samedi 25 octobre 2014

Gide, de Mallarmé à Artaud

Le 22 novembre 1969, le supplément littéraire du Monde consacrait sa double page centrale au centenaire de la naissance de Gide. Parmi les auteurs des articles donnés à cette occasion, on trouvait Claude Martin, Pierre de Boisdeffre ou encore Henri Thomas. Ce dernier livrait alors un beau témoignage de l'attention de Gide, mêlant alors Gide, Mallarmé et Artaud.


« De Mallarmé et Artaud, 
plus proche qu’il ne semble

On associe de préférence Mallarmé et Valéry. Cependant, Gide fut, lui aussi, l'un des habitués de la rue de Rome. Je ne sais s'il a écrit, en tout cas il m'a raconté, vers 1941, qu'il avait remis à Mallarmé le manuscrit de son premier récit, Le Voyage d'Urien. Entre autres curieux épisodes, on trouve dans ce livre une chasse aux eiders le long des falaises du Spitzberg. Mallarmé, en lui rendant le manuscrit, lui demanda s'il avait fait un voyage dans les régions polaires. Non, l'auteur avait peu voyagé. « J'avais peur », dit Mallarmé.

Ecoutant cela, par un hiver des temps modernes, il m'a semblé tout à coup que Mallarmé n'était pas si lointain. Je crois qu'il était très présent à la pensée de Gide, d'une manière secrète, comme une idée qu'il ne lui parût pas souhaitable ni possible de communiquer. D'ailleurs, Paul Valéry ne s'était-il pas chargé de parler de Mallarmé, au grand émerveillement de Gide ? Au demeurant, Un coup de dés était une œuvre devant laquelle Gide se sentait tenu au silence.

Je n'en suis pas moins persuadé que Gide est demeuré jusqu'à la fin étonné par l'exemple mallarméen, dont la valeur, je dirais plutôt l'éthique, lui apparaissait d'autant plus précieuse qu'elle se trouvait contredite, niée par un nouvel état de la littérature auquel il était d'autre part très attentif. Si j'en parle avec cette assurance, c'est à cause d'un souvenir, encore. Je venais alors de traduire, sous le titre du Grand Escroc, le dernier roman de Melville, et j'en avais reçu les épreuves. Gide, qui s'ennuyait d'être malade, eut la curiosité de les lire. D'abord, il découvrit des erreurs portant sur des noms de plantes que je n'avais jamais vues, mais ce qui le fâcha le plus, ce fut un détail : je ne numérotais pas les placards des épreuves, on ne s'y retrouvait plus. C'est alors qu'il me dit, avec lassitude : « Cela m'est resté de Mallarmé... Le respect du livre, le souci de la mise en pages... une religion pour Mallarmé, mais vous autres... »

Or ce serait trop peu dire que j'admirais Mallarmé. Gide, bien sûr... mais Mallarmé, c'était autre chose : l'éclair dans les sales ténèbres de l'adolescence. Le splendide génie éternel n'a pas d'ombre... En de tels vers j'avais foi, ils m'enlevaient à moi-même. Mais cette mélancolie de Gide au souvenir de la conscience professionnelle, en somme, du maître, me laissait indifférent. Le métier d'homme de lettres ne m'intéressait pas plus que celui de professeur que je m'appliquais alors à refuser. Dès lors, quoi ? Le hasard, la vie à titre d'expédient, n'importe quoi, et cet absolu : écrire. Cette exigence, je ne l'évoque que pour expliquer, non justifier, l'impression de malentendu, de maldonne, qui me lestait de chaque rencontre avec Gide. Je me sentais appartenir à un monde où il n'était pas possible d'écrire sans passer outre à l'écriture, afin de l'inventer en retour, à partir du gouffre.

Et pourtant !...

Comment ne pas songer, ici, à cette première rencontre, en 1946, entre Gide et Artaud, après quinze années qui avaient fait d'Artaud, encore jeune, une sorte de vagabond spectral... Quelques jours après la sortie d'Artaud de l'asile de Rodez et son retour à Paris je me promenais avec lui dans le quartier Saint-Germain. Il faut dire qu'une promenade avec Artaud, à ce moment-là, était quelque chose d'étrange. Il errait à la recherche de très anciens amis, les uns morts, d'autres imaginaires, certains bien présents mais n'ouvrant pas leur porte. Tel ne fut pas le cas de Gide. A son coup de téléphone d'un café, il répondit immédiatement : « Venez ! »

