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samedi 28 octobre 2017

BAAG 195/196





Le Bulletin des Amis d’André Gide, cinquantième année n° 195/196, automne 2017, vient de paraître.


Au sommaire :



- Autour des Faux-Monnayeurs - 4e Journées Catherine Gide au Lavandou :

  • Pierre MASSON : Gide avant Les Faux-Monnayeurs
  • Christine LIGIER : La marche vers le roman
  • David WALKER : Dimension morale et roman d’apprentissage
  • Pierre MASSON : L’univers symbolique des Faux-Monnayeurs
  • David WALKER : Les Faux-Monnayeurs, critique du roman
  • Christine LIGIER : Le Journal des F -M, construction d’une pratique romanesque
  • Suzanne JONCHERAY: L’image des F -M dans les manuels scolaires
  • Klaus WEBER : Trois temps de lecture des F-M
  • Contributions d’élèves de Terminale

- Maryvonne de SAINT PULGENT : Les Treilles, Gide et la musique

- Jean-Pierre PRÉVOST : livret de l’opéra Les Faux-Monnayeurs
- Alain GOULET : réflexions sur Les Faux-Monnayeurs

- Jean-Michel WITTMANN: Les Caves du Vatican comme congrès de sociologie
Il s'accompagne de André Gide et la seconde guerre mondiale. L'Occupation d'un homme de lettres, de Jocelyne Van Tuyl. Une traduction française (par l'auteur lui-même) de cet essai très intéressant sur les écrivains en temps de guerre, en particulier Gide et sa complexité tant en matière politique qu'éditoriale pendant et après la seconde guerre mondiale.



dimanche 2 avril 2017

Les Faux-monnayeurs au Lavandou




Les 4e Journées Catherine Gide organisées les 13 et 14 mai prochains au Lavandou exploreront Les Faux-monnayeurs, en conviant tout particulièrement les lycéens qui se penchent cette année sur ce livre inscrit au programme du baccalauréat au côté du Journal des Faux-monnayeurs. Plusieurs interventions de spécialistes d'André Gide promettent de se mettre à leur niveau pour les aider dans la compréhension de ce foisonnement narratif, seul "roman" au sens où Gide entendait cette composition en faisceaux.

Samedi 13 mai
 
9h00 Accueil des participants aux conférences-débats et présentation du programme (interventions
limitées à 20' pour laisser place aux questions et réflexions du public et des lycéens)
9h30 Pierre Masson : Gide avant le Journal des Faux-monnayeurs : données biographiques et problèmes induits
10h00 Christine Ligier : La marche vers le roman : à partir des Cahiers d’André Walter, pratique et réflexion de la forme narrative avec le roman comme horizon
11h00 David Walker : Dimension morale et roman d'apprentissage
11h30 Pierre Masson : Les Faux-monnayeurs, roman symbolique
14h00 Interventions d’élèves de Terminales Littéraires
14h30 David Walker : Les Faux-monnayeurs comme critique du roman
15h00 Christine Ligier : Le Journal des Faux-monnayeurs, construction d'une pratique romanesque
15h30 Suzanne Joncheray : L'image des Faux-monnayeurs dans les manuels scolaires
16h00 Débat - bilan de cette première journée
16h30 Projection du film d’Ambre Fuentes, Après le livre. Une enquête sur André Gide - 1h27

Dimanche 14 mai
 
9h00 Klaus Weber : Trois temps de lecture des Faux-monnayeurs, 1964, 1989 et 2016
9h30 Maryvonne de Saint Pulgent : Les Treilles, Gide et la musique
10h00 Jean-Pierre Prévost : Présentation du jeu de société, le "Jeu des Faux-monnayeurs"
10h30 Visite de la "Villa Théo" à Saint-Clair, ancienne maison du peintre Van Rysselberghe et futur centre d’art du Lavandou en phase d’achèvement.



dimanche 20 mars 2016

BAAG 189/190

Le Bulletin des Amis d'André Gide n° 189/190 vient de paraître. 

Au sommaire :

André Gide, documents inédits, pages retrouvées :

- Un fragment inédit des Faux-Monnayeurs
- Deux lettres à Édouard Ducoté, une lettre de Jacques Copeau, présentées et annotées par Pierre Lachasse
- Deux Billets à Angèle

 


Correspondance André Gide – André Maurois, établie et présentée par Thierry Laurent


David Walker : L’Inspiration orientale des Nourritures terrestres : suite – et fin 
David Steel : Lettre d’Anna Shackleton à Claire Démarest
Pierre Masson : Corydon, œuvre littéraire ?
Bastien Julien : Le jardin des sens du Cantique des Cantiques.


 Jef Last : Mon ami André Gide (suite)


Stéphanie Bertrand : L’aphorisme dans l’œuvre d’André Gide 

Peter Schnyder : Les archives de la Fondation Catherine Gide

Chronique bibliographique (livres, articles, comptes rendus, thèses)

Notes de lecture (P. Lachasse, H. Heinemann)
Gidiana (vie de l’AAAG, manifestations, colloques)

Pour se procurer ce numéro du BAAG ou — mieux — adhérer à l'association et n'en manquer aucun, consulter cette page consacrée à l'Association des Amis d'André Gide.

samedi 6 février 2016

Une parenté avec les Faux-monnayeurs ?


Dans les Brèves critiques du Monde des livres, Violaine Morin attire notre attention sur un livre de Patrice Franceschi : Il est minuit, monsieur K. (Points, 2016).

« Ce roman à l’atmosphère de film d’espionnage doit beaucoup à un aîné, Les Faux-Monnayeurs, d’André Gide, à qui l’auteur emprunte une morale de la vérité et du mensonge, mais aussi un style qui manie avec dextérité et ironie l’art de la maxime », explique la critique.

Présentation de l'éditeur :

Dans un bar perdu de Madagascar, le bar de la Dernière Chance, deux agents secrets, Monsieur O et Monsieur K, s’affrontent pour la possession du dossier le plus incroyable de l’histoire de l’espionnage : le dossier Alpha. Son contenu empêchant tout emploi de la force, ils ne disposent, le temps d’une nuit, que de la puissance des mots pour vaincre ou mourir. À minuit, un combat hors normes s’engage.
À la fois roman philosophique sur le mensonge et comédie amère sur la pantomime du monde, Il est minuit, monsieur K est le face-à-face de deux hommes confrontés à la certitude tragique qu’il n’existe d’autre vérité que celle des jeux de masques.

