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samedi 1 octobre 2016

André Gide inspire David Maes au Musée d'Uzès




Depuis 2010, le musée d’Uzès s’associe à la biennale de l’estampe organisée par l’association SUDestampe dans divers lieux du Gard. Du 30 septembre au 31 décembre 2016, David Maes investit à nouveau la salle André Gide du musée pour y présenter des estampes spécialement réalisées pour l’exposition, librement inspirées par deux livres d’André Gide : Thésée et Et nunc manet in te.

L'artiste explique ce qui, dans les œuvres de Gide, continue de l'inspirer :
« Brigitte Chimier, conservateur du musée Georges Borias, m’a proposé de réaliser une série de gravures en relation avec l’œuvre d’André Gide. Ce sont ces gravures que je présente au musée dans le cadre de la biennale de l’association SUDestampe et de la manifestation miNuit Blanche à Uzès.

Deux livres de Gide ont attiré mon attention, Thésée (1946) et Et nunc manet in te (1951). Le thème du sacrifice parcourt ces deux livres, et c’est à partir de ce thème que j’ai choisi de travailler. Sacrifice compris dans sa double acception : celle de l’offrande faite à une divinité, celle du renoncement volontaire à quelque chose ou à quelqu’un.

Offrande

Dans Thésée, Gide bâtit un récit autour de ce personnage complexe de la mythologie grecque. Thésée est celui qui réussit à tuer le Minotaure, ce monstre possédant le corps d’un homme et la tête d’un taureau, né des amours de Pasiphaé et d’un taureau blanc envoyé par Poséidon. Le Minotaure fut enfermé par le roi Minos dans le labyrinthe, situé à Cnossos (Crète) et conçu par Dédale, afin qu’il ne puisse s’en échapper et que nul ne découvre son existence.

Lors d’une guerre provoquée par la mort d’un des fils du roi Minos, Athènes est affamée par un terrible siège qui ne prend fin qu’à partir du moment où les Athéniens proposent à Minos de choisir le tribut qu’il veut pour le lever. Minos exige alors que tous les neuf ans, Egée, roi d’Athènes et père de Thésée, lui livre sept jeunes hommes et sept jeunes femmes qui seront sacrifiés au Minotaure. Thésée se porte volontaire.

C’est à partir de cette histoire de sacrifice de quatorze jeunes personnes que j’ai choisi de réaliser quatorze portraits de jeunes gens que je connais ou que j’ai eu l’occasion de croiser. Une partie de cette série de portraits occupe un des murs de la salle André Gide. Parmi ces portraits se trouve une gravure du Minotaure que j’ai réalisée en 2002 pour l’exposition « Le Minotaure » qui a eu lieu à la Chapelle des Jésuites à Nîmes.

Renoncement
Face à ces portraits se trouve un grand triptyque : I am a Wonder : Among Flowers. Cette gravure est dédicacée à Madeleine Gide, femme d’André Gide et le sujet de Et nunc manet in te (ce titre est tiré d’un poème de Virgile, le Culex, et signifie « Et maintenant elle survit en toi »). Ecrit peu après la mort de Madeleine, Et nunc manet in te apparaît comme une sorte de confession dans laquelle Gide dresse le portrait de sa vie conjugale, son côté « impossible » dû à son homosexualité. Pour cette raison, mais pas seulement, Madeleine a passé sa vie dans une forme de renoncement au point où elle en devient presque absente.

I am a Wonder : Among Flowers n’est pas un portrait de Madeleine, mais une tentative de lui donner une certaine présence dans cette salle dédiée à son mari. »

David Maes, I Am a Wonder : Among Flowers (Pour Madeleine), triptyque, pointe-sèche, 2016


Exposition David Maes, « Offrandes inégalables », du 30 septembre au 31 décembre 2016. Musée Georges Borias, ancien Evêché, 30 700 Uzès. Tél. 04 66 22 40 23. Blog du musée.
Ouvert du mardi au dimanche, en octobre de 15h à 18h, en novembre et décembre de 14h à 17h. Fermé le 1er novembre et le 25 décembre.
Entrée : 3€. Groupes : 1,50€/personne. Gratuit pour les scolaires.

Visites guidées : plein tarif 5€, tarif groupes 3€ / personne, sur réservation.

Programme complet de la Biennale 2016 SUDestampe sur www.sudestampe.fr

lundi 24 août 2015

Balade dans la vallée d'Eure


L'arrivée de la sempiternelle sultane annonçait la fin des déjeuners à Uzès. « Que ces repas duraient longtemps, pour moi toujours si impatient de sortir ! J’aimais passionnément la campagne aux environs d’Uzès, la vallée de la Fontaine d’Eure et, par-dessus tout, la garrigue. » Ces quelques photographies prises en août 2015 illustrent ces pages de Si le grain ne meurt.


 Au pied d'Uzès, la vallée d'Eure


La Fontaine d'Eure jaillit au pied d'Uzès, dans la vallée d'Eure. Il s'agit d'un ensemble d'une dizaine de sources alimentées par la nappe aquifère du massif calcaire voisin, captées par les Romains pour alimenter Nîmes en eau potable (et enjambant au passage le Gardon par le célèbre Pont du Gard). Gide la confond dans son récit avec la rivière qui coule au fond de cette même vallée, et qu'elle alimente désormais, l'Alzon. 



 La source d'Eure rejoint désormais l'Alzon


Pourtant, les deux eaux n'ont pas du tout le même aspect : l'eau claire et jaillissante de la source se mêle en partie aux eaux lentes et émeraude de l'Alzon, sans parvenir à les éclaircir. En partie seulement car deux captages réalisés en 1990 et 1992 permettent d'alimenter Uzès en eau potable, à raison de  3 900 m3 par jour (environ 45 litres par seconde).


L’Alzon est une rivière de 20 km, de sa source à Masmolène 
jusqu’à son confluent avec le Gardon à Collias


Face à Uzès, de l'autre côté de la vallée, la garrigue hérissée de rochers n'est plus abroutie par les troupeaux. Il faut donc imaginer une végétation plus rase qui, du temps de Gide, la rendait plus accessible, et propice à la chasse aux scorpions et scolopendres. 



 Les rochers dominant l'autre versant de la vallée d'Eure


Mis au jour en 1991, un bassin de régulation montre comment l'eau de la source coulait en parallèle de celle de la rivière. Derrière, la garrigue où Gide se promenait, aujourd'hui couverte d'arbustes.


