4, septembre 2014


______________________

* Pierre Masson, président des Amis d'André Gide, est également vice-président de la Société Jean Malaquais. Avec Geneviève Nakach, il a préfacé et annoté la Correspondance Gide-Malaquais (Phébus, 2000)
** Certificat d'identité et de voyage imaginé par Fridtjof Nansen, premier haut-commissaire pour les réfugiés de la Société des Nations, pour les réfugiés apatrides. Nabokov l'évoque dans son autobiographie : « La Société des Nations munissait les émigrés qui avaient perdu leur citoyenneté russe d'un passeport dit Nansen, document très accessoire, d'une nuance vert livide. Son titulaire était à peine mieux qu'un criminel libéré sur parole et devait passer par d'odieuses épreuves chaque fois qu'il voulait voyager d'un pays dans l'autre, et plus les pays étaient petits, plus ils étaient tatillons. » (Vladimir Nabokov, Autres rivages)
*** Voir ici le texte de ce pamphlet dans lequel Malaquais prend la défense de Gide contre Aragon le "petit salaud", la "précieuse canaille", le "prétendu « poète » (pauvre poésie !)" et ajoute : "cet homme mérite le crachat de tout honnête citoyen". 

mardi 8 janvier 2013

L'année démarre bien

Il n'est pas encore trop tard pour vous souhaiter une très bonne année. Une année peut-être un peu moins riche en évènements gidiens que celle qui vient de s'achever avec ses nombreux colloques, journées d'études et séminaires consacrés à Gide et à ses œuvres, même si l'activité éditoriale devrait rester tout aussi abondante... Et, déjà, plusieurs rendez-vous sont annoncés : 

Vendredi 11 janvier au Collège de France, le Séminaire Littérature et Censure (ITEM) et République des lettres consacre une demi-journée d'études à « Gide et la NRF » :

10h P. Masson, Université de Nantes, « Gide, l'individualiste engagé » ;
10h30 P. Schnyder, Université de Haute-Alsace, « “Il faut travailler avec acharnement...”. Aspects de la morale de l’effort du Gide d’avant La NRF » ;
11h Pause
11h15 J.-M. Wittmann, Université de Lorraine, « D'un entre-deux-guerres à l'autre : Gide face à la responsabilité de l'écrivain » ;
11h45 Alix Tubman-Mary, Université de Poitier, « Réconcilier littérature et représentation : bilan et perspectives pour La NRF dans les conférences de Suisse de Jacques Rivière (1918) ».


Dimanche 3 février à 16h, l'association Paris Z'Est propose une conférence autour de Jean Malaquais avec Pierre Masson, président de l'Association des Amis d'André Gide et éditeur notamment de la correspondance Gide-Malaquais avec Geneviève Nakach, auteur de Malaquais rebelle.

Inscription obligatoire, nombre de places limitées : http://www.pariszest.com/pour-nous-contacter/ (Une fois votre inscription validée, l’adresse et le code vous seront communiqués.)



Du 11 février au 26 avril les Archives départementales de la Gironde, en partenariat avec le Conseil général de la Gironde et la Fondation Catherine Gide, accueillent une nouvelle grande exposition signée Jean-Pierre Prévost : André Gide, visages d'un Nobel engagé. Avec aussi des conférences, concerts et signatures de livres sur Gide.

vendredi 5 octobre 2012

Quelques rendez-vous en octobre


Les Amis du musée Alain de Mortagne-au-Perche s'intéressent à l'économie coopérative à l'occasion des Journées Alain les 6 et 7 octobre prochains, et invitent pour cela Gide... Charles Gide ! Samedi 6 octobre à partir de 15h un colloque rappellera les théories de l'oncle d'André Gide qui avait notamment publié les Propos à La Laborieuse, son imprimerie coopérative.


Ce week-end à Gaillac se tient le Salon du Livre. Dimanche 7 octobre à 15h, Pierre Masson et Geneviève Nakach évoqueront le « Malaquais rebelle » aux côtés de Myriam Anissimov qui parlera de Vassili Grossman. Un café-littéraire prolongé par des lectures des textes de ces deux auteurs par Régis Maynard.


Les 12, 13 et 14 octobre à l'Hôtel Salomon de Rothschild à Paris se tiennent les premières Rencontres internationales des lettres et manuscrits. Des débats, lectures, concerts, dédicaces et une exposition (entrée libre) d'œuvres issues des collections du Musée des lettres et manuscrits, parmi lesquelles on annonce Gide mais aussi Goethe, Balzac, Hemingway, Saint-Exupéry, Breton ou Cocteau...


A partir du 11 octobre et jusqu'au 27 janvier la Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent consacre sa 18ème exposition au peintre Jacques-Émile Blanche. Une belle mise en scène avec accompagnements musical et olfactif pour cette rétrospective intitulée « Du côté de chez Jacques-ÉmileBlanche. Un salon à la Belle Époque ».


Charles Gide sera à nouveau à l'honneur les 19 et 20 octobre à Uzès où se tiennent les 1ères Rencontres Charles Gide. Deux jours d'un riche programme de colloques et d'animations ainsi qu'une exposition intitulée « Charles Gide, Uzétien, économiste solidaire, paysagiste solitaire » à voir à la Médiathèque d’Uzès.



Pour marquer la fin de l'exposition « André Gide et les siens » à l'Institut Pierre Wiener de Luxembourg, Frank Wilhelm donnera une conférence sur lesrelations entre Aline Mayrisch et André Gide le 22 octobre à 18h30, suivie par la présentation du nouveau livre Aline Mayrisch-de Saint-Hubert : Ecrits, présenté par Cornel Meder et Frank Wilhelm et édité par le Cercle des Amis de Colpach.



mardi 22 mai 2012

Rencontre-débat autour de Malaquais

La Librairie Floury Frères et le collectif d'édition Smolny organisent une rencontre-débat avec Geneviève Nakach à l'occasion de la parution de sa biographie sur Jean Malaquais, Malaquais Rebelle (Cherche-Midi, 2011). Rendez-vous mercredi 23 mai à 18h, Librairie Floury Frères, 36, rue de la Colombette à Toulouse.




jeudi 23 février 2012

Dix parutions


Biographies

Après les biographies signées Annie Cohen-Solal en1980 et Pascal Ory en 2005, c'est au tour d'Yves Buin de se pencher sur le destin de l'auteur d'Aden Arabie et Les Chiens de garde, dans Paul Nizan. La Révolution éphémère (Denoël, 2011, 23€). Médecin pédopsychiatre, musicien et auteur de romans policiers, on doit déjà à Yves Buin une biographie de Kerouac et celle de Céline parue en Folio.

Lors de la présentation du livre à la librairie Tschann-Paris, Yves Buin revenait sur les rencontres de Nizan avec Sartre, Malraux et Gide






Autre biographie parue en fin d'année dernière : Malaquais Rebelle (Le Cherche Midi, 2011, 18€) qu'on doit à Geneviève Nakach. La présidente de la Société Jean Malaquais a soutenu une thèse sur l'auteur des Javanais en 2005 et a co-signé avec Pierre Masson l'édition de la Correspondance Gide-Malaquais (Phébus, 2000).

"Cette biographie, précise et fort bien documentée, rend justice à l'écrivain, mais aussi à l'homme, éternel insoumis, fidèle jusqu'au bout à ses idéaux de gauche, marxiste, mais farouchement antistalinien, ami de Gide et de Norman Mailer.", écrivait Michel Abescat dans Télérama le 14 décembre dernier.


Essais

Les études sur Pierre Klossowski sont assez rares pour être signalées. Dans Anamnèses. Essai sur l’œuvre de Pierre Klossowski (Hermann, coll. Fictions Pensantes, 2012), Thierry Tremblay, spécialiste des rapports entre littérature, philosophie et théologie, tente de remonter aux sources ésotériques des essais de Klossowski. Présentation de l'éditeur :

"Écrivain et philosophe, traducteur, peintre, théologien, secrétaire d’André Gide, ami de Georges Bataille, proche de Michel Foucault et de Gilles Deleuze, Pierre Klossowski a exercé une influence aussi considérable que souterraine sur son époque. Ses écrits littéraires et philosophiques constituent sans conteste l’une des œuvres les plus exigeantes de la littérature française. Pour en mesurer la portée, il faut interroger ses relations avec l’occultisme et sa définition paradoxale de la fiction. C’est ce que fait Thierry Tremblay dans cet essai, à partir d’une enquête originale sur les sources ésotériques de l’auteur des « Lois de l’hospitalité », et d’une analyse approfondie des dispositifs du « Bain de Diane » et du « Baphomet ». Il démontre, sans Marx ni Lacan, mais avec Thomas d’Aquin et Nietzsche, que pour Klossowski le rôle de l’art est de dire l’être en créant de nouveaux mythes."



Dans Littérature et Environnement. Pour une écocritique comparée (Ed. Honoré Champion, 2012, 25€), Alain Suberchicot analyse et met en parallèle les façons d’habiter le monde qu'ont de nombreux auteurs de tous les continents, parmi lesquels Gide. Présentation de l'éditeur :

"Pour comprendre de quelle manière la littérature se saisit des questions d’environnement, une écocritique comparée est à construire. Ce livre est un essai de mise en mitoyenneté de textes marqués par des voyages, des lieux, des pays, des continents qui ne sont pas superposables, tant est grande la variété des circonstances et des configurations sociales qui les caractérisent. Le champ d’étude est vaste, mais ont été retenus des auteurs estimés représentatifs écrivant en trois langues : l’anglais, le français et le chinois. Dans un contexte culturel mondialisé, les idées circulent, et se répondent d’un côté à l’autre des clôtures censées enfermer les mondes en eux-mêmes, et des limites qui sont autant d’appels à rendre visite à ses voisins, si distants soient-ils à interroger les manières d’habiter le monde. Parmi les écrivains évoqués : Edward Abbey, Rick Bass, Rachel Carson, Annie Dillard, Aldo Leopold, Barry Lopez, John Muir, Hélène Cixous, Marguerite Duras, Jean Henri Fabre, André Gide, Julien Gracq, J.M.G. Le Clézio, Claude Lévi-Strauss, Jean Rolin, Victor Segalen, Mahi Binebine, Ma Jian, Han Shaogong, Gao Xingjian, ou encore Lin Yutang"



En Espagne vient de paraître Gide-Barthes. Cuaderno de niebla (Montesinos, 2012, 22€), un essai dans lequel le journaliste J. Benito Fernández s'amuse à relever les points communs entre Gide et Barthes, comme il l'expliquait récemment à Periodistas en Español

"Ils sont nés tous les deux en novembre, tous les deux dans la bourgeoisie, orphelins de père très jeunes, avec deux mères au caractère puissant, ils sont élevés par des femmes, ils sont homosexuels, coquets, mélomanes – tous deux apprendront le piano dans leur jeune âge – tuberculeux, protestants, ils seront marxistes et s'engageront aux côtés de la gauche, ils collaboreront au journal mythique Combat, ils se désengageront à la suite d'un voyage vers les « paradis socialistes » de l'URSS et de la République Populaire de Chine, ils ont été approchés par le pouvoir – Gide a dîné avec de Gaulle, Barthes s'est assis à la table de Giscard d’Estaing et Mitterrand – ils ont été deux grands hédonistes, ils aimaient le cirque... J'ai donc décidé d'écrire ce livre audacieux. Je dis audacieux parce que nombreux furent ceux qui me demandèrent : « Mais qu'ont-ils à voir l'un avec l'autre ? »" 
Si le journaliste tombe dans les poncifs de l'homosexualité et de la relation à la mère, son essai tombe à point nommé en Espagne où, explique J. Benito Fernández, "Gide aussi bien que Barthes sont peu lus. Et pourtant leurs œuvres sont toujours vivantes, on réédite leurs livres. Et l'on en donne toujours de nouvelles traductions. Pour Gide la mise à l'Index a été très préjudiciable. Le Vatican avait décidé que ce n'était pas un auteur sain pour les âmes catholiques. Gide a été un auteur très suivi en Espagne par la génération d'après-guerre, malgré sa condamnation par la gauche en raison de ses critiques du « paradis socialiste soviétique ». Aujourd'hui, la plupart des jeunes ne sait même pas qu'il a été un prix Nobel. Et chez Barthes on continue à ne voir que le critique (le structuralisme est encore d'actualité) au détriment du créateur, qui est pour moi sa facette la plus intéressante."


Retours de Russie


Souvenez-vous. En mai 2010 nous signalions ici même le voyage de quinze écrivains à bord du transsibérien à l'occasion de l'année de la Russie. Deux d'entre eux ont rapporté un livre de ce voyage promis "dans les pas de Gide". Et effectivement, Danièle Sallenave place SIBIR Moscou-Vladivostok (mai-juin 2010) (Gallimard, 2012, 19,23€) sous la houlette de Gide, dès cette épigraphe : "Trop souvent la vérité [sur la Russie] est dite avec haine, et le mensonge avec amour."
"Daniel Sallenave dans les pas de Gide", c'est aussi ce que titrait l'Humanité pour évoquer ce livre.