Écrivain, aviateur et marin, Patrice Franceschi partage sa vie entre écriture et aventure. Ses romans, nouvelles, récits, poésie ou essais sont inséparables d’une existence engagée, libre et tumultueuse, où il tente « d’épuiser le champ du possible ». En 2015 il a reçu le prix Goncourt de la nouvelle pour Première personne du singulier.


samedi 8 août 2015

Le grand jeu des citations


On le sait, Gide est l'un des auteurs les plus régulièrement cités sur la toile. Mal cité, le plus souvent... Mais n'est-ce pas ainsi que les citations vivent : transposée dans les mots de chacun, l'idée demeure ?

Ainsi une citation, notamment, fait florès aux Etats-Unis :

« One does not discover new lands without consenting to lose sight of the shore for a very long time. »

Qu'on rencontre parfois sous cette forme :
« Man cannot discover new oceans unless he has the courage to lose sight of the shore.»
Il est à noter que ces deux versions donnent lieu à des créations à l'esthétique plus ou moins douteuse, qu'on pourra admirer ici et .

Pas étonnant alors, qu'au retour en France, un éditeur de jeux vidéos l'utilise dans la bande-annonce de sa prochaine création, sous cette forme :




Wikiquote nous apprend même que cette citation est parfois attribuée à... Christophe Colomb !


Alors ayons le courage de ne pas perdre la source, qui se trouve à la fin des Faux-Monnayeurs, dans un dialogue entre Edouard et Bernard :
« On ne découvre pas de terre nouvelle sans consentir à perdre de vue, d’abord et longtemps, tout rivage. Mais nos écrivains craignent le large ; ce ne sont que des côtoyeurs. »

samedi 29 novembre 2014

Scénario des Faux-Monnayeurs et correspondance Marc Allégret

De nombreux documents et lettres de Marc Allégret passent aux enchères mercredi 17 décembre à la vente Alde de Lettres & Manuscrits Autographes. On trouvera notamment son projet de film tiré des Faux-monnayeurs, ainsi que de nombreuses lettres, pour partie d'ordre professionnel, mais aussi d'ordre privé, ces dernières regroupées en un lot au joli titre : « Plus de 265 lettres de jeunes femmes, la plupart L.A.S., adressées à Marc Allégret, 1917-1973 ».

Ces documents ne semblent pas avoir été présentés lors de la vente des Archives Marc Allégret, en décembre 2007.






Lot 6
Marc Allégret (1900-1973) cinéaste. Manuscrit autographe, Les Faux-Monnayeurs, 1965 ; environ 340 pages in-4 en feuilles sous chemise dos toilé et étui.