Artaud portait le costume qu'on lui avait octroyé à l'asile de Rodez pour son départ ; le manteau surtout était pitoyable, noir et reprisé de fil blanc. Mais lui, qui était sombre et taciturne dans la rue, s'est animé d'une joie surprenante, en présence de Gide. Ce n'était plus le revenant de l'asile, mais un voyageur remonté des enfers avec un formidable trophée. A la fin il a dit un très singulier poème, d'une voix éclatante. Gide était bouleversé, il pleurait. « Mon petit Artaud, dit-il, mon petit Artaud, toutes ces épreuves t'auront enrichi... »
A voir l'état dans lequel se trouvait l'homme de Rodez et du Mexique, le mot peut sembler mal choisi. Mais l'important pour Artaud, l'essentiel, c'était bien l'émotion de Gide, ces larmes, cette accolade avant de le quitter. Dans l'ascenseur, en descendant, Artaud murmurait : « Ça ne commence pas trop mal. »

Qui d'autre, parmi les grands bourgeois des lettres alors illustres aurait ainsi accueilli Artaud patibulaire ? Artaud le Momo ? Et ne ne vois pas là l'effet de quelque émotion charitable. »

Henri Thomas, Le Monde,
22 novembre 1968

vendredi 24 octobre 2014

Cahiers Francis Jammes 2-3


Cahiers Francis Jammes 2-3


Après un premier numéro paru en 2012, une nouvelle livraison des Cahiers Francis Jammes vient d'être effectuée par l'Association Francis Jammes. Un numéro double 2 et 3 qui compense largement l'absence de parution l'an dernier. Un numéro double dans lequel Gide est doublement présent...

C'est d'ailleurs un spécialiste de Gide (et de Régnier), et le secrétaire de l'AAAG, Pierre Lachasse qui ouvre ce volume avec un article sur le concert désaccordé des Flûtes alternées de Francis Jammes et Henri de Régnier. Puis Vincent Gogibu livre la seconde partie de ses commentaires sur Jammes, Gide et la NRF, déjà caducs dans l'attente de la parution imminente de la correspondance de Jammes-Gide enrichie et corrigée par Pierre Lachasse et Pierre Masson. Enfin c'est Jean-François Sené qui évoque Jammes et Léautaud (mais semble faire l'impasse sur l'apport de Mallet dans Une mort ambiguë, s'en tenant aux entretiens radiophoniques). Signalons aussi la section consacrée à Benjamin Fondane, reprenant notamment deux textes de ce dernier sur l'art poétique de Jammes.

Sommaire de ce numéro :

Nicholas Newman : Introduction
Mikaël Lugan : Avant-Propos
Pierre Lachasse : Les flûtes alternées de Francis Jammes et d'Henri de Régnier
Vincent Gogibu : Francis Jammes, André Gide & la NRF (seconde partie)
Jean-François Sené : Paul Léautaud et Francis Jammes : de l'admiration à la mésentente
Denise Gellini : André Lafon et Francis Jammes
Brigitte Benoist, Florence Delay, Marie-Claire Dumas : Un cas de surréalisme : une rencontre imprévue entre Francis Jammes, Robert Desnos et Jean Delay
Jacques Le Gall : Francis Jammes en quête de paradis : Le Roman du Lièvre et Pipe, chien
Daniel Cunin : Un Hollandais chez Francis Jammes
A Orthez chez Francis Jammes
Daniel Cunin : Appendice. Quelques documents sur Jammes & les Flamands
Agnès Lhermitte : Benjamin Fondane lecteur de Francis Jammes
Benjamin Fondane : Une visite chez Francis Jammes
Benjamin Fondane : Francis Jammes
Grégory Haleux : Le Cygne et le Hérisson (pour introduire les lettres de Fagus à Jammes)
Fagus : Lettres à Francis Jammes, correspondance
Fagus : Francis Jammes, poème
Fagus : Articles sur Francis Jammes
Michel Suffran : A la rencontre de Francis Jammes (scénario et dialogues pour un film vidéo)
Florian-Parmentier : Francis Jammes (poème retrouvé)
Mikaël Lugan : Claudel vote Francis Jammes
Mikaël Lugan : Un exemplaire exceptionnel des Géorgiques chrétiennes
Index

Cahier Jean Malaquais numéro 4


La Société Jean Malaquais vient de faire paraître le quatrième numéro de son cahier annuel. Un numéro entièrement consacré aux « Lettres d'Amérique » envoyées par l'auteur des Javanais et de Planète sans visa. Dans sa préface, Geneviève Nakach, présidente de la Société Jean Malaquais, rappelle ce parcours américain :