Transsibérien (Grasset, 2012, 21,50€), c'est le nom du livre rapporté par Dominique Fernandez du même périple. Un récit qui suit très exactement celui de Danièle Sallenave, et va lui aussi jusqu'à évoquer le Retour de l'URSS puisque les écrivains sont là, comme Gide en son temps, dans l'espoir d'un "Retour sur investissement"... On pense à Cousu de fil rouge, l'étude sur les voyages en URSS paru le mois dernier et annoncée ici.


Nourritures inactuelles


"C’est une relecture des Nourritures terrestres qui m’a incité à risquer ces pages", confie Denis Tillinac, auteur d'un essai intitulé Considérations inactuelles (Plon, 2012, 16€). "Je n’ai pas l’outrecuidance de me comparer à Gide, et il y a loin de la prétendue Belle Epoque à la nôtre. Ce petit livre n’est pas un précis de morale mais une simple mise en garde, d’aîné à cadet, ou à cadette : un nihilisme habillé de fausses vertus abuse les consciences et je souhaite qu’une autre génération ne se laisse pas flouer comme la mienne. Ma vie aurait connu des embellies plus franches si à l’âge des commencements
une plume amie m’avait alerté sans me désenchanter. Tel n’aura pas été le cas ; j’ai caboté tout seul sur des esquifs d’infortune, à contre-courant de mon époque. Si je m’adresse à toi, c’est pour que tu te sentes moins seul que je ne le fus à l’heure des décollages. Ce vers quoi nous dérivons tous n’est ni rassurant ni exaltant, mais il ne tient qu’à toi de t’en évader. Toi avec d’autres : si vous êtes nombreux à déserter le champ clos et miné des idées convenues, une espérance poindra en place de vos désarrois.
"


Actes en ligne


Le site Fabula vient de mettre en ligne Jules Lemaitre: « un don d'ubiquité familière », les actes de la Journée d’études du 3 décembre 2010, organisée par D. Pernot à l'Université d’Orléans dans le cadre du Programme ANR HIDIL (Histoire des idées de littérature, 1860-1940). Parmi les six communications, citons celle de Jean-Michel Wittmann : Jules Lemaitre au miroir d’André Gide.



Curiosités

Il y a deux ans, citant très sérieusement Jean-Baptiste Botul, Bernard-Henri Lévy partageait un peu de ses paillettes avec le non moins sérieux canular de Frédéric Pagès et Jacques Gaillard... Ce dernier commente la correspondance de Botul avec lui-même, sous-titrée Du trou au tout (La Découverte, 2012, 12€). Un article du site Evène nous apprend que le glorieux philosophe auteur de La vie sexuelle d'Emmanuel Kant ou de Landru, précurseur du féminisme aime aussi à citer André Gide...



Gide continue enfin à sa faufiler ici et là dans les récits de souvenirs : un article récent de La Dépêche nous apprend que le metteur en scène Jean-Marie Besset "travaille à un Cid promis à Carcassonne, qui sera finalement créé en décembre à Montpellier. Et à l'écriture de "Odette et Gide à Ginoles", une évocation de l'écrivain, de sa grand-mère et de 1940 à Ginoles."

lundi 21 mars 2011

Six rendez-vous à noter

Gallimard, le Roi Lire, documentaire de William Karel
(France, 2010, 1h30mn)
Coproduction ARTE France, Les Films du Bouloi, INA


Ce soir lundi 21 mars à 22h10 et demain mardi 22 mars à 10h en rediffusion, Arte diffuse "Gallimard, le Roi Lire", un documentaire de William Karel sur les cent ans d'histoire de la maison d'édition. Arte propose un dossier très complet autour du film avec une interviou du réalisateur, un entretien vidéo avec Alban Cerisier, l'historien-maison, ou encore un intéressant point de vue sur l'avenir du livre numérique.




