mardi 20 septembre 2011

Yvonne Gide


Ouest-France rend hommage à Yvonne Gide, décédée le 16 septembre dernier à l'âge de 87 ans. Cette lointaine cousine d'André descend de Xavier Gide, né le 21 février 1737 à Lussan et décédé à Bernis le 14 septembre 1814, arrière-arrière grand-oncle d'André dont le fils Pierre Xavier, né le 23 octobre 1771 à Paris, allait donner naissance à la branche lorraine et catholique de la famille et devenir avocat puis juge suppléant au tribunal de Sarrebourg.

Yvonne Gide fut professeur d'anglais (elle eut notamment un certain Michel Drucker pour élève) et surtout une musicienne passionnée, spécialiste de la musique d'orgue, collectionneuse de clavecins et d'épinettes, créatrice du festival d'orgue d'Argentan dans l'Orne... Dans le BAAG n° 168 d'octobre 2010, elle racontait, entre autres anecdotes personnelles et familiales, sa rencontre avec André Gide :

« Ce fut en 1946 (le 30 avril) que je me décidai à lui rendre visite sur les conseils d'anciens professeurs. Je me présente donc rue Vaneau, et tout d'abord je me trompe de porte, sonnant chez Mme Van Rysselberghe qui me désigne fort courtoisement la porte voisine. Je sonne à nouveau et suis introduite par Yvonne Davet. Je me présente, et par chance, André Gide est là et accepte de me recevoir dans son petit bureau encombré de papiers, de livres entassés sur un piano à queue.
André, très grand, légèrement voûté, se tient un peu sur la défensive et me prie de m'asseoir. Je ne suis pas trop intimidée car j'ai toujours été habituée à la froideur des premiers contacts chez les Gide, quels qu'ils soient. Après avoir conversé sur mes projets à la Sorbonne et sur mes goûts musicaux (je prends des cours d'orgue à l'Oratoire avec Marie-Louise Girod), André Gide me propose de m'aider, ce que je refuse tout net, ma visite étant un « hommage gratuit » à l'écrivain. Elle dura une vingtaine de minutes. André Gide me parla de ses problèmes de santé et de son cœur fatigué par l'âge et les voyages.
Je pris donc congé et eus l'occasion de revenir une fois en l'absence de l'écrivain. Je fus accueillie très chaleureusement par Yvonne Davet. Ce fut ma dernière visite. De retour avenue Marceau, je relatai ma visite chez André Gide : Tante Amélie et Pierre en furent un peu ébranlés et très gentiment m'appelèrent « le canard sauvage » de la famille. » 
(Yvonne Gide, La famille Gide n'a pas dit son dernier mot
Bulletin des Amis d'André Gide, n°168, octobre 2010)

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