« Les lettres inédites de Jean Malaquais que Pierre Masson* a sélectionnées pour ce Cahier courent du 17 juin 1943 au 10 juin 1949. Pendant ces années dominées par les bouleversements de l'Histoire avec sa grande Hache, Malaquais fut ballotté d'un pays à l'autre. Il s'en fallut de peu pour que cet apatride, juif et marxiste n'allât « fertiliser les sillons du troisième Reich », comme il l'écrivit lui-même dans le Journal du métèque. Traqué comme des milliers d'autres en attente de visas salvateurs, il parvint à fuir l'Europe, grâce à Gide, grâce au consul Gilberto Bôsquez qui lui fournit les visas de transit vénézuéliens et grâce à l'intervention providentielle d'un nommé Sorret qu'il avait connu au régiment. Le 26 septembre 1942, avec sa compagne Galy, il finit par rejoindre le Venezuela où il séjourna quelques mois avant de débarquer au Mexique le 9 mars 1943. »

De mars 43 à décembre 45, Malaquais séjourne principalement à Mexico. Ils quittent ensuite le Mexique pour s'installer aux Etats-Unis ce même mois de décembre 1945, grâce à un passeport Nansen**. « Les lettres que nous publions n'évoquent pas seulement les diverses contributions de Jean Malaquais aux revues d'Amérique du sud. Elles permettent de se faire une idée assez précise des projets littéraires de notre auteur et de son activité dense et protéiforme. C'est: en effet à cette période qu'il achève la rédaction d' « un roman sur la France sous la botte allemande » : il s'agit, on l'aura deviné, de Planète sans visa, grâce auquel il comptait « retrouver au plus tôt le lecteur de France » dont il s'était éloigné bien malgré lui depuis la guerre et depuis la publication des Javanais en 1939 consacré prix Renaudot la même année. », ajoute Geneviève Nakach.

Et il est bien entendu question de Gide : « Enfin et surtout, c'est à ce moment-là qu'il prit la plume pour défendre son ami André Gide. Ce dernier déclarait dans une lettre dont Malaquais recopia ces lignes pour Schiffrin: « Mes Pages de Journal parues dans L'Arche ont été l'objet de furieuses attaques communistes. A l'Assemblée Consultative, un député du parti a même demandé mon emprisonnement et ma mort, car, disait-il, j'avais "insulté le paysan français", tout comme hier, j'avais "insulté" le peuple russe. La liberté, sinon de pensée, du moins d'expression, est compromise pour longtemps ». Malaquais décida de répondre aux censeurs du Parti Communiste au premier rang desquels trônait Aragon. Il composa le pamphlet cinglant au titre tranchant Louis Aragon, ou le Patriote Professionnel*** qu'il traduisit d'abord en anglais pour une publication dans la revue américaine Politics. »


Cahier Jean Malaquais, n°4, septembre 2014


______________________

* Pierre Masson, président des Amis d'André Gide, est également vice-président de la Société Jean Malaquais. Avec Geneviève Nakach, il a préfacé et annoté la Correspondance Gide-Malaquais (Phébus, 2000)
** Certificat d'identité et de voyage imaginé par Fridtjof Nansen, premier haut-commissaire pour les réfugiés de la Société des Nations, pour les réfugiés apatrides. Nabokov l'évoque dans son autobiographie : « La Société des Nations munissait les émigrés qui avaient perdu leur citoyenneté russe d'un passeport dit Nansen, document très accessoire, d'une nuance vert livide. Son titulaire était à peine mieux qu'un criminel libéré sur parole et devait passer par d'odieuses épreuves chaque fois qu'il voulait voyager d'un pays dans l'autre, et plus les pays étaient petits, plus ils étaient tatillons. » (Vladimir Nabokov, Autres rivages)
*** Voir ici le texte de ce pamphlet dans lequel Malaquais prend la défense de Gide contre Aragon le "petit salaud", la "précieuse canaille", le "prétendu « poète » (pauvre poésie !)" et ajoute : "cet homme mérite le crachat de tout honnête citoyen". 

samedi 18 octobre 2014

Rions (encore) un peu


Après la Manif pour tous citant Gide pour recruter de nouveaux adeptes, c'est au tour de Christine Boutin d'en appeler à Gide et de déclencher un grand éclat de rire sur Twitter.






jeudi 16 octobre 2014

Gide en Corse en 1930


« Arrivé à Marseille hier soir. je m'embarque à trois heures pour Bastia ; où l'on arrive le lendemain à l'aube ; d'où je pense gagner Calvi le jour même. » Après des jours difficiles auprès de Jean-Paul Allégret, atteint de tuberculose, et qui mourra deux mois plus tard, jours passés sous la pluie à Arcachon, Gide prend la tangente. Direction la Corse comme il le note le 20 août 1930 dans son Journal.