Bassin de régulation et garrigue


Plusieurs moulins ponctuaient la vallée au XVIIe siècle, aujourd'hui en ruine et livrés aux tags et débris de verre : le moulin de l’évêque en amont de la source d’Eure, le moulin du Roi, le moulin du duc (Moulin du Tournal) situé à 150 m en aval du bassin régulateur et le moulin de Gisfort. 


 Au moulin sous la tour de gué, un blason daté de 1868



 La tour de gué



Au moulin de Tournal, les repères des crues de l'Alzon



 Depuis la vallée de l'Eure, on peut rejoindre la promenade André Gide



 L'Alzon au moulin de Tournal


 A peu près au même endroit, les lavandières que Gide 
rencontrait en descendant dans la vallée (carte postale ancienne)




 Pas de narcisses en cette saison, mais au bord de l'Alzon la rencontre 
de cette saponaire est un clin d’œil aux lavandières...

samedi 22 août 2015

De Lussan à Uzès, berceau des Gide


Jean Lambert, dans Gide familier, se souvient d'un panneau planté au pied de la route grimpant à Lussan et qui signalait l'entrée dans le berceau de la famille Gide. Ce panneau a aujourd'hui disparu mais la petite commune gardoise ne renie rien de ses liens avec les Gide, et les rappelle a plusieurs reprises dans les panneaux d'explications historiques disséminés à travers ses rues.


L'un des panneaux explicatifs de Lussan


Depuis son promontoire rocheux, Lussan domine la vallée de l'Aiguillon, où passait une ancienne route gallo-romaine reliant Nîmes (Nemausus) à Aubenas (Albenate) et Alba-la-Romaine.Tout autour du plateau calcaire des « Garrigues de Lussan », d'une altitude moyenne de 300 mètres, poussent chênes verts, buis et plantes aromatiques comme le thym ou la lavande, encore parcourus par les troupeaux de chèvres et de moutons. L'espace agricole est également occupé par des cultures céréalières et fourragères, des oliviers, des chênes truffiers et ponctuellement par des mûriers qui témoignent du passé séricicole de la commune au XIXe siècle.

Vue depuis Lussan


L'eau et les grottes des Concluses de Lussan, gorges creusées dans la roche par l'Aiguillon, affluent de la Cèze, sont propices à une installation des populations préhistoriques. Au pied de Lussan, à l'emplacement actuel du château de Fan – dont nous reparlerons puisqu'il a appartenu à la famille Gide – une statue gallo-romaine représentant une nymphe a été retrouvée qui ornait un sanctuaire, ou fanum.



 Dominant les Concluses de Lussan, les grottes qui ont abrité 
hommes préhistoriques puis brigands, camisards et résistants



Si au loin se distinguent la chaîne des Cévennes dominée par le Mont Lozère, le Mont Ventoux et même les Alpes par temps clair, deux monts proches et aux formes assez semblables barrent la vue au sud : le Serre de Fons (472 m) et le Mont Bouquet (629 m). La position dominante fait de ces rochers un site idéal pour une installation fortifiée.

 Vue depuis Lussan


Le rempart, ici l'ont dit barri, ceinture le plateau sur 800 mètres de long. Construit au XVe siècle en même temps que le château du haut, aujourd'hui reconverti en mairie – et qui a lui aussi appartenu à la famille Gide ! – ce barri a été remanié au XIXe siècle et couvert par des blocs de pierre taillée. Des tournelles, tours plus hautes que l'enceinte et ouvertes vers l'intérieur, ponctuaient l'ouvrage défensif.

Le château-mairie et à son pied la route qui monte au village


Une dizaine de hameaux, avec le village et les mas, composent aujourd'hui la carte administrative de Lussan qui s'étend sur 4 700 hectares. La commune compte 500 âmes, et possède encore une école, l'école Jules Ferry et ses deux classes. Le tourisme reste ici une activité heureusement contenue et le visiteur se voit offrir des panneaux historiques détaillés, mais aussi un parcours artistique original (présentant notamment une grande œuvre consacrée à Gide), des expositions gratuites, la visite d'une forge animée par une association dynamique... Mais revenons aux Gide.



Le château (XVe s.) et sa tour horloge.


C'est à Lussan que les ancêtres de Gide sont installés depuis au moins la fin du XVIe siècle. Un registre notarial porte une reconnaissance de dettes de Jehan Gido, datée du 11 février 1587. Le Compoix de Lussan (cadastre rudimentaire de l'époque) précise qu'il est ménager avec une maison de dix cannes de couvert, soit environ 38 m2, un jardin potager, un pré, une canebière, une vigne et deux champs, le tout d'une surface de moins de deux hectares. Le terme « ménager » signifie qu'il était propriétaire des bâtiments et des terres, mais aussi du matériel et des animaux de labour, propriétés certes modestes, mais non pas « ouvrier agricole » comme l'indique Frank Lestringant au seuil de sa biographie consacrée à Gide.


Asperges, vignes, fruits et légumes : une parcelle 
comme celle que cultivait Jehan Gido en son temps ?


Deux générations plus tard, le nom de famille est francisé en Gide. Théophile Gide est « tisserand à sarge » (fabricant de serges, les étoffes de laines qui font alors la richesse de la région), son fils Etienne est cardeur de laine. Etienne donne naissance à un autre Etienne (1686-1772), qui sera facturier en laine, et à un nouveau Théophile (1682-après 1765), lui aussi tisserand puis négociant en tissus. Dénoncé pour sa participation aux « assemblées du désert », Théophile s'enfuira en 1710 vers l'Allemagne où il fera fortune mais n'aura pas de descendance. C'est lui qu'on peut voir sur l'austère portrait qui est au musée d'Uzès.


A droite : le portrait de Théophile Gide (1682-après 1765)
A gauche le portrait de Joseph Etienne Théophile Gide (1750-1835)
au Musée Georges Borias d'Uzès


La génération suivante essaime un peu partout : un nouvel Etienne, après avoir essayé de reprendre les affaires de Théophile en Allemagne, rentre en France et s'installe à Paris où il fonde la branche parisienne des Gide. Un nouveau Théophile fonde une branche genevoise. Un Xavier inaugure une branche lorraine. Resté à Lussan, Jean Gide (1723-1803) facturier en laine et négociant, épouse en 1749 Anne Guiraud, fille d'un lieutenant de juge. Il offre à son fils aîné des cours de droit et en 1774 une charge de notaire royal à Uzès : Joseph Etienne Théophile Gide (1750-1835) est le premier d'une lignée de notaires et magistrats désormais installée à Uzès.



