samedi 29 octobre 2016
Gidobaque, mais quand même swag
Le phénomène gidobaque peut aussi donner lieu à d'amusantes, même si approximatives, tentatives d'actualisation :
vendredi 21 octobre 2016
Du côté de la Twittosphère
Emmanuel Macron était à Montpellier mardi 18 octobre pour le troisième et dernier meeting de « diagnostic » de l'état de la France.
« Après "La France qui subit" à Strasbourg et "la France qui choisit" au Mans, c'est sur le thème de "la France qui unit", que l'ancien ministre de l'Economie a enjoint pendant près d'une heure et demie la France à ne pas se penser "fragile", en citant pêle-mêle Albert Camus, André Gide, Jean Vilar mais aussi Danton et les tirailleurs sénégalais. », nous apprenaient les journaux dès le lendemain.
La twittosphère nous apprenait même qu'Emmanuel Macron avait soulevé les foules avec l'évocation de... La Symphonie pastorale !
En voilà un qui a retenu les leçons de son professeur de français...
Ce qui ne sera peut-être pas le cas de cette lycéenne qui vient d'achever Les Faux-monnayeurs :
Le phénomène désormais connu sous le nom de code "Gidobaque" n'en est qu'à ses premières victimes...
« Après "La France qui subit" à Strasbourg et "la France qui choisit" au Mans, c'est sur le thème de "la France qui unit", que l'ancien ministre de l'Economie a enjoint pendant près d'une heure et demie la France à ne pas se penser "fragile", en citant pêle-mêle Albert Camus, André Gide, Jean Vilar mais aussi Danton et les tirailleurs sénégalais. », nous apprenaient les journaux dès le lendemain.
La twittosphère nous apprenait même qu'Emmanuel Macron avait soulevé les foules avec l'évocation de... La Symphonie pastorale !
Les Macron Président résonnent après le pitch de la symphonie pastorale de Gide "l'éducation et la culture sont nos armes" #lafrancequiunit pic.twitter.com/OjOlOD338L— Ludovic Piedtenu (@LudovicPiedtenu) 18 octobre 2016
Rendre une salle hystérique en évoquant la Symphonie pastorale d'André Gide. #macron #génie #lafrancequiunit— Séb (@SCazenove) 18 octobre 2016
Le jour où vous verrez un homme politique raconter avec passion la Symphonie pastorale de Gide en plein meeting, appelez moi. #Macron— Baillababa (@Byayaba) 18 octobre 2016
Un homme politique qui raconte La Symphonie Pastorale de Gide ... un moment rare @EmmanuelMacron #lafrancequiunit— En Marche 64 (@64EnMarche) 18 octobre 2016
En voilà un qui a retenu les leçons de son professeur de français...
Ce qui ne sera peut-être pas le cas de cette lycéenne qui vient d'achever Les Faux-monnayeurs :
j'ai enfin fini ce maudit livre par contre trop triste de la mort du petit boris j'aurai voulu qu'olivier meurt car c une grosse tapette— ////// (@evanouissant) 13 octobre 2016
jveux trop mourir jsuis fatiguée jtiens plus le coup j'en ai rien àfoutre de l'illusion dramatique ou les codes du roman gros pd de gide— ////// (@evanouissant) 13 octobre 2016
il pouvait pas suivre les codes du roman??? bah nn monsieur voulait en faire qu'à sa tête et faire chier le lecteur on mélangeant TOUT— ////// (@evanouissant) 13 octobre 2016
Le phénomène désormais connu sous le nom de code "Gidobaque" n'en est qu'à ses premières victimes...
BAAG 191/192
Le Bulletin des Amis d'André Gide, n°191-192 automne 2016, est paru. Il est entièrement consacré à la publication des interventions des 3èmes Journées Catherine Gide qui, en avril dernier au Lavandou, se penchaient vers la Petite Dame.
Sommaire :
- Peter SCHNYDER et Juliette SOLVÈS : « Je me réjouis immodérément de vous revoir. » Quelques particularités de la Correspondance André Gide - Maria Van Rysselberghe :
- Martine SAGAERT : Maria Van Rysselberghe, une femme libre, une personnalité littéraire
- Pierre MASSON et Cornel MEDER : Maria Van Rysselberghe et Aline Mayrisch, histoire d'une amitié
- Raphaël DUPOUY : M. Saint-Clair, un pseudonyme éclairant
- Pierre MASSON : Gide sous le regard de la Petite Dame
- Jean-Pierre PREVOST : André Gide et la graphologie
- Anne BOURJADE : Quand deux fondations s'allient (télécharger le pdf)
- Valérie DUBEC-MONOYEZ : Les liens entre Jean Schlumberger et Maria Van Rysselberghe (télécharger le pdf)
Gidiana
Cotisations et abonnements 2017
Pour les membres de l'Association des Amis d'André Gide, il s'accompagne d'une nouvelle édition du Journal 1891-1892 de Madeleine Rondeaux, présenté et annoté par Pierre Masson.
