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dimanche 12 janvier 2014

Gide en 2014


La Société des Etudes Rebatiennes fait le double pari « d'arracher la littérature au politique » et de s'adresser aux « authentiques amoureux de littérature » (malgré les inévitables récupérations par un révisionnisme plus actif et impuni que jamais). Dans le premier numéro de sa revue consacrée au roman Les Deux Etendards, un article de Pascal Ifri souligne les parallèle entre le Journal des Faux-monnayeurs et les Etudes sur la composition des Deux Etendards.

Etudes Rebatiennes, n°1, 


Lacan s'est dit être un poème, et pas un poète. Mais alors, ce poème qu'on est, de qui est-il ? D'où vient-il ? Du savoir de «lalangue». Il y a, dans «lalangue», cette détermination du sens par le son, propre à la fonction poétique à laquelle Roman Jakobson accorde le primat. Ceci impose à l'analyste, en particulier quand il interprète, une position poéthique, à laquelle le numéro 21 de la revue En-Je lacanien est consacré. Gide y est au coeur de deux articles : Gide, de la mystique à la lettre, de Luis Izcovich, et Un devoir de sincérité : Gide à la question, de Albert Nguyên.




Paru fin octobre dernier à la Table ronde, le volume Les Grandes heures de la collection de l'INA-Radio France rassemble les entretiens donnés à la radio par douze écrivains célèbres. La série d'entretiens donnés par Gide à Jean Amrouche n'y figure pas (recueillis dans André Gide, qui êtes-vous ?, Eric Marty, La Manufacture, Lyon, 1987) mais la figure de Gide traverse les échanges avec Aragon, Giono, Cendrars ou Simenon. Les paroles ne s'envolent pas toujours...




Côté conférences, signalons la présence de Frank Lestringant et Laurent Gagnebin le 10 mars prochain à la Faculté de Paris de l'Institut protestant de théologie (83, bd Arago 75014 Paris) sur le sujet « André Gide : hier et aujourd'hui ». Une conférence-débat qui aura lieu de 18h30 à 20h.




La photographie de Laure Albin-Guillot représentant Gide sous le masque de Leopardi illustre l'affiche du colloque « L’écrivain vu par la photographie. Formes, usages, enjeux (XIXe - XXIe siècles) » qui se tiendra en juin à Cerisy. Claire Paulhan proposera un accrochage et une présentation de photographies d'écrivains.

On le voit encore une fois, même si Gide ne figure pas parmi « les dix auteurs que l'on risque de commémorer en 2014 » selon le Nouvel'Obs et ce malgré le centenaire annoncé de la publication des Caves du Vatican (mais le Nouvel'Obs oublie aussi Claude Mauriac né en 1914 !) le « risque » est grand de voir Gide continuer à squatter l’actualité littéraire tout au long de l'année. Gide toujours contemporain. Toujours capital.

mercredi 21 septembre 2011

Gide, star de la rentrée littéraire



Frédéric Beigbeder aime Paludes. La chose est entendue, depuis le temps qu'il la répète : dans Dernier inventaire avant liquidation (Grasset, 2001), ou plus récemment dans L'Express dans cet article qui fait aujourd'hui figure de prélude à son dernier essai, Premier bilan après l'Apocalypse (Grasset, 2011). Dans un classement à rebours des cent livres qu'il préfère, il faut donc attendre les dernières pages pour trouver Gide qui se classe troisième, derrière Bret Easton Ellis et Paul Nizon. Un moderne populaire, un moderne underground et un classique qui tient un peu des deux. Un vrai choix de publicitaire, à cent lieues des commentaires sur Premier bilan après l'Apocalypse qui y voient un classement non consensuel... Mais enfin, si cela fait lire Gide, et surtout Paludes, qui s'en plaindra ? (A part Philippe Sollers...)