 Face aux grottes des Concluses, un panneau rappelle
que c'est ici que Théophile Gide s'est caché sous la Terreur.


Il faut noter qu'il est question de Joseph Etienne Théophile Gide sur le chemin qui descend aux Concluses de Lussan. Figure de la Révolution – il participa à la rédaction des cahiers de doléances comme secrétaire du district d'Uzès aux côtés de Rabaut-Saint-Etienne – ses sympathies Girondines font peser sur lui de graves menaces sous la Terreur. Le 17 juillet 1793, il rejoint Lussan où, aidé par son frère, il gagne les bois des Concluses pour s'y cacher. Il y restera jusqu'en septembre 1794, s'abritant dans une grotte (la baumo de Moussu Gide), aidé par des paysans sympathisants. A la chute de Robespierre, il reprendra ses activités politiques et deviendra président du directoire départemental de 1795 à 1799.



Paul Tancrède Gide (1800-1867)


Son frère Jean Pierre Gide (1754-1826), propriétaire et greffier du juge de Lussan, épouse en secondes noces Anne Pagès avec qui il a deux filles, et un fils : Paul Tancrède, le grand-père qu'André Gide ne connaîtra pas. Né à Lussan le 8 avril 1800, Paul Tancrède est juge de paix à Uzès en 1830, puis juge, puis président du tribunal de 1839 à sa mort le 1er juin 1867. Enterré à Uzès, sa tombe avait fait l'objet il y a quelques années d'une indélicate procédure de reprise de la part de la commune.



Le tribunal d'Uzès


Paul Tancrède est « médiocrement placé à la tête du tribunal d'Uzès où on se plaint de sa lenteur, d'une faiblesse qui tient à l'extrême douceur de son caractère », notent ses supérieurs. Une autre note de ses chefs le décrit « magistrat instruit, capable, consciencieux, mais manquant absolument des qualités essentielles d'un chef de corps, la fermeté, l'activité. M. G. est un obstacle à la répression de nombreux abus que la cupidité des gens d'affaires et la nonchalance de certains magistrats ont introduit dans cet arrondissement. »


 Maison natale de Charles Gide face à l'église Saint-Etienne à Uzès




C'est son fils cadet, Charles Gide (1847-1932) qui consigne ces remarques, avec cette rigueur toute protestante pour la vérité, fut-elle déplaisante à entendre. Son fils aîné est Paul Gide (1832-1880), le père d'André. Tous deux naissent à Uzès, dans une maison face à l'église Saint-Etienne, louée par l'oncle Théophile. Puis la famille s'établira non loin de là dans un appartement de l'hôtel du Sollier, propriété de la famille Chastanier. Une famille de Lussan, qui y a notamment fondé une filature de soie, et est apparentée aux Gide par un premier mariage de Jean Pierre Gide.



 L'entrée de la maison de la grand-mère de Gide
à Uzès, du côté de la Place aux Herbes


C'est dans cet appartement traversant, donnant d'un côté sur la place aux herbes par une ruelle étroite (la maison voisine ayant été détruite, ce côté prend aujourd'hui l'aspect d'une placette adjacente à la grande place), de l'autre sur le boulevard par une terrasse, qu'André Gide passera ses vacances à Uzès auprès de sa grand-mère Clémence Gide, née Granier, ainsi qu'il le raconte dans Si le grain ne meurt.



 La terrasse de la maison de la grand-mère de Gide
donnant sur le boulevard à Uzès



Suite :

Le château du Fan (à venir)
Musée Georges Borias à Uzès (à venir)

samedi 4 juillet 2015

Un été gidien à Uzès


Exposition
« André Gide et Uzès, aux racines de la famille Gide »





L’écrivain André Gide (1869-1951) se revendiquait issu « d’un père Uzétien et d’une mère Normande ». S’il n’est pas né à Uzès, il a séjourné régulièrement dans la ville natale de son père. Ces séjours d’enfance l’ont marqué profondément. L’exposition se propose de montrer l’empreinte d’Uzès dans l’œuvre de Gide et de retracer l’histoire de sa famille paternelle, notables protestants en Uzège.

Les photographies réalisées par Jean-Pierre Loubat spécialement pour l’exposition apportent un regard contemporain sur les lieux évoqués par André Gide.

Exposition « « André Gide et Uzès, aux racines de la famille Gide »
Du 27 juin au 11 octobre 2015
Musée Georges Borias, ancien Evêché, 30 700 Uzès. Tél. 04 66 22 40 23.
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 12h et de 15h à 18h en juillet et août, de 15h à 18h en juin, septembre et octobre.
Plein tarif : 3 €
Groupes : 1,50 € / personne
Gratuit pour les scolaires.
Visites guidées : sur réservation, 5€ / personne (tarif réduit 3€ / personne pour les enfants et groupes à partir de 10 personnes).

Publications

Catalogue André Gide et Uzès, aux racines de la famille Gide
Textes de Brigitte Chimier, Jean-Christophe Galant et Daniel Moutote.
Publié avec le soutien de la Fondation Catherine Gide.
30 p. couleur, prix de vente 6 €.

Portfolio Ô petite ville d’Uzès, 9 photographies noir et blanc de Jean-Pierre Loubat
Tirage limité à 26 exemplaires numérotés, prix de vente 90 €.
En vente par souscription aux éditions YFIP, editionsifyp@gmail.com

Animations

Balades en calèche sur les traces d’André Gide
Pendant l’été seront proposées des visites guidées comprenant la visite de l’exposition au musée et un circuit en calèche pour découvrir les lieux liés à la famille Gide à Uzès.
Les jeudis 2 et 9 juillet, 20 et 27 août, 3 septembre, de 16h30 à 18h30. Sur réservation, tarif 5€ / personne.
Nombre de places limité à 10 personnes par visite. Réservation uniquement par téléphone au 04 66 22 40 23 aux heures d’ouverture du musée (pas d’inscription par répondeur), jusqu’à la veille de la visite.

Ouverture nocturne le 25 septembre
A l’occasion de la miNuit Blanche organisée à Uzès par l’association « Et Alors l’Art », l’exposition sera ouverte de 20h à 23h le vendredi 25 septembre 2015 (entrée libre). Le photographe Jean-Pierre Loubat présentera ses œuvres et son portfolio Ô petite ville d’Uzès.

Visites nocturnes été 2015
André Gide, "Ballades" à Uzès, une guide conférencière, un comédien
les 6, 13, 20, 27 juillet et les 3, 10, 17, 24 août
Départ Office de Tourisme à 20h45
Billetterie : + 33 (0)4 66 22 68 88
Tarifs : Adultes 15€ / Enfants 5€


samedi 1 novembre 2014

A Uzès, Gide inspire les artistes


Depuis 2010, le musée d’Uzès s’associe à la biennale de l’estampe organisée par l’association SUDestampe dans divers lieux du Gard. Souvenez par exemple des créations autour de Gide en 2010 ou encore en 2012.

Cette année deux artistes sont invitées, Florence Barbéris et Mireille Laborie. Elles ont choisi de s’infiltrer dans les collections du musée et d’en proposer des versions bien personnelles. Les visiteurs vont voir double dans les vitrines, entre les objets anciens et les variations contemporaines imaginées par le duo de créatrices… Sauront-ils reconnaître leurs interventions ? Un véritable jeu de piste à travers les salles du musée, pour voir les collections d’un autre œil ! 

Ne manquez pas la salle Gide où la redingote de l'écrivain a inspiré Mireille Laborie, qui en propose une version spectaculaire, en papier ! Quant à Florence Barbéris, elle a imaginé un foulard en papier de soie faisant écho aux foulards de Gide...




Exposition « Double Vue », du 3 octobre au 31 décembre 2014
Musée Georges Borias, ancien Evêché, 30 700 Uzès. Tél. 04 66 22 40 23.
Ouvert du mardi au dimanche de 14h à 17h. Fermé le 1er novembre, le 25 décembre et en janvier.
Entrée : 3 €
Groupes : 1,50 € / personne
Gratuit pour les scolaires.
Visites guidées : plein tarif 5 €, tarif groupes 3 € / personne, sur réservation.


mercredi 11 septembre 2013

Bientôt un inventaire en ligne du fonds Gide d'Uzès


« Tout André Gide en ligne avec le musée Georges Borias » annonçait le 30 août le site ActuaLitté, repris par le Magazine Littéraire. Un article plus précis est paru aujourd'hui sur le site Objectif Gard. Cet intérêt pour les collections gidiennes a surpris Brigitte Chimier, la conservatrice du musée d'Uzès, qui a bien voulu nous en dire plus sur cette numérisation non pas du fonds Gide lui-même mais de son inventaire :

« Comme tout musée de France, nous avons l'obligation de tenir un inventaire des collections. Autrefois cela se faisait sur de gros registres, actuellement nous utilisons aussi des logiciels spécifiques. Au musée d'Uzès c'est le logiciel Mobydoc Express, développé par la société toulousaine Mobydoc. Depuis 2004, date d'acquisition du logiciel, il a fallu saisir toutes les notices des œuvres à partir des anciens registres papier (actuellement 6500 notices pour l'ensemble des collections). Il faut surtout compléter ces notices car les registres ne disent pas toujours tout (précisions sur les dimensions, les matériaux, la datation, le mode d'acquisition...), y ajouter des photos, et inventorier les objets oubliés, non mentionnés dans les registres. Je poursuis donc ce travail de fourmi, petit à petit, pour que l'inventaire informatisé soit bien à jour.

L'étape suivante sera de rendre cet inventaire accessible à tous. Pour cela il faudra le reverser dans la base Joconde. Je vais procéder par versements successifs et je souhaite commencer par le fonds Gide, environ 600 notices (plus un certain nombre de documents pas encore inventoriés). Dès que j'aurai vérifié que ces notices sont complètes (sans doute d'ici à la fin de l'année), je les enverrai au ministère qui les mettra en ligne à une date qu'il m'est impossible d'annoncer à l'avance (les responsables de la cellule Joconde sont peu nombreux et très sollicités !), j'espère courant 2014.

Les chercheurs pourront enfin évaluer rapidement et précisément nos ressources : le catalogue du fonds Gide publié par le musée date de 1993 et la collection s'est beaucoup enrichie depuis. Ces notices sont accompagnées de photos. Le logiciel est destiné aux musées et pas aux bibliothèques, il a donc été conçu pour les œuvres d'art plutôt que pour les livres. Il n'est bien sûr pas question de numériser toutes les pages des livres et je me contente d'une photo de la couverture, éventuellement de la dédicace quand il y en a une. Il me faudra aussi vérifier les éventuels problèmes de droits de reproduction avant de donner accès à tout. Bref il y a encore pas mal de travail... D'autant que je n'ai pas de prestataires extérieurs ni de crédits spécifiques, je fais donc cela petit à petit quand j'en ai le temps.

Le fonds Gide devrait apparaître aussi dans le Catalogue collectif de France (CCFr), qui centralise les catalogues des bibliothèques publiques françaises. Les musées ayant des collections littéraires y sont aussi pris en compte, j'ai donc fourni les notices du fonds Gide. Là encore ce ne sera pas une numérisation des documents eux-mêmes mais de leur catalogue (et sans photos). Bien que ces projets soient loin d'être achevés, j'avais souhaité en faire part aux membres de l'association des Amis du musée afin de leur montrer ce travail de fond, ignoré du grand public. Mais les journalistes se sont jetés sur cette information, je ne pensais pas qu'elle aurait un tel écho ! Les lecteurs alléchés devront encore patienter un peu... »

Signalons enfin que pendant les Journées Européennes du Patrimoine, samedi 14 et dimanche 15 septembre 2013, l'entrée au Musée d'Uzès sera gratuite. Des visites guidées en compagnie de Brigitte Chimier seront même proposées dont une sur le thème de la gourmandise, des recettes de la Préhistoire aux desserts de la grand-mère d'André Gide ! 



jeudi 16 mai 2013

Conférence à Uzès

La médiathèque d'Uzès propose une conférence sur "Un manuscrit d’André Gide", par Nicolas Chaine, vendredi 17 mai 2013 à 18h. Présentation :


La médiathèque a reçu une œuvre originale d’André Gide en 2011. Le manuscrit, en partie autographe de la main de Gide se compose de six pages, il est accompagné d’une lettre autographe de Gide, datée du 28 février 1950.
Il s’agit du dernier état manuscrit de l’article paru dans France Illustration en juillet 1950 et s’intitulant l’AEF, un article sur l’Afrique Équatoriale.
Le reste de l’article est de la main d’Elisabeth Van Rysselberghe, mère de Catherine Gide, fille unique de l’écrivain.
Ce manuscrit fut découvert dans un coffre-fort de l’ancienne propriété des Gide, Cuverville, propriété actuelle de Nicolas Chaine, qui, généreusement, en a fait don à la médiathèque.
Il va retracer cette découverte et les recherches entreprises pour authentifier ces documents.
La médiathèque continue ainsi à enrichir son fonds Gide, aidée par ailleurs par la Fondation Catherine Gide.