Gide a déjà séjourné en Corse en 23 avec Elisabeth Van Rysselberghe et André Allégret. Il en garde le souvenir de « courses » dans la montagne. Cette fois, c'est autant le ciel pur (« De ma vie je n'ai vu ciel plus pur, soleil plus splendid. », Journal, 28 août 1930) que l'ambiance italienne, façon Ravello, qui règne alors dans l'île, qui l'épuise : « L'atmosphère invite aux voluptés sommaires, aux jeux, aux stupres, et reste parfaitement impropre à la méditation. » (Ibid, 22 août 1930)

Gide se laisse « entraîner par d'inconnus amis ». Parmi eux, toutefois, Berger, qu'il avait rencontré à Berlin un peu plus tôt cette année-là. Plus loin, pour se remettre d'un malaise dû à une « accablante chaleur », on voit Billy Balzac qui évente Gide « avec une serviette à la manière des soigneurs de rings. » L'allusion à la boxe, dont Gide aime le spectacle, n'a rien d'innocent puisque Billy Balzac est un boxeur, qui combat aussi parfois sous le nom d'Ercole Balzac. Gide y rencontrera aussi Sam Quinchon, dont Jouhandeau signale la mort dans ses Journaliers, et qui fait aussi une apparition furtive dans les Carnets inédits de Henri Thomas.

Une photographie de Gide, Billy Balzac et Sam Quinchon cet été là en Corse avait été signalée par un BAAG dans une vente d'octobre 1992, photographie portant la mention «  Interview de Gide avec l'âne après un déjeuner à St Florent. Corse. Août 1930 » ainsi que la date du lundi 9 juin 1952 et la signature de Quinchon. C'est cette photographie, acocmpagnée d'une autre montrant les trois mêmes, qui refait surface dans une vente de Vermot et Associés le 17 octobre prochain, accompagnée d'un autre cliché montrant Gide en compagnie de Balzac et Quinchon.





Lot 304
[ GIDE André ]. Ensemble de 2 photographies représentant André Gide en 1930

13 x 8 cm. Tirages d’époque, photographe non identifié. Inscriptions manuscrites au dos des tirages : Saint-Florent, Corse, Août 1930. André Gide, Billy Balzac, Sam Quinchon, l’âne. Pour Marcel Castay, affectueusement Sam 30-4-51.

Estimation : 100 € / 120 €

Si le grain... et Corydon en édition hors commerce



Spécialiste américain des auteurs et des ouvrages traitant de l'homosexualité, Elysium Press propose à la vente des rares éditions hors commerce de Si le grain de ne meurt et Corydon. A des prix qui atteignent des sommets...

GIDE, André 
Si le Grain ne Meurt

Paris [L'Imprimerie Sainte-Catherine, Bruges] (1920-1921). 2 volumes. 8vo., 220pp.; 166pp. The first, privately issued edition of Gide's influential confessional memoir, issued four years prior to the first published edition, limited to twelve copies. Cyril Connolly, who included the book on his list of the 100 key books of the modern movement wrote that "Gide's autobiography is a work of art or rather the true portrait of the artist as a young man, for his horizon was much larger than Joyce's and he writes with an electric excitement". This first printing includes explicit passages suppressed in both the first published edition (1924) and the first English-language edition (New York, 1935) and was extremely controversial for its description of his sexual encounters with boys in North Africa. Considered one of his greatest works (certainly his most personal and revealing), the memoir recounts Gide's sexual awakening while on a journey to Algeria in 1893-94, where he met Oscar Wilde and Lord Alfred Douglas, who shocked him with their boldness. In Tunisia he lost his virginity at the age of twenty-three to Athman, a fourteen-year-old Arab boy, and came to accept his own homosexuality. Henceforth his published works invoked the never resolved tensions between a strict artistic discipline, a puritanical moralism, and the desire for unlimited sensual indulgence and abandonment to life. The memoir covers the first twenty-six years of his life Gide was awarded the Nobel Prize for literature in 1947, the first openly gay man to have received the award. In the presentation speech offered at the award ceremony, the Swedish Academy stated "The significance of these memoirs thus is indicated in the mysterious Biblical quotation of the grain of wheat which here represents the personality: as long as the latter is sentient, deliberate, and egocentric, it dwells alone and without germinating power; it is only at the price of its death and its transmutation that it will acquire life and be able to bear fruit." Si le Grain ne Meurt was placed on the Catholic Church's list of prohibited books in 1952, the year after Gide's death. A lovely example bound in full green crushed violet morocco by Martin, raised dentelles, gilt decorations, all edges gilt, each volume is housed in a chemise and slipcased. The first volume (this example is #12) was issued in an edition of twelve copies and the second volume (#7) was issued in an edition of thirteen copies. Very small chip to the head of one chemise, spine of chemise lightly browned, otherwise fine, original wrappers present. Light wear to marbled boards of slipcase. Provenance Raoul Simonson, with his bookplate laid into the book. Laid into the book is a 1pp. ALS from Gide to Donald Allen, dated 1947. A beautiful example of an important twentieth century document.