Projet d’adaptation cinématographique inachevé du célèbre roman d’André Gide, paru en 1925. Roger Vadim, déjà producteur de plusieurs réalisations d’Allégret, soutenait ce film. Récit difficile à porter à l’écran, notamment en raison des différents points de vue et genres narratifs, le projet fut finalement abandonné vers 1966. Si le scénario ne présente pas une continuité, et est resté inachevé, il nous permet néanmoins de constater que la trame narrative du livre a été conservée, et que Marc Allégret (modèle d’Olivier) a beaucoup travaillé à cette adaptation. Au manuscrit de premier jet, abondamment corrigé et augmenté, s’ajoutent des notes de travail. Les Faux-Monnayeurs, début du scénario (97 p., pag. 1-92 avec ff. ajoutés).
Découpage détaillé, avec dialogues, indications scéniques, didascalies et voix-off. Le manuscrit est rédigé au recto de feuillets de papier quadrillé à grands carreaux perforés, écrit à l’encre noire avec quelques pages au stylo bleu ou rouge ; de nombreuses corrections sont portées au stylo rouge. Ce premier jet présente des ratures, des suppressions, des additions interlinéaires ou dans la marge, des indications pour la dactylographie. Le scénario s’ouvre à Paris avec (p. 1-12) l’apparition d’Édouard et sa rencontre avec le jeune Georges, qu’il surprend en train de voler un ouvrage sur l’étal d’un bouquiniste. Le journal manuscrit que Georges a laissé tomber intrigue Édouard, lui-même écrivain. Le jeune homme se trouve être son neveu, le fils de sa demi-sœur Pauline, chez laquelle il se rend immédiatement. Il y croise le mari Oscar Molinier, et Olivier, un autre de ses fils. Le générique intervient après ces premières séquences. Une scène au Palais de Justice introduit Molinier, présidant une audience de la Chambre correctionnelle, et le juge d’instruction Albéric Profitendieu. Il est question d’une affaire de prostitution de mineurs (p. 13-16)... Le jeune Bernard Profitendieu, chez lui, écrit une lettre à Albéric, après avoir découvert que l’homme qui l’élève n’est pas son vrai père. Il s’enfuit du domicile familial (p. 17-22)... Bernard et Olivier, camarades de lycée, se retrouvent au Luxembourg, le premier souhaitant se faire héberger temporairement chez le second (p. 23-24)... Albéric Profitendieu découvre la lettre de son fils adoptif – introduction de Cécile et Caloub, demi-sœur et demi-frère de Bernard (p. 25-32).
Olivier, accueille Bernard chez lui le soir. Les deux jeunes évoquent sa récente découverte et son avenir hors de son foyer. Ils entendent Vincent, le frère d’Olivier, sortir et pensent qu’il rejoint une maîtresse (p. 33-40).
Vincent a en fait accepté de donner des soins au père âgé du comte de Passavant, chez lequel il se rend. Il apprend que le vieil homme est décédé. Il est également question d’une soirée que les deux hommes ont passée dans un cercle de jeux, durant laquelle Vincent a perdu beaucoup d’argent (p. 41-45).
scène entre Bernard et Olivier. Ce dernier compte aller chercher à la gare son oncle Édouard, qui arrive de Londres le lendemain. Il évoque l’affection qu’il porte à son oncle et leur commune aspiration à écrire (p. 46-48).
Flash back dans le cercle de jeux et introduction du personnage de Lady Lilian Griffith, riche américaine (p. 49-56).
Bernard quitte la chambre d’Olivier à l’aube pour se rendre à la gare (p. 57-60).
On suit le parcours en train d’Édouard, de la gare maritime de Dieppe à Paris, travaillant à son journal. Commentaire de l’auteur : Les Faux-Monnayeurs, est-ce un bon titre ? Édouard n’en est pas sûr. C’est le roman auquel il pense sans cesse et depuis longtemps. Il n’en a pas encore écrit une ligne, mais il transcrit ses notes, ses réflexions sur ce carnet (p. 61 A-E).
Flash back introduisant Laura. On comprend que le retour d’Édouard est lié à une lettre qu’il a reçue (p. A-C).
Gare Saint-Lazare, Olivier retrouve l’oncle Édouard sur le quai – Bernard assiste discrètement à la scène, la tension est palpable : Le jeu des acteurs peut mieux que toute autre chose faire ressortir ces nuances fugitives, ces gestes amorcés et retenus, les mots qui viennent à la place d’autres qu’on n’ose pas dire – enfin tout ce qui crée ces situations tendues faites de touches, d’impressions presque inexprimables et que le cinéma peut restituer à merveille ... Tandis que les deux hommes vont prendre un café, Bernard subtilise la valise d’Édouard à la consigne de la gare (p. 65-73).
Dans le métro, Bernard ouvre la valise, trouve le journal d’Édouard et en débute la lecture, captivante. Le journal est lu en voix-off ; Édouard relate son mariage avec Laura (p. 74-90)... Au fil des dernières pages, la lecture du scénario est plus chaotique, avec de nombreuses modifications et parties supprimées. Les Faux-Monnayeurs, Construction détaillée et dialogues provisoires, 15 août 1965 ([2]-6 p. A-F).
Indication : Tous les dialogues sont là à titre indicatif du sens des scènes. Ils doivent être réécrits tant pour leur forme que pour leur longueur ... La scène concernée est celle de la lecture du journal d’Édouard par Bernard. Les manuscrits de plusieurs scènes, reprises par l’auteur, sont joints au dossier. La plupart rédigés au stylo bleu ou noir (titres en rouges), sur papier blanc, ils comportent de nombreuses corrections, ratures, aaddits. On peut y lire, souvent en première page, des commentaires d’appréciation de l’auteur ( bon , vu ), ainsi que des indications relatives à la mise au net ( fait , tapé , copié et arrangé , pages refaites , à la dactylographie ; les pages concernées ont pour la plupart été biffées).
Fin (3 p. A-C).
Scène finale entre Olivier et Édouard, dans l’appartement de ce dernier. Bernard, prévenu par son frère Caloub que son père adoptif allait mal, vient avec lui chercher sa valise. S’adressant à Édouard: Vous aviez raison, ma place est auprès de lui . Olivier à Édouard : Mais alors ce sera un livre très moral Les Faux Monnayeurs. Je suis sûr que ça t’étonnera toi-même ... La scène se termine soudainement lorsqu’Édouard se tourne vers Caloub pour lui demander son nom... Extérieur et vestibule Molinier (6 p. A-D).
Mort de Bronja – La Machination (9 p.).
Fin La Pérouse Édouard (2 p. A-B).
Bernard passe son bachot – L’ange (10 p.).
Édouard et Bernard après le bachot (11 p. ?-?).
Le Banquet (18 p. A-Q).
Gare St Lazare (13 p. A-L).
Flash back journal Édouard (6 p.).
Gare de Dieppe Maritime (6 p.).
Chambre d’hôtel Laura (3 p.).
Chambre d’Olivier Molinier (3 p.).
Notes pour le train Édouard (3 p.).
Avant fin de la lecture du journal d’Ed. par Bernard (4 p. A-D).
2e partie. Premières notes (29 p.).
3e Partie (103 p.).
Plus un extrait de scène avec dialogues et indications diverses (7 p.).

Estimation : 1 500 € / 2 000 €

Lot 7
[Marc ALLÉGRET]. Environ 200 lettres ou pièces, la plupart L.A.S., adressées à Marc Allégret, 1921-1971.

Maurice Aubergé, Arnold Bennett (2, 1927, dont une à propos de ses projets d’écriture, et faisant allusion au Congo de Gide), Christian Bérard (de Londres lors de la Cochran’1930 Revue, avec petit dessin), Bernard Blier, Marie Dormoy, Dominique Drouin (2, parlant de l’oncle André ), Sir John Ellerman (11, dont une à Gide, plus 7 de son fils John et 8 de sa fille Annie, dont 6 signées de son nom de plume Bryher ), Bernard Faÿ (4, avec allusions au voyage au Congo), Emmanuel Faÿ (7), André Gide (protestation dactyl. contre un livre de Maurice Bedel, avec addition autographe), Samuel Goldwyn (3, 1946), Daniel Guérin (1926, vive admiration pour Si le grain ne meurt), Jacqueline Huet (2), Yves Jamiaque (3), Renaud Lambert, Henry Lemarchand, Édouard Maurel (avec dessins), Charles de Noailles (4), René de Obaldia, Vladimir Pozner (5, sur leur collaboration, 1947 et 1960), Hans Wilhelm (de la Metro-Goldwyn-Mayer, à propos du petit Sébastien Alexandre), etc. Plus un petit lot de dessins et croquis attribués à Gaston Bonheur, Édouard Maurel, Roger Vadim, etc.

Estimation : 800 € / 1 000 €


Lot 8
[Marc ALLÉGRET]. Plus de 265 lettres de jeunes femmes, la plupart L.A.S., adressées à Marc Allégret, 1917-1973.