Plus d'informations sur le site de la médiathèque.

jeudi 7 février 2013

Du côté d'Uzès


A l'issue de la Biennale SUDestampe 2012, le Musée d'Uzès a enrichi ses collections consacrées à André Gide de trois des œuvres exposées :

Illustration de Louis Jou (1927)
En auto, vers Marseille, livre d’artiste par Jean-Charles Legros d’après André Gide, don de l’artiste
-  Série de gravures, par Eva Demarelatrous, d’après Si le Grain ne meurt d’André Gide, don de l’artiste
Autour des Nourritures terrestres, livre d’artiste par Edith Schmid, 2012, achat des Amis du Musée

Le blog du musée nous apprend aussi que d'autres récentes acquisitions ont rejoint le fonds Gide comme un portrait d'André Gide, par B. Willem (XXème) ou un exemplaire des Nourritures terrestres illustré par Louis Jou (1927).

Il faut aussi saluer le travail de sa conservatrice Brigitte Chimier qui dans l'un des derniers numéros du bulletin de l'association des Amis du Musée a consacré un long article sur "André Gide au Maghreb, entre désir et désert" (Uzès musée vivant, n°45, juin 2012, pp.20-28). A l'aide de nombreux extraits des récits trop méconnus que sont El Hadj et Amyntas, l'auteur prolonge la réflexion engagée en 2004 au musée avec l'exposition "Désir du Sud. André Gide, Rudolph Lehnert et le Maghreb".

Plus récemment Brigitte Chimier revenait sur l'exposition en marge des Journées Charles Gide qui donnait à redécouvrir le talent secret de l'oncle d'André. Dans son article intitulé "Charles Gide dessinateur, le jardin secret de l'économiste" (Uzès musée vivant, n°46, décembre 2012, pp.7-14), elle revient sur la vocation artistique première de l'économiste, ses probables apprentissages du dessin et ses influences.

samedi 10 novembre 2012

Exposition au Musée d'Uzès





Après une première participation en 2010, le musée Georges Borias d'Uzès accueille à nouveau l'une des expositions de la biennale de l'estampe organisée par l'association SUDestampe dans différents lieux du Gard. Et à nouveau André Gide a inspiré les artistes contemporains comme l'explique Brigitte Chimier, conservateur du musée :

"C’est l’occasion pour le musée de mettre en valeur le riche fonds consacré à André Gide dans la ville d’origine de ses ancêtres. Créée en 1969 pour le centenaire de l’écrivain, la salle Gide est unique au monde. Elle rassemble des manuscrits et éditions de Gide, ainsi que des portraits et des objets personnels. L’estampe y est naturellement très présente, que ce soit dans les portraits de Gide ou dans les éditions illustrées de ses textes. Habituellement présentées par roulement, ces oeuvres seront exposées en majesté pendant la biennale.
Elles seront confrontées aux réalisations des artistes invités : Jean-Yves Boislève, Eva Demarelatrous, Jean-Charles Legros et Edith Schmid. Cette année, c’est le thème des « Voyages d’André Gide » qui a été retenu. Infatigable nomade, Gide a toute sa vie aimé circuler d’un pays à l’autre et ce goût se retrouve dans son œuvre, qu’il s’agisse de fictions ou de témoignages. Les artistes invités se sont inspirés du Voyage au Congo, des Nourritures terrestres, de Si le Grain ne meurt et du Journal d'André Gide."


Les voyages d’André Gide, du 6 novembre au 30 décembre 2012
Musée Georges Borias, ancien évêché, Uzès
Plus d'informations sur le blog du musée
et le site de SUDestampe 2012

mercredi 21 décembre 2011

Balade gidienne à Uzès


Feuillets gidiens offerts à Uzès par N. Chaîne
Le musée d'Uzès s'apprête à prendre ses quartiers d'hiver : vous n'avez plus que jusqu'au 31 décembre pour aller y découvrir la salle Gide, récemment enrichie d'objets offerts par Catherine Gide.

Poussez ensuite votre balade gidienne jusqu'à la médiathèque qui présente quelques papiers gidiens retrouvés dans le coffre fort de Cuverville et offerts par son actuel propriétaire à la ville d'Uzès.

Place aux herbes, la librairie Le Parefeuille, après avoir reçu de nombreux invités dont Roger Grenier, Alban Cerisier ou le biographe de Gide Pierre Lepape, prolonge son exposition sur le centenaire des éditions Gallimard jusqu'au 2 janvier.

Et pour finir vos pas vous conduiront jusqu'au très beau cimetière protestant où reposent les grands-parents d'André Gide.





Plus d'informations sur le site de la ville d'Uzès.

samedi 19 novembre 2011

Tombes Gide à Uzès : enfin des engagements

Dans son numéro 240 de novembre 2011 qui vient de paraître, la Revue des Vieilles Maisons Françaises accorde un article de sa rubrique « Agir » aux tombes Gide à Uzès qui étaient visées par une procédure de reprise des concessions. Thierry de Seguins Cohorn, adjoint au maire d'Uzès en charge des finances et du patrimoine y « affirme qu'il s'agit d'une rumeur infondée. Dès le début, indique-t-il, la municipalité s'est préoccupée de la préservation de ces tombes en accordant six ans aux familles propriétaires des concessions pour se manifester. Quatre années se sont écoulées et la famille Gide, qui se trouve dispersée, a été alertée. Elle s'engage à prendre en charge l'entretien des sépultures qu'elle conserve.»

Nous nous réjouissons de cette annonce, stupides que nous étions d'avoir lancé une pétition et sonné le tocsin face au silence de la municipalité d'Uzès. Nous saluons aussi la diligence des élus – quatre ans pour retrouver des descendants, lorsqu'on sait que Catherine Gide vient encore récemment de donner au musée d'Uzès des objets ayant appartenu à André Gide – et le tact de l'annonce de cette procédure à l'aide de petits panonceaux décoratifs collés sur les pierres tombales. La ville d'Uzès fait preuve d'un réel sens de l'humanité, et de la communication, depuis qu'elle sait qu'un descendant prend en charge la partie financière.