Price: $30,000.00


GIDE, André
C.R.D.N. (Corydon)

[Bruges: The St. Catherine Press Ltd.] [1911] (187 x 120 mm). 8vo.

Item #7203

Considered by Gide to be the most important of his books, this slim, exquisitely crafted volume consists of four dialogues* on the subject of homosexuality and its place in society. Gide began to write the work after the notorious Eulenberg scandal erupted in Germany, which drew public attention- and much ridicule- to the subject of homosexuality. (The affair also seems to have been one of the precipitating reasons that Proust began his own epic.) See Eribon, Insult and the Making of the Gay Self @148-151. Corydon was published anonymously in an edition of only twelve copies which were consigned to a locked drawer for a number of years. Gide's reticence to publish the book commercially (or to publicly acknowledge his own authorship) was largely based upon the anticipated reaction of his wife Madeleine (See, Sheridan, Andre Gide: A Life in the Present @373-75). He eventually released a revised version, again anonymously, in 1920, consisting of 21 copies distributed to friends, but a commercial edition with his name attached "came out of its cage" only in 1924. The book created a controversy in some circles, but was generally praised by the Parisian intelligentsia. It has remained in print in numerous editions and translations since that time. The book is organized as a series of dialogues using a variety of arguments to argue that homosexuality is natural and that it pervaded the most culturally and artistically advanced civilizations. Gide uses this evidence to insist that homosexuality is more fundamental and natural than heterosexuality, which he believes is merely a union constructed by society. Corydon is one of the foundational books in the study of twentieth century homosexuality and is crucial in understanding how perceptions have changed so dramatically over the course of the last century. Gide remained proud of the book and declared that it was "de plus grand utilté, de plus grand service pour le progré de l'humanité." Bound in a lovely signed full morocco binding by Jansen, raised bands, gilt edge, original wrappers bound in. One of only 12 numbered copies printed on Vergé de Hollande van Gelder. A near mint copy. Talvart 27A, L'hermitte 273.

Price: $28,000.00


* Dans cette édition hors commerce, Corydon ne comporte encore que deux dialogues et demi, comme le souligne Claude Courouve dans les échanges récents du groupe e-gide de Facebook. Voir aussi son article Les vicissitudes de Corydon.

samedi 4 octobre 2014

Rendez-vous au Salon de la Revue






L'Association des Amis d'André Gide vous donne rendez-vous samedi 11 octobre de 10h à 20h et dimanche 12 octobre de 10h à 19h30 au 24e Salon de la Revue, Espace d'animation des Blancs Manteaux, 48, rue Vieille du Temple à Paris, où elle partagera un stand avec la Société Jean Malaquais. Vous pourrez y rencontrer des membres de l'association, découvrir les derniers Bulletins et Cahiers ou encore les projets en cours. Et bien sûr adhérer à l'association !

Découvrez la longue liste des associations, éditeurs et revues présents au salon sur le site d'Ent'Revues.

Téléchargez aussi le programme en pdf des tables rondes et rencontres prévues tout au long du week-end.

BAAG 183/184




Le Bulletin des Amis d'André Gide n° 183/184 vient de paraître et il est consacré au centenaire de la publication des Caves du Vatican.