Correspondances amicales ou amoureuses. De nombreuses jeunes actrices se tournent vers Marc Allégret pour obtenir des recommandations ou de petits rôles de figuration, des conseils sur le métier, parfois des aides matérielles... Seules quelques-unes d’entre elles feront carrière. Des photographies ont souvent été jointes aux envois. La plus grande partie des échanges est constituée de déclarations d’amour de jeunes femmes, généralement éconduites ou déçues après une brève liaison. Quelques minutes et réponses de Marc Allégret complètent les dossiers. Lettres de Sara Breitenstein (10), amie des frères Allégret, Marc et André, et d’André Gide (fille du pasteur chez lequel Marc et Gide séjournent lors de leur passage en suisse à Genève en 1917, elle aurait inspiré le personnage de Sarah Vedel dans Les Faux-monnayeurs).
Un temps engagée avec André Allégret (il aurait été question de fiançailles), elle fut un motif de jalousie entre les deux frères... 13 août 1917. Navrée qu’il ait pu la croire beaucoup plus liée à André que ce qu’elle n’est en réalité : Mais je voudrais que nous soyons amis à 3. Et André n’a pas eu de peine à le comprendre – je crois ... 28 janvier 1918, quelques temps avant l’escapade de Gide et Allégret en Angleterre : Oh, petit tendre, ne pourras-tu pas venir un jour ou deux, cet été ou n’importe-quand-bientôt ! Tu ne peux t’imaginer ce que je me sens loin de vous deux malgré notre grande affection. Il faut absolument que tu viennes avant d’aller en Angleterre. C’est impossible que nous restions si longtemps sans nous voir. Puisqu’André ne peut pas venir, lui, et que toi tu pourrais un peu plus facilement, il faut que tu viennes. Est-ce que tu t’imagines partant en Angleterre et puis après au front sans être revenu à Rosemont ! [...] Et puis, à moins que cela soit indiscret, j’aimerais tant que tu me parles d’oncle André [Gide] – je le connais si peu ... – tu crois que mon affection pour A. a augmenté, elle a diminué pour toi, mais, mon chéri, comme tu te trompes. Tu es mon petit tendre rien qu’à moi, et toi seul – et l’affection que j’ai pour toi, elle est toute différente de celle pour A. et en rien comparable ... Correspondance affectueuse et amoureuse avec Bronja Perlmutter (maîtresse de Raymond Radiguet, puis épouse de René Clair) : 36 lettres de Bronja (plus 2 lettres de sa sœur Tylia), 1922-1924 et s.d., et 21 lettres de Marc Allégret à Bronja (et 12 négatifs photogr.).
Importante correspondance de Colette Richard (56 lettres, 1943-1944), qui tourna dans Les Petites du Quai aux fleurs, Lunegarde, deux films évoqués dans ces lettres, puis dans Un drôle de dimanche... Si certains courriers sont enjoués lorsqu’elle reçoit des nouvelles de M. Allégret, la plupart le réprimandent pour son silence, son indifférence et ses multiples conquêtes... Vous avez rencontré beaucoup de filles dans votre vie et vous en rencontrerez encore beaucoup. Mais aucune ne vous aime, ou ne vous aimera aussi simplement et aussi sincèrement que moi. Je ne vous aime pas parce que vous êtes Marc Allégret le metteur en scène, l’homme célèbre et connu, je vous aime pour vous, pour vous seul, et vous auriez autant compté dans ma vie si vous aviez été n’importe qui. Et ça me dégoûte quand je pense aux filles qui vous font des sourires en pensant à un rôle futur [...]. C’est navrant, mais c’est la vie ... Plus une lettre dactylographiée de Marc au début de leur relation : Je t’aime beaucoup c’est bien ennuyeux pour toi mais c’est comme ça il n’y a rien à faire je t’embrasse très fort encore plus fort moi aussi à perdre haleine ... On trouve également des correspondances d’Yvonne Couve (20, 1926-1928, plus 3 brouillons de réponse de Marc Allégret mettant au clair les termes de leur relation), Denise David (7, 1943-1944), la danseuse Roussia Del Vardy (5, 1936-1940, et cahier manuscrit), Josette Fleitoux (5, et cahier manuscrit), Michèle Galand (8, 1943-1944, évoquant notamment son rôle dans Béatrice devant le désir, film de Jean de Marguerat), Jacqueline Huet (3), Louisette Laguilhon (85, 1972-1973), Armelle Lee Hoo (14, février-juin 1944), Katia Tolstoï (8, janvier-avril 1947, et 1 de 1963 comme Mme Armand Lanoux), etc. D’autres lettres de femmes dont on ne connaît que le prénom, telle Joyce, jeune femme rencontrée en Angleterre lors du séjour avec Gide (12, 1925), Josiane (avec un manuscrit Récit de Josiane, 1970), Kristobine, Lily, Nicole, Sara, etc.

Estimation : 500 € / 700 €



Mercredi 17 décembre 2014 - 14h
Lettres & Manuscrits Autographes
Salle Rossini - 7, rue Rossini 75009 Paris

Exposition privée chez l'expert
Uniquement sur rendez-vous préalable

Exposition publique
à la Salle Rossini
le mercredi 17 décembre de 10 heures à midi


dimanche 27 juillet 2014

I falsari, opéra d'après Les Faux-monnayeurs

Le 24 juillet dernier a eu lieu la création de I Falsari, opéra multimédia de Pierre Thilloy tiré des Faux-monnayeurs de Gide. Le compositeur s'est souvent laissé inspiré par les œuvres de Gide : on doit notamment à Pierre Thilloy la partition intitulée Ainsi soit-il, un quatuor à cordes avec récitant tiré des Notes sur Chopin,ou encore une musique pour le film Le voyage au Congo.


THE COUNTERFEITERS (Les Faux-Monnayeurs)

Opera by Pierre Thilloy based on a text written by André Gide

André Gide (1869-1951) was already a famous writer, well-known for his provocative and scandalous positions, when he published his first real novel, The Counterfeiters (Les Faux-Monnayeurs) in 1925 in the Nouvelle Revue Française. With its many characters and intertwining plotlines, it is a subtle play on mirroring: a novel-within-anovel with Edouard (the alter ego of Gide) intending to write a book of the same title. In the middle of the novel we read: “I invented the novelist who is the central character; the subject of the book is the fight between what reality offers him and what he would do with it instead”. The complex structure of the novel interweaves stories of young people, their falls and achievements. The common thread in Gide’s kaleidoscopic reality is the revelation that humankind has a moral and spiritual responsibility. This world of illusion, the 'dream-within-a-dream', that André Gide so loved is mirrored in the composition technique and execution of Pierre Thilloy, commissioned by the artistic direction of the 39° Cantiere for this ambitious new production which joins live musical execution with virtual expression in a multimedia project rich in originality.

