"Je retourne, seul, au petit cimetière protestant, d'où la vue est si belle, si romaine, sur la ville. Le conservateur me dit qu'il est intervenu pour qu'on dégage la tombe de Tancrède Gide (né à Lussan en 1800). Elle porte cette inscription : « