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samedi 6 février 2016

Deux rendez-vous à Bordeaux


Si vous l'avez manquée à Aix-en-Provence, l'exposition réalisée par Jean-Pierre Prévost : Alain-Fournier - André Gide - Jacques Rivière : trois écrivains dans la guerre, est présentée par la librairie Mollat du 5 au 26 février 2016 au « 91 », rue Porte-Dijeaux à Bordeaux. 

L’exposition retrace les années de guerre et de captivité de Jacques Rivière, figure majeure de la littérature française du vingtième siècle et directeur de la Nouvelle Revue Française, celle de son beau-frère et ami Alain-Fournier, l’auteur du Grand Meaulnes, mort au front en 1914 et celle d’André Gide, qui l’a découvert et fidèlement soutenu. Gide a co-dirigé avec Edith Wharton pendant ces années le Foyer franco-belge, organisme officiel d’aide aux réfugiés. Saint-John Perse a été très lié avec Jacques Rivière et André Gide, il a seulement eu le temps de rencontrer Alain-Fournier.

L’exposition est composée de reproductions en grand format de photos d’époque, issues de collections privées, pour la plupart inédites. Elles sont accompagnées d’extraits des Carnets de guerre et de l’Allemand de Jacques Rivière, extraordinaire journal rédigé jour après jour pendant sa détention.


Présentation par Jean-Pierre Prévost :





La librairie Mollat de Bordeaux accueille également une table ronde organisée par le Centre Montaigne/TELEM (Université Bordeaux Montaigne), sur le thème : Le cabinet du biographe, Autour de Montaigne, Machiavel et Gide, mercredi 17 février 2016 à 18h.

Présentation : 


« Ecrire la vie reste un horizon inaccessible et pourtant il anime depuis toujours le désir de raconter et de comprendre », écrit François Dosse à l’ouverture de son ouvrage intitulé Le Pari biographique. Ecrire une vie (Editions de la découverte, 2005). Depuis les années 1980, la biographie connaît un véritable engouement sur le plan de la production aussi bien que de la réception en même temps qu’elle subit une radicale transformation en s’ouvrant à d’autres disciplines, comme l’histoire sociale et culturelle ou la psychanalyse. Genre hybride et complexe, en tension entre histoire et fiction, elle suscite divers questionnements. En amont, sur les motivations du biographe, ses intentions, la relation qu’il entretient avec son sujet, sur sa méthode, ses difficultés et ses choix. En aval, sur la réception de la biographie : que cherche en somme le lecteur ? Une meilleure connaissance de la vie, de l’œuvre et de la pensée du « biographé » ? Une expérience de l’altérité ou une « ré-assurance de soi » ?

Philippe Desan (Université de Chicago), Frank Lestringant (Université Paris-Sorbonne) et Sandro Landi (Université Bordeaux Montaigne) répondront à ces questions en nous faisant part de leur expérience de biographes.


 

dimanche 7 juin 2015

Exposition Gide - Rivière - Fournier


Du 19 juin au 7 novembre 2015, la Fondation Saint-John Perse à Aix-en-Provence accueille une exposition conçue et réalisée par Jean-Pierre Prévost :


1914-1918
 Jacques Rivière, André Gide, Alain-Fournier
Trois amis de Saint-John Perse


Présentation

L’exposition retrace les années de guerre et de captivité de Jacques Rivière, figure majeure de la littérature française du vingtième siècle et directeur de La Nouvelle Revue Française de 1919 à 1925.

Son œuvre et la vie sont indissociables, d’une part de celle de son beau-frère et ami Alain-Fournier, et d’autre part de celle d’André Gide. Saint-John Perse a publié des extraits de ses lettres à Rivière, à Alain-Fournier et à Gide dans le volume de ses Œuvres complètes.