“This opera intends to be un peu du vent” explains Thilloy – it is an airy opera because everything lives through illusions. This perspective is the connection with the chosen theme for this year’s Cantiere: Air.
As Ramuz said in his Souvenirs sur Stravinsky, it is practically impossible to produce a show entirely faithful to André Gide's original work, if for no other reason than the sheer number of characters which would automatically make it impossibly expensive. For this reason the Fondation Catherine Gide, the show's commissioner, invited the French playwright J.P. Prévost to write an adaptation.
Thilloy's composition for I falsari is perfectly coherent with the novel's structure and enhances its continuous illusions by proposing a new sound concept for opera: the voices are reworked using an electronic support.
The previously recorded performances are digitalized and modified in postproduction: the tracks are played during the theater performance in an audiovisual version and are fully inserted into the live performance. Even the acoustic interpretation of the strings and piano is enriched with electronic sequences, in an attempt to both explore and reach beyond the limits of the various musical styles. This is, therefore, a creative analysis by the composer Thilloy who imagines various languages describing themselves and as Gide's text is influenced by mathematical theories, in particular by the fractal theory, the composer has given us scientifically inspired music, closely connected with the intrinsic characteristics of electronic structures. At the same time, the video projections interact with the live performance, revealing an artistic short circuit which requires sound planning in the composition phase and precision in the performance phase. The opera is at one and the same time both real and virtual: in fact, some of the roles have been previously filmed and the registrations have been integrated into the video material as have the stage scenes painted by Christian Gardair who also produced the video base and provided the off-stage voice of Gide and all the epistolary parts of the libretto.


THE COUNTERFEITERS (Les faux-monnayeurs) by Pierre Thilloy
based on a André Gide text
Ensemble Kords
Vincent Monteil, conductor

Guy-Pierre Couleau, direction, scenes, costumes
Coproduction Fondazione Cantiere Internazionale d’Arte
and Comédie de l’Est-Centre dramatique National d’Alsace
in collaboration with Fondation Catherine Gide e Kords


(Source : site du Cantiere internazionale d'arte)

dimanche 8 juin 2014

I Falsari, opéra inspiré par Les faux-monnayeurs


Du 18 juillet au 2 août se déroulera la 39e édition du festival Cantiere Internazionale d'Arte, dans la région de Montepulciano, en Italie. Parmi la quarantaine de spectacles programmée, notons la création de I Falsari, opéra de Pierre Thilloy inspiré des Faux-monnayeurs.

Lu dans la presse italienne :


« I FALSARI: PRIMA ASSOLUTA
PER L’OPERA CONTEMPORANEA DI THILLOY

Commissionata dal 39° Cantiere Internazionale d’Arte al compositore francese Pierre Thilloy, I falsari (Les faux-monnayeurs) è un’opera ispirata al celebre romanzo di André Gide. Il progetto multimediale vuole coniugare esecuzione musicale dal vivo ed espressione virtuale. L’esecuzione è affidata al collettivo artistico-musicale Kords, composto da quartetto d’archi, pianoforte, elettronica e dai 7 personaggi che agiscono sulla scena; la direzione musicale è di Vincent Monteil, la regia di Guy-Pierre Couleau. Sulle sperimentazioni de “I falsari”, si innesta una nuova concezione delle sonorità destinate al teatro lirico. Le voci sono elaborate con il supporto dell’elettronica; le esecuzioni, precedentemente realizzate, sono digitalizzate e trattate in sede di postproduzione: le tracce così rilasciate vengono riprodotte durante la rappresentazione teatrale in versione audio/video e interagendo con la recita che si svolge dal vivo. Analoghe sequenze elettroniche arricchiscono anche l’interpretazione acustica degli archi e del pianoforte suonati in teatro, per esplorare e al contempo scardinare i confini dei diversi stili musicali. La coproduzione è siglata da Fondazione Cantiere Internazionale d’Arte e Comédie de l’Est-Centre Dramatique National d’Alsace e Kords (Mulhose), con il sostegno della Fondation Catherine Gide. [24 luglio] » (Cittadino online)

« L’opera contemporanea è protagonista al Cantiere con una prima assoluta commissionata dal festival al compositore francese Pierre Thilloy: “I falsari” è il titolo dell’allestimento ispirato al celeberrimo romanzo di André Gide; sarà il direttore artistico Vincent Monteil a dirigere l’Ensemble Kords, in un progetto che coniuga sonorità elettroniche e un quartetto d’archi (24 luglio). Si tratta di una coproduzione patrocinata da Institute Francaise Bordeaux, realizzata da Fondazione Cantiere Internazionale d’Arte, Fondation Catherine Gide, Lycée Claude-Nicola Ledoux (Besançon), La Salamandre (Metz) e Kords (Mulhouse). » (Nove Firenze)

dimanche 23 mars 2014

Du côté des ventes aux enchères

Un dessin en vente aux enchères aujourd'hui dimanche 23 mars à Monaco nous rappelle qu'il fut tiré un ballet d'un passage des Faux-monnayeurs : Le Jardin public, sur une musique de Vladimir Dukelsky et une chorégraphie de Léonide Massine. Les deux artistes s'étaient rencontrés à l'automne 1934 et avaient discuté du roman de Gide. C'est le dialogue entre Olivier, juste après la demande de Bernard de l'héberger pour la nuit, et Lucien Bercail, qui fournira l'idée du ballet :