Autre excellente nouvelle : « Nous travaillons avec l'architecte compétent pour garder le charme authentique de ce cimetière du XIXe siècle et nous étudions le projet de sa protection », annonce encore Thierry de Seguins Cohorn. Voilà une promesse qui engage quant à ce qui est finalement, depuis le début, le plus inquiétant dans ce projet. Oui, vraiment, nous avons été stupides de nous inquiéter pour si peu. Dommage que toutes ces précisions n'aient pas été apportées plus tôt...






jeudi 15 septembre 2011

Rendez-vous en septembre


 "André Gide, le voyageur", une visite guidée au musée d'Uzès


En accord avec le thème du voyage des 28èmes Journées Européennes du Patrimoine qui se déroulent samedi 17 et dimanche 18 septembre 2011 partout en France, le musée d'Uzès propose deux visites guidées et thématiques, dont une sur « André Gide, le voyageur ». A travers le fonds Gide du musée (portraits, objets personnels...) et l'exposition de photographies « André Gide un album de famille » qui s'y tient jusqu'au 25 septembre, la conservatrice Brigitte Chimier vous guidera en Italie, au Maghreb, au Congo ou en URSS sur les pas de cet écrivain toujours en mouvement.

« André Gide, le voyageur », samedi 17 et dimanche 18 septembre, à 17h. Visite et entrée du musée gratuites. Plus d'informations sur le blog du musée.


"Mais qui est Pierre Lesdain ?", une exposition à la bibliothèque de Dainville.


Cap au nord à présent où, toujours à l'occasion des journées du patrimoine, la bibliothèque municipale de Dainville inaugure le 17 septembre 2011 une exposition intitulée « Mais qui est donc Pierre Lesdain ? » La réponse au travers de la présentation de nombreuses lettres d’écrivains célèbres, des tableaux et des livres dédicacés à ce dainvillois d’adoption (1968-1970), de son vrai nom Georges Lambilliote, né en 1897 en Belgique et décédé à Dainville en 1970.

En 1947, Pierre Lesdain est sollicité par son frère Maurice Lambilliote, qui avec d’autres journalistes fonde à Bruxelles le journal « Volonté ».Il lui demande d’assurer « la Chronique des livres ».Comme tout ce qu’il entreprend, il va s’acquitter de cette chronique avec une rigueur et une compétence remarquables, mettant à profit sa vaste culture. Cette rubrique sera à l’origine d’une volumineuse correspondance avec des écrivains de renom tant français qu’étrangers : André Gide, Marcel Jouhandeau, Elsa Triolet, Malaparte… et Henry Miller, avec qui Pierre Lesdain tissa tout particulièrement des liens d’amitiés.

Exposition visible le samedi 17 septembre de 14h à 17h30, le dimanche 18 septembre de 14h à 17h et aux heures d’ouverture de la bibliothèque jusqu'au 10 octobre.



Gisèle Freund et André Spire, deux conférences à Pontigny


Après la commémoration en 2010 du centenaire de la première Décade de Pontigny, les Amis de Pontigny ont proposé cet été une série de conférences et présentations - illustrées par des photos d'époque et ponctuées de lectures - afin de faire partager un peu de l'esprit qui a soufflé sur les Entretiens d'été, organisés par Paul Desjardins et sa femme de 1910 à 1939, dans les bâtiments de l'ancienne abbaye cistercienne. Le 24 septembre aura lieu la dernière présentation consacrée a Gisèle Freund et André Spire.

Présentation par Claire Paulhan, éditrice, qui prépare la publication des « Agendas » de Paul Desjardins.

« Gisèle Freund: une photographe à Pontigny », par Lorraine Audric.
Jeune étudiante en sociologie et militante engagée, Gisèle Freund est contrainte de fuir l'Allemagne nazie en 1933. Paris devient alors sa terre d'exil, puis son pays d'adoption. Elle trouvera refuge à Pontigny à plusieurs reprises entre 1934 et 1939 où, grâce à son Leica, elle capturera l'atmosphère des Décades tout en faisant le portrait de leurs participants.
Une très belle exposition virtuelle des photographies de Gisèle Freund est à voir sur ce site, en prélude à l'exposition se tiendra à la Fondation Pierre Bergé - Yves Saint-Laurent du 13 octobre au 29 janvier.


« André Spire et Paul Desjardins »
André Spire (1868-1966) s'engagea dans les combats du tournant du siècle – organisations philanthropiques et universités populaires - et dans les débuts du sionisme politique. Poète très tôt engagé dans une expression poétique novatrice (vers libre et rythme), il participa à la décade de Pontigny intitulée : « Du rythme, comme principe de délectation et d'expression dans la technique des divers arts et comme donnée naturelle » en août 1930. Il y rencontra Gaston Bachelard et Martin Buber. Les archives d'André Spire permettront de tenter de reconstituer son séjour.

Samedi 24 septembre de 16h à 19h30, Abbaye de Pontigny. Entrée : 5€



Les premières Journées Paul Valéry, un évènement à Sète.


Le musée Paul Valéry à Sète met à l'honneur le poète, écrivain et artiste en organisant la première édition des Journées Paul Valéry, placée sous le Haut Patronage de l’Académie française, autour du thème « Regards internationaux sur l'œuvre de Paul Valéry » du vendredi 23 septembre au dimanche 25 septembre 2011. Durant ces journées, poètes, spécialistes internationaux du poète, philosophes, musiciens, etc. donneront lectures et conférences qui mettront en évidence l'immense notoriété de Paul Valéry dans le monde.

Le musée profite de ces journées pour inaugurer la salle Paul Valéry, entièrement réaménagée pour proposer une présentation plus riche de la collection. La collection, qui rassemble au total près de 300 documents et œuvres du poète, réunit des manuscrits originaux, dont le premier manuscrit du Cimetière marin, 41 lettres autographes – de 1940 à 1944, pour celles qui sont datées –, des peintures, 80 dessins, pastels et aquarelles, et également des sculptures de Valéry, proposant ainsi un éclairage nouveau de la personnalité du poète et écrivain, souvent perçu comme un intellectuel et académicien austère et isolé.

Journées Paul Valéry, du 23 au 25 septembre au Musée Paul Valéry de Sète. Colloque, lectures, concerts, rencontres et expositions.



vendredi 29 juillet 2011

Projections de films à Uzès

Vous n'avez plus que jusqu'à demain samedi 30 juillet pour aller voir les films que la Médiathèque d'Uzès projette chaque jour à 16h en complément de l'exposition André Gide : un album de famille au Musée Georges Borias (qui elle se poursuit jusqu'au 25 septembre). Au programme :

André Gide, un petit air de famille, de Jean-Pierre Prévost (42') : Portrait de Catherine Gide, la fille de l'écrivain. Film sélectionné au Festival de Biarritz 2009.