Gallimard, 1911-2011 : un siècle d'édition
du 22 mars 2011 au 3 juillet 2011
à la BnF (site François Mitterrand, galerie François Ier)
mardi - samedi de 10h à 19h - dimanche de 13h à 19h
sauf lundi et jours fériés - entrée 7 €


A partir de demain mardi 22 mars et jusqu'au 3 juillet, la Bibliothèque nationale de France propose une exposition sur le centenaire de Gallimard à travers un choix exceptionnel de manuscrits, éditions originales, correspondances et photographies. Grâce à un partenariat avec l’Institut National de l’Audiovisuel, d’importantes ressources sonores et audiovisuelles seront également présentées.



Une plaque commémorative est inaugurée mercredi sur la façade
de l'immeuble de Roger Martin du Gard, rue du Dragon à Paris


Mercredi 23 mars à 11h15, inauguration d'une plaque commémorative apposée sur la façade de l'immeuble où vécut Roger Martin du Gard, au 10 de la rue du Dragon dans le sixième arrondissement. Plus de renseignements sur le blog de notre ami Philippe Brin.



Lectures au Théâtre de l'Odéon :
les correspondances de Gallimard
et les premiers romans



Le Théâtre de l'Odéon fête lui aussi le centenaire des éditions Gallimard avec plusieurs spectacles et lectures dont "Les correspondances de Gaston Gallimard", lundi 28 mars à 20h, lues par Michaël Lonsdale et Didier Sandre. Choix de textes établi par Aspiciendo Senescis, piochés dans la correspondance avec Jacques Rivière, André Gide, Roger Martin du Gard, Marcel Proust, Paul Claudel et Louis-Ferdinand Céline. (Théâtre de l’Odéon – Grande salle / Tarifs 18€ – 12€ – 8€ – 6€)




Mercredi 13 avril se tient à Mulhouse un séminaire de recherche hors programme portant sur "L'autoréflexivité en pratique". Au programme :
Audrey BLIND : « Le coupe-papiers dans Si par une nuit d'hiver un voyageur d'Italo Calvino ».
Laura BOCCIA : « Un arbre et ses feuilles dans Si par une nuit d'hiver un voyageur d'Italo Calvino ».
Elsa DONTENVILLE : « La figure de Narcisse dans Fable de Robert Pinget ».
Éric GENGENWIN : « La figure de Tityre dans Paludes d'André Gide ».
Laurent HUG : « Le motif de l'escalier dans Adrienne Mesurat de Julien Green ».
Valentina MAINI : « La scène au miroir dans Nana d'Émile Zola ».
Nicola PISELLO : « La nourriture de "Monsieur Teste" (Paul Valéry) ».

Mercredi 13 avril, de 13h30 à 17h30, FLSH, Salle Starcky (210), 10, rue des Frères Lumière, Campus de Mulhouse. Plus d'informations et contacts sur le site Fabula.



Des poèmes de Malaquais illustrés par Gilbert Fontanet

La Société Jean Malaquais avec la Libraire Folies d'Encre à Saint-Denis vous invitent samedi 23 avril à 19h30 pour une exposition et présentation du recueil des poésies de Jean Malaquais illustrées par Gilbert Fontanet. Des poèmes et des pages de prose de Jean Malaquais feront l’objet de lectures et d’interprétations. Suivra une présentation de Jean Malaquais agrémentée de la dégustation de plats que chacun voudra bien apporte.

jeudi 3 février 2011

Jean Malaquais

Les Javanais, Jean Malaquais
Denoël, Paris, 1939
(dédié à André Gide)


« Je croise tout le temps un jeune communiste du nom de Malaki ; nous finissons par nous présenter nous-mêmes l'un à l'autre. » (Maria Van Rysselberghe, Cahiers de la Petite Dame, tome 2, p.548) Ce « jeune communiste » que la Petite Dame croise dans les couloirs du Vaneau en juin 1936, c'est Vladimir Malacki, qui allait bientôt signer Jean Malaquais un roman intitulé Les Javanais, prix Renaudot en 39. Il est né le 11 avril 1908 à Varsovie dans une famille d'origine juive.