« Ce que je voudrais, disait Lucien c'est raconter l'histoire, non point d'un personnage, mais d'un endroit — tiens, par exemple, d'une allée de jardin, comme celle-ci, raconter ce qui s'y passe — depuis le matin jusqu'au soir. Il y viendrait d'abord des bonnes d'enfants, des nourrices, avec des rubans... Non, non., d'abord des gens tout gris, sans sexe ni âge, pour balayer l'allée, arroser l'herbe, changer les fleurs, enfin la scène et le décor avant l'ouverture des grilles, tu comprends ? Alors l'entrée des nourrices. Des mioches font des pâtés de sable, se chamaillent ; les bonnes les giflent. Ensuite il y a la sortie des petites classes — et puis les ouvrières. Il y a des pauvres qui viennent manger sur un banc. Plus tard des jeunes gens qui se cherchent ; d'autres qui se fuient ; d'autres qui s'isolent, des rêveurs. Et puis la foule, au moment de la musique et de la sortie des magasins. Des étudiants, comme à présent. Le soir, des amants qui s'embrassent ; d'autres qui se quittent en pleurant. Enfin, à la tombée du jour, un vieux couple... Et, tout à coup, un roulement de tambour ; on ferme. Tout le monde sort. La pièce est finie. Tu comprends :quelque chose qui donnerait l'impression de la fin de tout, de la mort... mais sans parler de la mort, naturellement.
— Oui, je vois ça très bien, dit Olivier qui songeait à Bernard et n'avait pas écouté un mot.
— Et ça n'est pas tout ; ça n'est pas tout ! reprit Lucien avec ardeur. Je voudrais, dans une espèce d'épilogue, montrer cette même allée, la nuit, après que tout le monde est parti, déserte, beaucoup plus belle que pendant le jour ; dans le grand silence, l'exaltation de tous les bruits naturels : le bruit de la fontaine, du vent dans les feuilles, et le chant d'un oiseau de nuit. J'avais pensé d'abord à y faire circuler des ombres, peut-être des statues... mais je crois que ça serait plus banal ; qu'est-ce que tu en penses ?— Non, pas de statues, pas de statues, protesta distraitement Olivier; puis, sous le regard triste de l'autre : Eh bien, mon vieux, si tu réussis cela, ce sera épatant », s'écria-t-il chaleureusement.
(A. Gide, Les Faux-monnayeurs,
Romans et Récits, t.2, Pléiade, Gallimard, p.179)
Il y aura bien une statue, mais aussi un poète, un suicidaire, un vieux couple, un couple pauvre, un couple riche, un loueur de chaises, des balayeurs, des nourrices, des écoliers ou des ouvriers dans le ballet. Les décors et les costumes seront confiés à Jean Lurçat. Le peintre et créateur de cartons de tapisserie célèbre pour ses coqs, côtoiera Gide à la même époque lors des réunions de l'Association des écrivains et artistes révolutionnaires. Très engagé en faveur du communisme, il signera la préface de la Réponse à André Gide (Fernand Grenier, Bureau d'Edition, coll. "Voici lU.R.S.S.", 1937) en réaction aux Retouches à mon Retour de l'U.R.S.S.

JEAN LURÇAT (1892-1966)
Couple de baigneurs,1931.
Gouache sur papier, signée et datée au milieu à gauche « Lurçat 31 »,
dédicacée de la main de l’artiste « pour le loueur de chaises d’un jardin public, quelque part dans le Middle West, son ami, 1935... ».
34 x 25,5 cm

Provenance : Atelier de l’artiste1931-1935

Bibliographie : « Catalogue raisonné de l’œuvre peint de Jean Lurçat »,
Gérard Denizeau et Simone Lurçat, Lausanne, Acatos Editions, 1998, reproduit sous le n° 1931.44
p. 387 et pleine page couleur p. 98.

Exposition : « Jean Lurçat », Galerie Resche, Paris, 14 mai-1’ juin 1992 (illustration du carton d’invitation).
« Jean Lurçat les années lumière 1915-1935 », Galerie Zlotowski 17 sept – 30 oct 2004, n° 58.
Un projet pour un décor de ballet Le jardin public, (d’après « Les faux monnayeurs »
d’André Gide, musique de Dukelsky, créé à Monte-Carlo le 13 avril 1935.

Estimation : 10 000 / 12 000 €


A la vente aux enchères du dimanche 30 mars 2014, parmi les « Livres d'artistes et Photographies » proposés par Cornette de Saint Cyr Bruxelles, signalons aussi cette photographie signée Gisèle Freund. Datée de 1938, elle proviendrait donc de la série incluant le célèbre portrait sous le masque de Léopardi. On y voit cependant un Gide songeur un peu plus mélancolique et sombre que sur d'autres images plus connues de cette série...



GISÈLE FREUND (1908-2000)
Portrait d’André Gide, 1938 (tirage postérieur)
Tirage argentique (tirage postérieur). Signé dans la marge sous la photo. Timbre sec du photographe.
28 x 18,5 cm