Au sommaire :

- Alain GOULET : Imaginer, échafauder et construire Les Caves du Vatican
- Dossier photographique
- Christine LATROUITTE-ARMSTRONG : La chute de Fleurissoire dans le monde carnavalesque des nourritures terrestres
- John LAMBETH : Crimes, criminels et victimes dans Les Caves du Vatican
- Stéphanie BERTRAND : Les aphorismes des Caves du Vatican
- Jean-Michel WITTMANN : La sotie ou l’inversion généralisée
- David STEEL: Gravitation, relativité, théorie des quanta et le Big Bang. Le cas des Caves du Vatican.

- Jef LAST : Mon ami André Gide (suite)
- Philippe LOISEL : À propos du Docteur Boucher
- Carnet critique
- Chronique bibliographique
- Varia




L'envoi de ce BAAG est accompagné du premier volume d'une nouvelle série réalisée par Jean-Pierre Prévost consacrée aux Rencontres de Gide avec ses contemporains. En l’occurrence André Gide - Saint John Perse. Une rencontre insolite 1902-1914 (juin 2014, Editions Orizons). Ou le récit, richement illustré comme Jean-Pierre Prévost sait si bien le faire, d'échanges et de rencontres mêlés d'appréciation mutuelle et parfois d'agacement entre deux écrivains qui n'avaient a priori rien en commun...

Ce volume, envoyé en supplément gracieux à tous les Amis d'André Gide, ne remplace bien évidemment pas le cahier annuel, constitué cette année par le tome 1 de la Correspondance Gide-Jammes, revue et enrichie par Pierre Lachasse et Pierre Masson. Un premier volume qui paraîtra courant novembre, le second étant prévu l'an prochain à la même époque.

vendredi 26 septembre 2014

Vente aux enchères


A la vente d'Editions Originales des XIXème et XXème siècles le 16 Octobre 2014 à 14h par Alde :







Lot 204
GIDE (André).

La Symphonie pastorale. Paris, NRF, 1919. In-8, maroquin bleu nuit janséniste, tranches dorées, doublures de même maroquin, gardes de moire bleu foncé, couverture et dos, étui bordé (P.-L. Martin).

Véritable édition originale avec l'achevé d'imprimer en date du 15 décembre 1919, le titre, la couverture blanche et le dos datés à la date de 1919, imprimés sur vélin Lafuma.
Une note manuscrite d'André Gide portée sur l'exemplaire Voûte (1938, n°358) précise que ce « premier tirage a été presque entièrement détruit moins douze exemplaires... » (lesquels ne sont pas numérotés).

Celui-ci est paraphé et justifié hors commerce à la main, et l'on y a joint le feuillet d'errata.
Parfait exemplaire en élégante reliure doublée de Pierre-Lucien Martin.
De la bibliothèque Hubert Goldet (2000, n°68). Dos de la couverture légèrement insolé.


Estimation 2000€ - 3000€

Lot 205
GIDE (André).
Les Faux-Monnayeurs. Paris, Gallimard, 1925. In-4, demi-maroquin bleu-vert avec coins, tête dorée, non rogné, couverture et dos (Reliure de l'époque).

Édition originale.
Un des 121 exemplaires de tête réimposés au format in-4 sur Lafuma-Navarre, celui-ci nominatif, imprimé pour le bibliophile Pierre Duché.
Infimes épidermures sur les coins et le dos, légèrement passé.

Estimation 400€ - 600€

Lot 206
GIDE (André).
Ensemble 6 ouvrages.

– Isabelle. Paris, NRF, 1911. In-12, broché. Édition originale de second tirage. Un des 500 exemplaires sur Arches.
– Les Nourritures terrestres. Paris, NRF, 1917. In-12, maroquin brun janséniste, filets dorés intérieurs, gardes de moire cerise, tranches dorées, couverture et dos, étui bordé (Maylander).
Un des 300 exemplaires sur Rives. Dos passé.
– Le Prométhée mal enchaîné. Paris, Gallimard, 1925. In-12, broché. Un des 500 exemplaires sur hollande. Dos abîmé.
– Thésée. Paris, Gallimard, 1946. In-12, maroquin brun janséniste, filets dorés intérieurs, gardes de moire cerise, tranches dorées, couverture et dos, étui bordé (Maylander).
Première édition française. Un des 300 exemplaires de tête sur hollande. Dos passé.
– L'Arbitraire. [Saint-Maurice d'Etelan], Pierre Bettencourt, 1949. In-12, broché. Un des 250 exemplaires sur Arches.

Estimation 400€ - 500€

Rions un peu...



... ou quand la Manif Pour Tous recrute en citant (d'ailleurs mal) André Gide :