mercredi 21 septembre 2011

Gide, star de la rentrée littéraire



Frédéric Beigbeder aime Paludes. La chose est entendue, depuis le temps qu'il la répète : dans Dernier inventaire avant liquidation (Grasset, 2001), ou plus récemment dans L'Express dans cet article qui fait aujourd'hui figure de prélude à son dernier essai, Premier bilan après l'Apocalypse (Grasset, 2011). Dans un classement à rebours des cent livres qu'il préfère, il faut donc attendre les dernières pages pour trouver Gide qui se classe troisième, derrière Bret Easton Ellis et Paul Nizon. Un moderne populaire, un moderne underground et un classique qui tient un peu des deux. Un vrai choix de publicitaire, à cent lieues des commentaires sur Premier bilan après l'Apocalypse qui y voient un classement non consensuel... Mais enfin, si cela fait lire Gide, et surtout Paludes, qui s'en plaindra ? (A part Philippe Sollers...)





Curieusement, on retrouve encore Gide dans l'autre « livre dont on parle » de la rentrée littéraire : Du temps qu'on existait, de Marien Defalvard (Grasset). Déjà cet été, sur la plage, les magazines lubrifiaient les esprits pour préparer l'introduction de ce roman dans les meilleures ventes de la rentrée : « Un génie de 19 ans pour la rentrée ? » s'interrogeait le Nouvel'Obs en juillet. Précocité et mystère autour de la photo du candidat idéal pour émission littéraire. Même Le Monde des livres ne sait trop qu'en penser : « Marien Defalvard fait un premier roman saturé de références (à Gide, Nerval, Lampedusa, Proust, Péguy...) mais incroyablement singulier, aux trouvailles stylistiques éclatantes, même si elles frisent parfois la cuistrerie irritante. » C'est dire.





Parmi les documents retrouvés en Russie et rendus en septembre dernier aux services historiques du ministère de la défense français, des lettres échangées entre Léon Blum et André Gide ont permis d'enrichir la Correspondance entre les deux amis. En novembre dernier lors de l'assemblée générale de l'Association des Amis d'André Gide, Pierre Lachasse donnait quelques extraits de ces nouvelles lettres. La nouvelle édition de André Gide & Léon Blum. Correspondance (1890-1950) qui paraît aux P.U.L. s'enrichit donc d'une trentaine de lettres de plus que l'édition présentée en 2008.





Le texte de Lacan intitulé Jeunesse de Gide ou la lettre et le désir est paru en 1958 comme une critique des livres de Delay et de Schlumberger, avant d'être versé dans les Ecrits de Jacques Lacan. Un texte difficile reconnaît - et me rassure - Philippe Hellebois dans Lacan lecteur de Gide, livre qui vient de paraître aux éditions Michèle dans la collection Je est un autre, avec une préface de Jacques-Alain Miller. Signalons aussi cet article de Philippe Hellebois sur le même sujet et le texte de Lacan disponible sur le site de l'Ecole Lacanienne.





Nombreux sont les écrivains à avoir séjourné à Neuchâtel et dans sa région. Philippe Terrier, directeur de l'Institut de langue et civilisation françaises de l'Université de Neuchâtel en recense 84 dans Le Pays de Neuchâtel vu par les écrivains de l'extérieur, du milieu du XIXème à l'aube du XXIème siècle aux éditions Gilles Attinger : Andersen, Apollinaire, Amiel, Dürrenmatt, Gautier, Gracq, Haldas, Hesse, Ramuz, Rilke, Dard et bien sûr Gide figurent parmi ces visiteurs célèbres qui ont donné leur vision du Pays de Neuchâtel au travers d'une œuvre de fiction (roman, poésie, théâtre), d'un essai, d'une lettre ou d'un journal intime.


L'éditeur Hermann a entrepris de publier de nouveau sous le titre Cerisy Archives tous les colloques de Cerisy qui ont marqué l’histoire de la pensée. Il ouvre cette nouvelle collection par les actes du colloque qui s'est tenu en août 2010 au Centre Culturel International de Cerisy-La-Salle, réunis sous le titre De Pontigny à Cerisy : des lieux pour penser ensemble. 1990-201. Pierre Masson y évoque notamment l'amitié entre Gide et Desjardins au travers de leur correspondance.



Un mot des livres en préparation chez Gallimard : Gaston Gallimard - André Gide, Correspondance (1906-1951) dans la collection blanche est annoncé pour le mois d'octobre [sortie repoussée, voir les commentaires] , tout comme la correspondance Gallimard-Paulhan.Et dans la collection L'Imaginaire sortira également en octobre une nouvelle édition de La ligne de force de Pierre Herbart. Un extrait du Bulletin Gallimard n°489 consacré à la rentrée littéraire :

 
Il faut enfin signaler volume de la Pléiade consacré aux Liaisons dangereuses (Choderlos de Laclos, Les Liaisons dangereuses, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 2011, Paris 1040 p.) dans une nouvelle édition établie par Catriona Seth avec un lourd dossier sur la réception de l'œuvre. Presque cent ans avant Beigbeder, Gide devait choisir ses dix romans préférés. Il n'en trouva que neuf, dont un qu'il disait d'ailleurs n'avoir pas lu, mais plaça le roman de Laclos à la deuxième place, derrière La Chartreuse de Parme, comme le rappelle Catriona Seth.

3 commentaires:

pechdalou a dit…

Voilà cette correspondance AG-GG plusieurs fois annoncée avant l 'été (et bien avant : déjà Anglès dans son tome I...), vient de disparaitre de la rubrique "à paraitre" du site Gallimard où elle était cette fois prévue pour ce mois. On compte sur vous pour enquêter cher Fabrice.

Fabrice a dit…

Je comptais justement ajouter une précision à ce sujet (déjà annoncée dans le groupe Facebook que je vous invite à rejoindre):

Alban Cerisier, rencontré le week-end dernier aux Journées Alain, indique qu'il est encore en train de mettre la dernière main à la correspondance Gide-Gallimard. Sa sortie est repoussée au mois prochain, espère-t-il. "En revanche", comme s'amusait Gide, les délais seront tenus pour la correspondance Paulhan-Gallimard qui, elle, devrait bien paraître ce mois-ci.

Merci pour votre vigilance et votre fidélité !

pechdalou a dit…

C'est moi qui vous remercie ! Votre promptitude m'émerveille. Merci du renseignement. Je suis désolé mais n'étant pas sur Facebook ( ni sur les autres), je n'ai pas d'autres moyens de vous joindre qu'en squattant vos "avis". A bientôt j'espère. Encore merci.