André Gide chez François Mauriac, de Jean-Pierre Prévost (53') L'unique séjour de Gide chez Mauriac à Malagar, près de Bordeaux en juillet 1939. Les liens entre les deux hommes, leurs différences, leur vision du monde à la veille de la guerre, leur goût commun pour la musique (Chopin pour l'un, Mozart pour l'autre).

Voyage au Congo (75') : Nouvelle version sonorisée du célèbre film muet de Marc Allégret (1927), avec une musique de Pierre Thilloy et des textes d'André Gide.





mercredi 20 juillet 2011

A Uzès : exeunt les étiquettes !

Après l'article dans le Canard enchaîné du 6 juillet dernier, le site du Nouvel Obs, sous la plume de Fanny Espargillière, faisait redoubler l'attention autour des tombes Gide à Uzès dans un article reprenant la chronologie des faits et mis en ligne le 16 juillet :




D'écho en écho, le site ActuaLitté reprenait les informations du Canard et du Nouvel Obs dans un autre article paru le 18 juillet :




Tout ce battage médiatique ne semble pas avoir été vain puisque le Midi Libre nous apprend aujourd'hui que non seulement les étiquettes signifiant la procédure de reprise ont enfin été enlevées, mais que d'autres descendants d'Elisabeth, Jean Joseph, Clémence et Tancrède Gide se sont manifestés :




Nous nous réjouissons bien entendu de voir enfin un élu uzétien, en la personne de l'adjoint chargé du patrimoine Thierry de Seguins-Cohorn, prendre conscience du problème d'image donnée par cette affaire et communiquer de façon positive. Nous restons bien entendu mobilisés en attendant de voir ces premières annonces se traduire dans des actes. Et, par dessus tout, pour veiller à ce que la  « restructuration » annoncée du cimetière ne soit pas synonyme de défiguration.


lundi 11 juillet 2011

Le conseil municipal d'Uzès ne s'est pas prononcé


Il n'a pas non plus demandé à ce qu'on retire les étiquettes signifiant la procédure de reprise en cours pour les tombes de la famille Gide dans le carré protestant du cimetière d'Uzès. C'est ce qu'on apprend dans l'édition du 6 juillet dernier du Canard Enchaîné :



Dans un article de la semaine dernière, 
Le Canard Enchaîné relance l'affaire des tombes d'Uzès


"Les Gide expulsés d'Uzès ?

A Uzès, il y a un lycée Charles-Gide, une salle du musée baptisée André-Gide, une belle exposition de photos inédites retraçant la vie de la famille Gide commentées par Catherine, la fille d'André, et il y a même un parking Gide. C'est dire si la ville tient à ses Gide. Tancrède, d'abord, qui fut président du tribunal et que son petit-fils André vénérait. Sa grand-mère lui parlait souvent de ce « huguenot austère, entier, très grand, très fort, anguleux, scrupuleux à l'excès, inflexible et poussant la confiance en Dieu jusqu'au sublime ». Et l'oncle d'André, Charles Gide, économiste, fondateur et théoricien du mouvement coopératif en France. « Pour André comme pour Charles, et pour tous les Gide, Uzès fut un refuge spirituel, un haut lieu de l'âme, le Désert enfin, comme le nomment les protestants cévenols », note Daniel Moutote dans « Gide et Uzès » (« Baag », n° 34). Oui, c'est dire si Uzès...
Hélas, dernièrement, un promeneur, Jean-Gabriel Blanc, passant voir sa famille au cimetière protestant, découvre un horrible petit carré de plastique apposé sur trois tombes de la famille Gide, dont celles de Charles et de Tancrède : « Cette tombe fait l'objet d'une procédure de reprise. Merci de contacter la mairie d'urgence. » C'est la procédure qui frappe les tombes à l'abandon, prélude à l'expulsion des cercueils et à la casse. Pourtant, entourées de cyprès, les pierres simples et grises, dépouillées, dans le pur style huguenot, ont tout au plus besoin d'un léger coup de chiffon. Tout
retourné, l'homme fait aussitôt part de ce « sacrilège » aux autorités. Alertée, l'Association des amis d'André Gide tente de faire classer les tombes. En vain. Et, interrogé par « Le Canard », le maire UMP confirme : « En effet, une société privée a été mandatée pour faire le bilan du cimetière et a posé ce papier dessus. »
Et si la mairie entretenait elle-même les tombes ? « Le conseil municipal ne s'est pas encore prononcé », dit l'élu. Son adjoint à la culture, Thierry De Seguins, est plus rassurant : « Nous sommes prêts à envisager le maintien, il est exclu qu'elles soient à l'abandon, j'en fais un cas particulier. » Bravo. Mais, en attendant, on peut toujours admirer les tombes familiales ornées de leur petite pancarte lugubre...
D.S"

(Canard Enchaîné du 6 juillet 2011)


Le Canard commet toutefois deux erreurs :

- la tombe de Charles Gide se trouve à Nîmes et non à Uzès où ce sont les tombes de Tancrède, Clémence son épouse, et de Jean Joseph Etienne Théophile Gide qui sont concernées ;
- ce n'est pas l'Association des Amis d'André Gide qui a demandé le classement des tombes mais elle a été la première à alerter le maire et à proposer d'aider à l'entretien des tombes avec la Fondation Catherine Gide – la procédure de classement a été lancée par le Ministère de la Culture qui a transmis mon courrier d'alerte à la DRAC du Languedoc-Roussillon.

Le refus de protection de la DRAC a été clairement notifié par le conservateur régional des monuments historiques  : « faiblesse de l'intérêt patrimonial et grand nombre de lieux de mémoire de niveau comparable ». A son niveau, une DRAC ne peut prendre une décision qui créerait un précédent et entraînerait pléthore de demandes. Seule une procédure exceptionnelle comme l'intervention directe du ministre de la culture peut être envisagée.

C'est très exactement ce qui s'est passé en 2008 lorsque Christine Albanel a pris une telle décision (et avec quelle rapidité !) pour les tombes de la famille Hugo-Vacquerie dans le petit cimetière normand de Villequier. Avec, il est vrai, le soutien total du maire du village bien conscient, lui, de la richesse de ce patrimoine funéraire et du lien qu'il maintient entre l'œuvre d'Hugo et la commune. A Uzès, doit-on rappeler que ces tombes sont le seul et dernier lien entre André Gide et la ville ?