Bonne idée que de donner une vie propre à ce court texte, que Claude Martin avait publié dans les BAAG n°35 et n°36 de juillet et octobre 1977. Deux carnets que Schlumberger avait signalés dans Madeleine et André Gide sans en mesurer l'importance.
Ce Journal destiné à maintenir le lien entre les deux cousins, au moment crucial de la parution des Cahiers d'André Walter, et donc de la demande en mariage de Gide à Madeleine, témoigne de la proximité culturelle autant qu'amicale (pour étrange qu'elle soit, c'est encore l'épithète qui convient le mieux...) des deux jeunes gens.
Dans son introduction, Pierre Masson souligne également tout ce que ce mariage longtemps qualifié d'infertile — acarpe, aurait dit Gide — a eu bien au contraire de productif. Madeleine s'incarnant tour à tour dans les personnages féminins de Gide, mais nourrissant également ses images, ses thèmes ou même son saugrenu...
Gide-Malraux à Carros
L'exposition Gide-Malraux, 30 ans d'amitié, poursuit sa route et fait halte du 5 novembre au 17 décembre à Carros, dans les Alpes-Maritimes.
samedi 1 octobre 2016
André Gide inspire David Maes au Musée d'Uzès
Depuis 2010, le musée d’Uzès s’associe à la biennale de l’estampe organisée par l’association SUDestampe dans divers lieux du Gard. Du 30 septembre au 31 décembre 2016, David Maes investit à nouveau la salle André Gide du musée pour y présenter des estampes spécialement réalisées pour l’exposition, librement inspirées par deux livres d’André Gide : Thésée et Et nunc manet in te.
L'artiste explique ce qui, dans les œuvres de Gide, continue de l'inspirer :
« Brigitte Chimier, conservateur du musée Georges Borias, m’a proposé de réaliser une série de gravures en relation avec l’œuvre d’André Gide. Ce sont ces gravures que je présente au musée dans le cadre de la biennale de l’association SUDestampe et de la manifestation miNuit Blanche à Uzès.
Deux livres de Gide ont attiré mon attention, Thésée (1946) et Et nunc manet in te (1951). Le thème du sacrifice parcourt ces deux livres, et c’est à partir de ce thème que j’ai choisi de travailler. Sacrifice compris dans sa double acception : celle de l’offrande faite à une divinité, celle du renoncement volontaire à quelque chose ou à quelqu’un.Offrande
Dans Thésée, Gide bâtit un récit autour de ce personnage complexe de la mythologie grecque. Thésée est celui qui réussit à tuer le Minotaure, ce monstre possédant le corps d’un homme et la tête d’un taureau, né des amours de Pasiphaé et d’un taureau blanc envoyé par Poséidon. Le Minotaure fut enfermé par le roi Minos dans le labyrinthe, situé à Cnossos (Crète) et conçu par Dédale, afin qu’il ne puisse s’en échapper et que nul ne découvre son existence.
Lors d’une guerre provoquée par la mort d’un des fils du roi Minos, Athènes est affamée par un terrible siège qui ne prend fin qu’à partir du moment où les Athéniens proposent à Minos de choisir le tribut qu’il veut pour le lever. Minos exige alors que tous les neuf ans, Egée, roi d’Athènes et père de Thésée, lui livre sept jeunes hommes et sept jeunes femmes qui seront sacrifiés au Minotaure. Thésée se porte volontaire.
C’est à partir de cette histoire de sacrifice de quatorze jeunes personnes que j’ai choisi de réaliser quatorze portraits de jeunes gens que je connais ou que j’ai eu l’occasion de croiser. Une partie de cette série de portraits occupe un des murs de la salle André Gide. Parmi ces portraits se trouve une gravure du Minotaure que j’ai réalisée en 2002 pour l’exposition « Le Minotaure » qui a eu lieu à la Chapelle des Jésuites à Nîmes.Renoncement
Face à ces portraits se trouve un grand triptyque : I am a Wonder : Among Flowers. Cette gravure est dédicacée à Madeleine Gide, femme d’André Gide et le sujet de Et nunc manet in te (ce titre est tiré d’un poème de Virgile, le Culex, et signifie « Et maintenant elle survit en toi »). Ecrit peu après la mort de Madeleine, Et nunc manet in te apparaît comme une sorte de confession dans laquelle Gide dresse le portrait de sa vie conjugale, son côté « impossible » dû à son homosexualité. Pour cette raison, mais pas seulement, Madeleine a passé sa vie dans une forme de renoncement au point où elle en devient presque absente.