Estimation : 600 / 800 €






mardi 21 mai 2013

Les faux-monnayeurs vus par André Billy


« En cet hiver 1906-1907, un scandale défrayait la chronique du Quartier Latin. L'affaire aujourd'hui oubliée et dont André Gide tira l'idée première d'un de ses romans les plus déconcertants*, l'affaire dite des faux monnayeurs du Luxembourg, avait éclaté au mois d'août précédent. Plusieurs de nos camarades y étaient compromis. C'est au Luxembourg que la bande avait établi le siège de ses opérations. Je ne m'en étais pas douté, et je dois dire que la plupart d'entre nous étaient dans la même innocence que moi. Si quelqu'une des pièces fausses mises en circulation dans des boîtes d'allumettes par les adeptes de cette sorte de bourse en plein air m'avait passé par les mains, je ne m'en étais pas aperçu. C'est la pièce d'or de dix francs à l'effigie de Napoléon III et au millésime de 1857 qui avait le plus de succès. Il y avait aussi des pièces de dix francs de la République (1906) et des pièces de cinq francs. Le cours en variait de deux à cinq francs. Elles étaient faites d'un alliage d'étain et d'antimoine mélangé à une petite quantité de cuivre. Au sortir du moule, elles recevaient une légère dorure. Leur prix de revient était d'environ vingt-cinq centimes. Ce commerce fit vivre assez longtemps une trentaine d'individus, parmi lesquels Mousset, repris de justice et faux monnayeur professionnel, et Lancelot, formé à l'école de Mousset, à qui celui-ci commandait jusqu'à cent pièces à la fois. Il en fabriquait une trentaine par jour. Son atelier n'était pas le seul, et l'on citait le mot d'un de ses émules : « La fausse monnaie est une question sociale comme une autre. »
Cinquante arrestations avaient été opérées. Étudiants, artistes, acteurs, employés, ouvriers, le coup de filet avait ramassé un peu de tout. Sur la terrasse du Luxembourg, on ne s'abordait plus qu'à voix basse, pour se séparer aussitôt. Le vent qui balayait les feuilles mortes des marronniers avait dispersé tous les groupes. Aux pieds des reines de France, les chaises ne trouvaient plus d'amateurs. La chaisière n'avait plus à se gendarmer pour obtenir ses deux sous.
Plus de vingt non-lieux mirent hors de cause les moins imprudents des clients racolés par Mousset, Lancelot, Torlet, Berthelon et compagnie. Lucien Nicole, le seul des inculpés dont je puisse dire que j'étais l'ami, s'en tira moins facilement. Il avait donné rendez-vous à son fournisseur habituel dans la cathédrale de Rouen et tenté de refiler une pièce fausse au sacristain. Le cierge qu'il avait eu l'idée de faire brûler à la Sainte Vierge ne fut pourtant pas perdu. La Cour d'Assises l'acquitta.
L'affaire des faux monnayeurs porta à la bohème de la rive gauche un coup dont elle ne se releva pas. Une époque s'achevait, celle de l'anarchie, de l'antipatriotisme, de l'antimilitarisme, du dreyfusisme. Un air nouveau, soufflé de L'Action Française et des Cahiers de la Quinzaine, commençait à transformer complètement le climat intellectuel de la jeunesse. »

(André Billy, La Terrasse du Luxembourg,
coll. C'était hier, Librairie Arthème Fayard, 1945, pp. 235-237)

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* Notons un tout autre qualificatif sous la plume du même André Billy dans un compte-rendu de L’Œuvre du 16 février 1926 :
« Les Faux-Monnayeurs non plus n'ont pas leur pareil, mais que dire pour les faire aimer ? C'est un livre haïssable, sur lequel je me garderai d'insister, reculant devant la difficulté qu'il y aurait à vouloir, dans un journal comme celui ci, rendre tous les aspects, indiquer toutes les pentes d'une œuvre si désagréablement immorale. Nous ne nous ferons pas, n'est ce pas, plus vertueux que nous ne sommes. Nous ne dénierons pas au vice ses attraits, mais nous mettrons nettement à part le vice pour lequel M. André Gide fait dans ses Faux-Monnayeurs une sorte d'apologie en action. Tel que nous le dépeint M. Gide, ce vice là relève beaucoup plus de la correctionnelle que de la littérature.

Aussi bien trouve-t-on dans Les Faux-Monnayeurs quelques tableaux de mœurs assez bien faits, un ou deux types curieux et des idées esthétiques discutables mais intéressantes à débattre en petit comité, vers une heure du matin dans la fumée des pipes. Je ne mettrai pas à la charge de M. Gide les fautes de français qu'on relève dans son roman, puisqu'il n'en a pas, m'assure t on, corrigé les épreuves. »

mardi 4 décembre 2012

Rendez-vous en décembre



Jusqu'au 30 décembre le Musée Georges Borias à Uzès accueille une exposition de la biennale SUDestampe sur le thème des voyages d'André Gide.  

Jeudi 6 décembre à 16h,  le conservateur Brigitte Chimier propose d'aller plus loin à la découverte de ces voyages en extirpant de l'une des malles du Voyage au Congo des objets qui ont appartenu à Gide lui-même. Entrée: 1,50€, plus d'informations sur le blog du musée.




Vendredi 7 et samedi 8 décembre, le Séminaire Pasquali, qui se tient cette année à Pont-du-Château dans le Puy-de-Dôme, se penche sur Corydon. Le principe : réunir durant deux jours un groupe de chercheurs autour d'une oeuvre représentative de la littérature française du XVIe au XXe siècle. Quatre ou cinq spécialistes de réputation internationale présentent une communication d'une heure, suivie d'une discussion :

7 décembre :
10h - Patrick Pollard : « Corydon : rhétorique et historique »
15h - Pierre Masson : « Corydon, oeuvre littéraire, œuvre gidienne »

8 décembre  :
9h - Jean Bollack : « Littérature et science. Le traité du Corydon » 
14h - Frank Lestringant : « Corydon et son double »



Samedi 8 décembre le Centre d’études et de recherches interdisciplinaires de l’UFR LAC (Lettres, arts, cinéma), équipe Littérature au présent, de l'Université Paris-Diderot organise une journée d'agrégation consacrée aux Faux-monnayeurs de Gide. Au programme :

9h30 : Jean-Michel Wittmann (Université de Lorraine) : «La lutte pour la vie dans l’espace romanesque»
10h : Frédérique Toudoire-Surlapierre (Université de Haute-Alsace) : «Les bons comptes font les bons...»
11h : Alain Schaffner (Université Sorbonne nouvelle-Paris III) : «Le romanesque dans Les Faux-Monnayeurs»
11h30 : Peter Schnyder (Université de Haute-Alsace) : «‘‘Vous pouvez tout raconter, mais à condition de ne jamais dire) : Je.” Gide critique de Proust»

14h : Anne-Sophie Angelo (Université Paris-Diderot) : «Édouard, ou comment donner forme à une réflexion sur le roman»
14h30 : Pierre Masson (Université de Nantes) : «Seuils et frontières dans Les Faux Monnayeurs»
15h30 : Eric Marty (Université Paris-Diderot), «Livre écrit, livre volé, livre différé : perversion et sublimation dans Les Faux Monnayeurs»
16h : Claude Coste (Université Stendhal-Grenoble III), «L’art de la fugue»




Jusqu'au 16 décembre le Musée des Beaux-Arts de Gand met trois de ses collections à l'honneur au travers de l'exposition 3x collection, parmi lesquelles l'ensemble de Théo Van Rysselberghe. Un hommage au peintre né à Gand il y a 150 ans et dont le musée possède un grand nombre de peintures, dessins, œuvres graphiques et livres, regroupés pour la première fois dans une présentation.