Jacques Rivière, mobilisé le 1er août 1914 au 220ème régiment d’infanterie, fier et enthousiaste à l’idée d’aller défendre son pays, fut fait prisonnier par les Allemands dès le 24 août. Incarcéré au camp de Königsbrück en Saxe, puis dans le camp disciplinaire de Hülsberg, il vécut cette captivité dans une tension extrême, tant psychologique que spirituelle, nourrie par la séparation insupportable d’avec ses deux amours : Isabelle, la femme légitime, et Yvonne, la femme rêvée. Gravement malade après trois ans de détention, il sera transféré pour raisons sanitaires en Suisse grâce à l’intervention de la Croix-Rouge.

Un pan de l’exposition est consacré aux années de jeunesse et de formation bordelaise de Rivière, et à sa rencontre déterminante avec Gabriel Frizeau, viticulteur, collectionneur, mécène et galeriste, personnage atypique de l’activité culturelle à Bordeaux, qui lui permit d’entrer en contact avec les poètes Francis Jammes, Paul Claudel, Alexis Leger, futur Saint-John Perse, et le peintre André Lhote, avant d’être remarqué par André Gide.

Une partie de l’exposition évoque les bouleversements qui ont caractérisé les années d’après-guerre.

L’exposition est composée de reproductions en grand format de photos d’époque, issues de collections privées, pour la plupart inédites, accompagnées de brefs commentaires et d’extraits des souvenirs de Jacques Rivière (publiés en 1918) et du journal qu’il a tenu pendant sa détention en Allemagne et en Suisse.

Documentation

Alexis Leger, le futur Saint-John Perse, Jacques Rivière et Alain-Fournier appartiennent à la même génération. Gide Il a une vingtaine d’années de plus qu’eux.

En 1914, André Gide, 45 ans, vient de publier Les Caves du Vatican. Après un premier mouvement nationaliste, il développe une réflexion sur la complémentarité possible entre la France et l’Allemagne, vision d’avenir d’une Europe culturelle, qu’il défendra dès la fin de la guerre (Réflexions sur l’Allemagne, NRF, juin 1919). Pour s’affronter à la réalité, il co-dirige avec Edith Wharton, jusqu’à épuisement, Le Foyer franco-belge, un organisme officiel d’aide aux réfugiés sans ressources ni lieu d’accueil.

Dès 1897, il avait publié Les Nourritures terrestres, en 1902 L’Immoraliste et en 1909 La Porte étroite, son premier vrai succès littéraire. En 1908, avec d’autres, il avait lancé la Nouvelle Revue Française.

Jacques Rivière, 28, ans, est depuis 1911 le secrétaire de la Nouvelle Revue Française et bientôt l’adjoint du directeur Jacques Copeau. Ses premiers articles de critique littéraire ont été regroupés en 1912 dans le volume Etudes. Mobilisé en 1914 dans l’infanterie, il est fait prisonnier le 24 août dès les premiers combats. Incarcéré d’abord au camp de Königsbrück en Saxe, il est transféré au camp disciplinaire de Hülsberg après une tentative d’évasion. Gravement malade, il est transféré en Suisse en 1917, sur intervention de la Croix-Rouge, jusqu’à la fin de la guerre. À son retour en France, il publie en 1918 L’Allemand, souvenirs et réflexions d’un prisonnier de guerre. Pendant sa captivité, il a tenu un journal qui sera publié en 1974 sous le titre Carnets.

Alain-Fournier, 26 ans en 1914, vient de publier Le Grand Meaulnes (novembre 1913). Il meurt au combat le 22 septembre 1914. Jacques Rivière était son ami depuis le lycée, il a épousé la jeune sœur du romancier en 1909.

Alexis Leger, 27 ans en 1914, vient de réussir le concours des consulats et travaille à la Maison de la Presse au Ministère des Affaires étrangères jusqu’à son départ pour la Chine en 1916. Il avait dès 1908 publié des poèmes dans diverses revues, dont plusieurs dans la toute jeune Nouvelle Revue Française et qui seront repris en 1911 dans son premier recueil, Eloges.

Fondation Saint-John Perse
Cité du Livre
8 / 10 rue des allumettes
13098 Aix-en-Provence