I am a Wonder : Among Flowers n’est pas un portrait de Madeleine, mais une tentative de lui donner une certaine présence dans cette salle dédiée à son mari. »
David Maes, I Am a Wonder : Among Flowers (Pour Madeleine), triptyque, pointe-sèche, 2016
Exposition David Maes, « Offrandes inégalables », du 30 septembre au 31 décembre 2016. Musée Georges Borias, ancien Evêché, 30 700 Uzès. Tél. 04 66 22 40 23. Blog du musée.
Ouvert du mardi au dimanche, en octobre de 15h à 18h, en novembre et décembre de 14h à 17h. Fermé le 1er novembre et le 25 décembre.
Entrée : 3€. Groupes : 1,50€/personne. Gratuit pour les scolaires.
Visites guidées : plein tarif 5€, tarif groupes 3€ / personne, sur réservation.
Programme complet de la Biennale 2016 SUDestampe sur www.sudestampe.fr
mardi 20 septembre 2016
Gide-Wilde. Deux immoralistes à la Belle Époque
Pierre Masson, Jean-Pierre Prévost,
André Gide-Oscar Wilde. Deux immoralistes à la Belle époque
Editions Orizons, septembre 2016, 312 pages
23€, ISBN : 979-10-309-0092-7
Voilà un livre qui tombe à pic. Alors
que s'ouvre bientôt l'exposition Oscar Wilde, l'impertinent absolu au Petit Palais, Pierre Masson et Jean-Pierre Prévost
publient André Gide – Oscar Wilde. Deux immoralistes à la
Belle Époque (éditions Orizons). Nos amis nous ont parlé
depuis plusieurs années de ce livre qu'ils avaient écrit et qui ne
trouvait pas d'éditeur. Saluons donc le sens de la publicité
d'Orizons !
Il faut dire que devant le côté
« fatras » de l'ouvrage, il y avait peut-être de quoi
prendre peur. Et un véritable éditeur aurait sans doute mis bon
ordre dans cette accumulation d'éléments thématiques, de chapitres disparates, d'illustrations pas toutes utiles ni très bien choisies, le
tout en marge du récit principal... (Sans parler de l'affreuse
couverture, de la titraille déconcertante ou des numéros de notes
décalés...) Les auteurs renoncent heureusement assez tôt à
vouloir dresser le portrait de l'époque pour se centrer sur la
chronologie, ici capitale.
Les deux derniers tiers, appuyés sur
des extraits de la Correspondance de Gide et ses souvenirs ou
ceux de ses proches, en se concentrant précisément sur Gide,
montrent très bien comment ce dernier va recomposer un Wilde à sa
façon, et, ce faisant, intégrer leurs brèves rencontres et la
silhouette de Wilde dans différents récits. Ou encore comment ce
que les auteurs nomment « l'épisode crucial d'Alger »,
va être lui aussi réinventé et réinjecté dans l'œuvre.
Il faut donc dépasser le côté un peu
raté de la forme, qui risque de faire trébucher le lecteur à tout
instant, pour s'attacher au texte et au fond tous deux très
intéressants. Le livre permet, par son analyse des prolongements
wildiens dans l'œuvre de Gide, de réévaluer les rapports entre les
deux écrivains : pour Gide, des rapports jusque là très surévalués
sur le plan personnel, et sous-estimés sur le plan littéraire...
Bibliographie gidienne in progress
Stéphanie Bertrand, maître de conférences en langue et littérature françaises (XXe-XXIe siècles) à l'Université de Lorraine, nous signale l'avancée de son projet de bibliographie gidienne en ligne. Un peu plus de 600 références bibliographiques, des œuvres de Gide à leurs commentaires sous formes de mémoires, thèses, ouvrages ou articles, sont déjà recensés à l'adresse : https://www.zotero.org/
La base de données est hébergée par Zotero, un outil
collaboratif de gestion et de partage de références.
samedi 10 septembre 2016
Exposition André Gide et la Normandie
Pour la première fois, une exposition explore les liens familiaux et amicaux du côté normand d'André Gide : Rouen, La Roque-Baignard, Cuverville... Mais d'autres épisodes sont également évoqués comme la rencontre avec Wilde à Berneval, les visites à Marcel Drouin à Alençon, le voisinage de Schlumberger au Val-Richer et bien sûr les séjours chez l'ami Roger Martin du Gard.
C'est d'ailleurs au château du Tertre, à Serigny près de Bellême, dans l'Orne, que cette exposition réalisée par Jean-Pierre Prévost avec le soutien de la Fondation Catherine Gide et de Groupama, est présentée pour la première fois. Une belle exposition dans un très bel endroit, à voir du 10 septembre au 9 octobre, les samedis et dimanches de 15h à 18h. Entrée gratuite.