Curieusement, on retrouve encore Gide dans l'autre « livre dont on parle » de la rentrée littéraire : Du temps qu'on existait, de Marien Defalvard (Grasset). Déjà cet été, sur la plage, les magazines lubrifiaient les esprits pour préparer l'introduction de ce roman dans les meilleures ventes de la rentrée : « Un génie de 19 ans pour la rentrée ? » s'interrogeait le Nouvel'Obs en juillet. Précocité et mystère autour de la photo du candidat idéal pour émission littéraire. Même Le Monde des livres ne sait trop qu'en penser : « Marien Defalvard fait un premier roman saturé de références (à Gide, Nerval, Lampedusa, Proust, Péguy...) mais incroyablement singulier, aux trouvailles stylistiques éclatantes, même si elles frisent parfois la cuistrerie irritante. » C'est dire.





Parmi les documents retrouvés en Russie et rendus en septembre dernier aux services historiques du ministère de la défense français, des lettres échangées entre Léon Blum et André Gide ont permis d'enrichir la Correspondance entre les deux amis. En novembre dernier lors de l'assemblée générale de l'Association des Amis d'André Gide, Pierre Lachasse donnait quelques extraits de ces nouvelles lettres. La nouvelle édition de André Gide & Léon Blum. Correspondance (1890-1950) qui paraît aux P.U.L. s'enrichit donc d'une trentaine de lettres de plus que l'édition présentée en 2008.





Le texte de Lacan intitulé Jeunesse de Gide ou la lettre et le désir est paru en 1958 comme une critique des livres de Delay et de Schlumberger, avant d'être versé dans les Ecrits de Jacques Lacan. Un texte difficile reconnaît - et me rassure - Philippe Hellebois dans Lacan lecteur de Gide, livre qui vient de paraître aux éditions Michèle dans la collection Je est un autre, avec une préface de Jacques-Alain Miller. Signalons aussi cet article de Philippe Hellebois sur le même sujet et le texte de Lacan disponible sur le site de l'Ecole Lacanienne.





Nombreux sont les écrivains à avoir séjourné à Neuchâtel et dans sa région. Philippe Terrier, directeur de l'Institut de langue et civilisation françaises de l'Université de Neuchâtel en recense 84 dans Le Pays de Neuchâtel vu par les écrivains de l'extérieur, du milieu du XIXème à l'aube du XXIème siècle aux éditions Gilles Attinger : Andersen, Apollinaire, Amiel, Dürrenmatt, Gautier, Gracq, Haldas, Hesse, Ramuz, Rilke, Dard et bien sûr Gide figurent parmi ces visiteurs célèbres qui ont donné leur vision du Pays de Neuchâtel au travers d'une œuvre de fiction (roman, poésie, théâtre), d'un essai, d'une lettre ou d'un journal intime.


L'éditeur Hermann a entrepris de publier de nouveau sous le titre Cerisy Archives tous les colloques de Cerisy qui ont marqué l’histoire de la pensée. Il ouvre cette nouvelle collection par les actes du colloque qui s'est tenu en août 2010 au Centre Culturel International de Cerisy-La-Salle, réunis sous le titre De Pontigny à Cerisy : des lieux pour penser ensemble. 1990-201. Pierre Masson y évoque notamment l'amitié entre Gide et Desjardins au travers de leur correspondance.



Un mot des livres en préparation chez Gallimard : Gaston Gallimard - André Gide, Correspondance (1906-1951) dans la collection blanche est annoncé pour le mois d'octobre [sortie repoussée, voir les commentaires] , tout comme la correspondance Gallimard-Paulhan.Et dans la collection L'Imaginaire sortira également en octobre une nouvelle édition de La ligne de force de Pierre Herbart. Un extrait du Bulletin Gallimard n°489 consacré à la rentrée littéraire :

 
Il faut enfin signaler volume de la Pléiade consacré aux Liaisons dangereuses (Choderlos de Laclos, Les Liaisons dangereuses, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 2011, Paris 1040 p.) dans une nouvelle édition établie par Catriona Seth avec un lourd dossier sur la réception de l'œuvre. Presque cent ans avant Beigbeder, Gide devait choisir ses dix romans préférés. Il n'en trouva que neuf, dont un qu'il disait d'ailleurs n'avoir pas lu, mais plaça le roman de Laclos à la deuxième place, derrière La Chartreuse de Parme, comme le rappelle Catriona Seth.