« J’ai quitté la Pologne en 1925, j’avais dix-sept ans, tout de suite après mon bachot. Je l’ai quittée d’ailleurs légalement, avec un passeport et un visa, j’ai bourlingué en Roumanie, en Turquie, en Égypte, et par là-bas, et je suis arrivé en France parce que la France était, dans mon imagination de jeune homme, de ces pays-là, LE pays où il faut vivre, LE pays où il faut étudier. C’était la Révolution française, la Commune, le pays d’accueil, ainsi de suite, ainsi de suite.» (Entretien de Jean Malaquais avec Dominique Rabourdin, 20 février 1996)

De petits boulots en petits boulots, dont mineur dans les mines d’argent et de plomb de La-Londe-les-Maures en Provence qui serviront de modèle à la mine des Javanais on le retrouve en 1935, travaillant aux Halles la nuit, et le jour se réfugiant au chaud à la Bibliothèque Sainte-Geneviève où il lit dans la NRF les élans communisants de Gide : « Je sens aujourd’hui, gravement, péniblement, cette infériorité de n’avoir jamais eu à gagner mon pain, de n’avoir jamais travaillé dans la gêne. »

Malacki adresse alors une lettre incendiaire à Gide pour lui expliquer que « s’il était superbement à même de faire des livres, c'est précisément parce qu'il n'avait pas à faire le manœuvre; que, si lui se sentait inférieur de manger son content, je ne me sentais nullement supérieur de ne point manger à ma faim »*... Gide répondra à cette lettre, joignant 100 francs à sa réponse. Ce qui vaudra un retour à l'envoyeur tout aussi musclé.


André Gide, Jean Malaquais, Correspondance
éd. de Pierre Masson et Geneviève 
Millot-Nakach, Phébus, Paris, 2000



« Que cette rencontre allait changer le cours de ma vie, j'étais loin de m'en douter », se souvient Malaquais. Gide l'encourage à écrire, lui donne des conseils, l'aide à louer une maison en province où il pourra se consacrer à la rédaction de ses Javanais. Roman dédié à Gide publié par Denoël en 1939, et qui obtient le prix Renaudot mais aussi cette critique de Trotsky :

« Un auteur que je ne connaissais pas, Jean Malaquais, m'a envoyé son livre, qui porte un titre énigmatique : les Javanais. Le roman est dédié à André Gide, ce qui me mit un peu sur mes gardes. Gide est trop loin de nous, ainsi que l'époque à laquelle s'accordaient ses recherches lentes et confortables. Même ses œuvres récentes se lisent – bien qu'avec intérêt – plutôt comme des documents humains sur un passé définitivement révolu. Cependant, dès les premières pages il m'apparut que Malaquais ne subissait en rien l'influence de Gide. »**

Malaquais apprend qu'il a reçu le prix alors qu'il est mobilisé.« Télégramme de Robert Denoël m'annonçant que mon roman a décroché le prix Renaudot. Puissé-je en tirer une permission exceptionnelle », lit-on le 7 décembre 1939 dans son Journal de guerre***. L'apatride finit par gagner le sud de la France où il sera hébergé par Giono dans l'attente d'un départ pour l'Amérique du Sud. Plus tard dans Planète sans visa il racontera cette partie de la guerre, l'attente près de Marseille d'un visa pour le Nouveau Monde.

A son caractère entier s'ajoute la fébrilité de ces temps difficiles et si l'on ne connaissait le caractère tout aussi entier de la Petite Dame on serait étonné de son jugement sur Malaquais en août 41 : « laisse toujours le souvenir d'un être amer, difficile et sans beaucoup de tact. » (CPD, t.3, p.265). Malaquais et sa compagne Galy insistent auprès de Gide pour obtenir un visa qu'ils auront finalement en octobre 42. Ils embarquent alors pour le Venezuela, le Mexique puis les Etats-Unis : « N'était André Gide, Galy et moi serions en route pour fertiliser de nos cendres les sillons du Troisième Reich. » (Journal du métèque - 8 oct 1942)***. 



Pour la suite de la biographie de Jean Malaquais, 
destination Planète Malaquais
Et pour aller plus loin 


_________________________________

* Comme il s'en souviendra plus tard, cette première lettre ne figurant pas dans André Gide, Jean Malaquais, Correspondance (1935-1950), éd. de Pierre Masson et Geneviève Millot-Nakach [avec deux textes de Jean Malaquais «Historique de ma rencontre avec André Gide» et «André Gide : Notes et notules au fil de la plume»], Phébus, 2000. Sur cette correspondance, voir l'article de Chronicart, de La Tribune de Genève et de Le Soir.
** Voir ici le texte intégral de la critique de Léon Trotsky
***  Journal de guerre suivi de Journal du métèque (éditions revues et augmentées), Phébus, Paris, 1997