Lire l'article consacré à l'exposition dans l'hebdomadaire Le Perche : http://www.le-perche.fr/50047/andre-gide-fait-escale-au-chateau-du-tertre/
dimanche 7 août 2016
Gide et Présence Africaine
Passée il y a quelques années aux enchères, une lettre de Gide est actuellement proposée par la Galerie Thomas Vincent. Elle est adressée à Gaston Criel, poète et fondateur en 1938 du cercle « Pour la poésie », qui a été en 1945 le secrétaire d'André Gide. Paul Eluard l'avait présenté à Paulhan, qui l'avait recommandé à Gide. La lettre est non datée, mais la question de Gide : « L’adresse que j’inscris sur cette enveloppe, est-elle encore valable ? » indique toutefois qu'elle date d'après l'époque où Criel travaillait pour Gide.
Gide qui se fait encore une fois entremetteur, suggérant à Criel de rencontrer et de « guider un peu » un certain Moudio V. Eyoum, « chanteur nègre ». Eyoum Vincent Moudio est né à Douala, au Cameroun. Arrivé en France dans les années 30, il se produit dans les music-halls avec un spectacle mêlant histoires drôles, chansons pimentées et danses. Eyoum Moudio devient vite une figure du show-business, au sein d'un réseau influent.
« Eyoum Moudio qui connaissait sur le bout des doigts le Tout-Paris des Arts et des Lettres, nous apprit comment forcer, par exemple, la porte de l'appartement d'André Gide », se souvient Alioune Diop (20e Anniversaire : Mélanges: réflexions d’hommes de culture, Présence Africaine 1947-1967, Paris, Présence Africaine, 1969). C'est en grande partie grâce au réseau de Eyoum Moudio que Diop va créer la revue Présence Africaine en novembre 1947. Gide signera d'ailleurs l'avant-propos du premier numéro de cette revue.
Gide qui se fait encore une fois entremetteur, suggérant à Criel de rencontrer et de « guider un peu » un certain Moudio V. Eyoum, « chanteur nègre ». Eyoum Vincent Moudio est né à Douala, au Cameroun. Arrivé en France dans les années 30, il se produit dans les music-halls avec un spectacle mêlant histoires drôles, chansons pimentées et danses. Eyoum Moudio devient vite une figure du show-business, au sein d'un réseau influent.
« Eyoum Moudio qui connaissait sur le bout des doigts le Tout-Paris des Arts et des Lettres, nous apprit comment forcer, par exemple, la porte de l'appartement d'André Gide », se souvient Alioune Diop (20e Anniversaire : Mélanges: réflexions d’hommes de culture, Présence Africaine 1947-1967, Paris, Présence Africaine, 1969). C'est en grande partie grâce au réseau de Eyoum Moudio que Diop va créer la revue Présence Africaine en novembre 1947. Gide signera d'ailleurs l'avant-propos du premier numéro de cette revue.
Biskra : une exposition en septembre
Du 23 septembre 2016 au 22 janvier 2017, l'Institut du monde arabe consacrera une exposition à Biskra, reine du désert. Cette exposition présentera surtout des peintures et photographies, mais convoquera aussi d’autres champs de la création, parmi lesquels la littérature, et plus particulièrement celle de Gide.
Présentation de l'exposition :
Présentation de l'exposition :
Le projet est né de l’expérience vécue à Biskra par certains artistes de l’avant-garde européenne autour de 1900 : les textes que la ville a inspirés à André Gide comme L’Immoraliste ou Les Nourritures terrestres, le très célèbre Nu bleu, Souvenir de Biskra de Henri Matisse, et les musiques enregistrées dans les ksour par Béla Bartók qui ont fortement influencé ses compositions des années 1920.
Mais qu’était Biskra lors de la venue de ces artistes ? Une oasis pittoresque, station de tourisme d’hivernage pour les pulmonaires dotée de luxueux hôtels et qui, après l’Indépendance, est devenue une métropole de quelque 300 000 habitants et la capitale d’une wilaya. L’exposition propose de replacer les œuvres d’artistes, du Français Eugène Fromentin en 1848 à l’Algérien Chaouia Noureddine Tabhera en 2014, dans un contexte éclairé par des documents inédits ouvrant de nouvelles perspectives.
Le commissaire de l’exposition, Roger Benjamin, épaulé par des conseillers et historiens algériens propose une lecture postcoloniale des œuvres et des documents qui souligne la richesse des interconnexions entre les faits et leurs représentations. Cette lecture rend compte de la diversité des « héritiers » de cette histoire : les citoyens de Biskra et de la wilaya contemporaine, les immigrés biskris vivant en France, les anciens Biskris pied-noir (italiens, français, juifs), sans oublier le public qui éprouve un attrait certain pour la majesté de cette région du Sahara et de sa population.
Vidéo : Auguste et Marius MAURE, Photographes à Biskra,
de Gilles Dupont, du blog Ils ont photographié Biskra
Inscription à :
Articles (Atom)