Revenons maintenant sur le « faible intérêt patrimonial »... Tancrède Gide a joué un rôle non négligeable dans l'histoire locale : juge de paix à Uzès en 1830, puis juge, et à partir de 1839 jusqu'à sa mort en 1867, président du Tribunal d'Uzès. « Au point de vue intellectuel et même au point de vue moral, c'est ton grand-père seul qui nous a fait ce que nous sommes » écrit Charles Gide à son neveu André le 14 janvier 1894.

A ses côtés repose Clémence-Aglaé Granier, épousée le 7 mai 1831 à Nîmes, elle-même issue d'une vieille famille de protestants cévenols qui a donné plusieurs pasteurs dont son neveu, biographe de l'amiral de Coligny. Dans leur maison de la rue Saint-Etienne puis dans leur appartement de l'hôtel de Trinquelague, les Gide recevaient leurs amis : le pasteur Doumergue, directeur de la chaire d'Uzès, le juge Abauzit, parent du philosophe genevois ami de son père, le juge Lavondès...

Et Jean Joseph Etienne Théophile Gide, enterré à leurs côtés ? L'inscription sur la pierre sobre dit : « Ici repose Jean Joseph Théophile Etienne Gide décédé à Uzès le 15 février 1857 dans sa 82e année ». Il est le cousin de Tancrède. Né à Uzès le 22 décembre 1775 où il est également notaire, il épouse le 21 janvier 1797 Magdeleine Tur. Leur fille épousera en secondes noces le baron Adrien-Victor de Feuchères, général de division et député du Gard. Elle est la baronne de Feuchère, la cousine aux fruits confits, qu'André évoque dans Si le grain ne meurt.

Mais Jean Joseph Etienne Théophile Gide relie aussi par ses ascendants Uzès à ses pages d'histoire les plus mouvementées : il est le fils de Joseph Etienne Théophile Gide (grand-oncle de Charles, arrière-grand-oncle d'André, vous suivez ?), que nous appellerons Théophile puisque c'est sous ce prénom qu'il a laissé son empreinte en tant que notaire royal puis président du tribunal d'Uzès lui aussi. Né à Lussan en 1750 il participa à la Révolution à la rédaction des cahiers de doléances en tant que secrétaire de Jean-Paul Rabeau Saint-Etienne, guillotiné en 1793. C'est lui qu'on voit sur le tableau de David aux côtés de Dom Gerle et de l'abbé Grégoire.

Théophile sera lui aussi inquiété par les Jacobins : il part se cacher pendant 18 mois dans une grotte des Concluses, à Lussan, connue aujourd'hui encore sous le nom de « grotte Gide ». Il en ressort avec la chute de Robespierre. On le voit président du directoire départemental de 1795 à 1799, puis président du tribunal d'Uzès sous le Consulat, après avoir cédé sa charge notariale à son fils, Jean Joseph Etienne Théophile Gide. C'est également Théophile qui en 1796 rachète le château de Fan, à Lussan.

Puisque la tombe des parents d'un des économistes français les plus célèbres et remis par l'actualité au devant de la scène pour ses théories sur la coopération, et grands-parents d'un prix Nobel de littérature mondialement connu et étudié n'était pas d'un intérêt culturel et économique suffisant, il faut espérer que cette brève évocation d'une histoire riche et passionnante contribuera à revoir à la hausse le « faible intérêt patrimonial » des tombes Gide d'Uzès.


Tombe de Jean Joseph Etienne Théophile Gide à Uzès

jeudi 7 juillet 2011

Deux balades estivales

Si cet été vos pas vous conduisent dans le nord-ouest de la France, sachez que les propriétaires du manoir de Cuverville ouvrent leurs portes sur rendez-vous. C'est même la première des 10 idées de balades conseillées par le magazine du Conseil général de Seine-Maritime de juillet 2011 :




« Dans La Porte étroite (1909), André Gide a décrit sa maison de Cuvervillle dont les portes ouvrent l'été au public.
Romanesque. Du passage d'André Gide en Normandie, il ne reste que peu de choses. « Mais si vous allez au musée d'Uzès, vous y verrez le bureau de Cuverville ». Propriétaire des lieux depuis quinze ans, Nicolas Chaîne est le gardien de la mémoire de l'écrivain. « Cuverville, située à proximité d'Etretat, était la maison de l'onde maternel, dont hérita la fille Madeleine Rondeaux, cousine et épouse de Gide ». Ce dernier venait régulièrement séjourner ici, rencontrer ses neveux, ses amis, Paul Valéry, Jacques Rivière, et bien sûr écrire. Voilà pourquoi les amateurs de Gide ne manqueront pas d'y faire étape « mais attention, nous ouvrons seulement l'été sur rendez-vous et aux journées du patrimoine ! », précise Nicolas Chaîne. A l'intérieur, aucun mobilier de l'époque de l'écrivain ne subsiste, l'ensemble ayant été dispersé au décès de son épouse En revanche, la maison de 1730 est restée telle qu'elle était; une « grande bâtisse blanche ouvrant une vingtaine de grandes fenêtres » selon les mots de l'écrivain, avec son salon tapissé de boiseries, son bel escalier en fer forgé et son jardin qu'on imagine autrefois plein de vie. Sans oublier tout au fond, découpée dans le mur... la fameuse porte étroite. » (Seine-Maritime Magazine, juillet 2011)

Contrairement à ce que dit cet article, il reste un peu plus que cela à découvrir à Cuverville et dans ses environs. A commencer par les tombes de Madeleine et André Gide, dans le petit cimetière au chevet de l'église du village, puis de là, par les petites routes, la campagne de bois et de champs qui sépare Cuverville d'Etretat.

Mais si vous avez choisi le sud pour passer l'été, c'est en effet à Uzès, au musée Georges Borias, que vous pourrez voir le bureau surélevé que Gide avait fait fabriquer pour pouvoir écrire debout devant la fenêtre du manoir de Cuverville... Le très riche fonds Gide comprend de nombreux portraits, documents, livres et objets. Et même les assiettes de Cuverville !



Sans oublier que jusqu'au 25 septembre, le musée d'Uzès accueille en outre l'exposition « André Gide, un album de famille », de Jean-Pierre Prévost avec le soutien de la Fondation Catherine Gide. La médiathèque se joint à cette manifestation avec la projection de films sur André Gide, du 19 au 30 juillet. Le samedi 3 septembre, elle accueille également une conférence de Jean-Pierre Prévost.