Plus d'informations sur le site du Musée des Beaux-Arts de Gand.



Et pour rappel : l'exposition "Du côté de Jacques-Emile Blanche. Un salon à la Belle Epoque" se poursuit jusqu'au 27 janvier 2013 la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent, et l'exposition "Intelligentsia, entre France et Russie, archives inédites du XXe siècle" jusqu'au 11 janvier 2013 à l'École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris.

lundi 26 novembre 2012

Actualité des parutions



Cet automne aura été riche en publications, avec pour commencer le Cahier III bis de Maria Van Rysselberghe (Cahiers de la NRF, Gallimard, 2012), que nous avons déjà évoqué ici. Le livre connaît un accueil très enthousiaste comme le montrent un récent article de Stéphane Guégan et de nombreuses réactions du côté des blogs littéraires comme dans les Carnets d'Automne.









L'occasion de noter ici que la parution en septembre dernier de la traduction en espagnol d'Il y a quarante ans, autre livre de souvenirs de la Petite Dame, avait connu une très belle réception critique en Espagne. Hace cuarenta años, traduit par Regina López, avec une postface de Natalia Zarco est paru aux éditions Errata naturae. L'occasion aussi d'encourager Espace Nord à réimprimer ce volume depuis trop longtemps indisponible en France.




L'inscription des Faux-Monnayeurs à l'agrégation de lettres 2012-2013 continue aussi à alimenter l'actualité éditoriale. Citons tout d'abord celui qui réunit sous le joli titre gidien et impertinent Tant pis pour le lecteur paresseux les études de Anne-Sophie Angelo, Alain Goulet, Thomas Verjans et Victor-Arthur Piégay, sous la direction de ce dernier, aux éditions Le Murmure.

Présentation de l'éditeur :
Ce volume regroupe trois lectures inédites des Faux-Monnayeurs d’André Gide – deux études littéraires et une étude grammaticale – précédées d’une introduction proposant un bilan de plusieurs décennies de critique du texte, à destination des agrégatifs de lettres, mais aussi de tout lecteur curieux et désireux d’enrichir sa connaissance du seul et unique roman de l’auteur de Paludes et des Caves du Vatican.





Dans la collection "Clé Concours" de l'éditeur Atlande, diffusé par Belin, Aliocha Wald Lasowski, enseignante à l’université catholique de Lille, à l’ENS, à Sciences-Po et à l’université Charles-de-Gaulle, et Joël July, professeur agrégé à l’université d’Aix-Marseille, co-signent un Gide Les Faux-Monnayeurs compilant un commentaire de l'oeuvre, une étude grammaticale et stylistique, un aperçu de l'état actuel des études sur Gide ainsi qu'une bibliographie.





Nouveau venu dans les études gidiennes, Frank Lestringant, auteur de la biographie Gide l'inquiéteur dont le deuxième tome vient de paraître chez Flammarion, ajoute sa voix à ce concert d'analyses. Aux Presses Universitaires de Rennes, il propose des Lectures des Faux-Monnayeurs autour de trois thèmes principaux: Un « premier roman », Le roman et le réel, Une poétique du roman.

Présentation de l'éditeur :
Quel est le statut des Faux-Monnayeurs ? Où situer leur esthétique ? Ce manuel propose de dessiner des lignes de partage dans l’enchevêtrement romanesque en analysant plusieurs aspects du texte : sa dimension autobiographique, religieuse, littéraire, morale ; sa dynamique d’enquête policière, son rapport à la musique et à la justice, ses intertextes. Le style de Gide et la manière dont il « travaille » et il déconstruit ses personnages et son intrigue sont ainsi étudiés.




Le douzième volume de Styles, genres, auteurs, collection consacrée aux auteurs du programme des agrégations de lettres, s'intéresse lui aussi aux Faux-Monnayeurs au travers de deux articles : "Sotie, ratage et réinvention du roman dans Les Faux-Monnayeurs d’André Gide" par François Bompaire, et "L’ambiguïté narrative dans Les Faux-Monnayeurs: dénégations romanesques et construction téléologique" de Françoise Rullier-Theuret.




Pour rappel : un billet spécial agrégation compile les publications et les liens utiles autour des Faux-Monnayeurs.


Ann Jefferson, professeur de littérature française à l’université d’Oxford, auteur de plusieurs ouvrages portant sur la littérature française, depuis Stendhal jusqu’à Nathalie Sarraute dont elle a édité plusieurs textes pour l’édition des Œuvres complètes dans la Bibliothèque de la Pléiade, signe aux Presses Universitaires de France une étude très complète du genre biographique. Un chapitre entier de son Défi biographique est consacré à Gide et à Si le grain ne meurt.

Présentation de l'éditeur :
Il est d’usage que la biographie escorte la littérature, ne serait-ce que par le récit des vies d’écrivains. Mais l’idée qu’elle pourrait agir sur la conception même du littéraire a sans doute de quoi surprendre. Et pourtant, depuis qu’au XVIIIe siècle sont apparues et la notion moderne de « littérature » et le mot même de « biographie », leur relation a été on ne peut plus étroite : la pratique biographique a sans cesse remis en question, infléchi et transformé les façons d’envisager la littérature. Sous ses formes multiples, des « vitae » aux dictionnaires biographiques, de l’histoire littéraire à la presse, de la critique aux vies romancées, de l’autobiographie aux innovations d’aujourd’hui, la biographie est intervenue au cœur de tous les débats littéraires. Héritière de la tradition antique et médiévale de l’exemplarité, elle a redoublé l’incessant « qu’est-ce que la littérature ? », en lançant à celle-ci le défi permanent pour contester et réinventer ce qui la fonde et la justifie.
Ce livre propose l’histoire de cette relation complexe par l’analyse des textes où la conjonction de ces usages d’écriture est particulièrement intense, de l’autobiographie de Rousseau aux « vies » de Pierre Michon, de la biographie inscrite en poésie chez Hugo et Baudelaire à l’écriture de soi chez Roubaud.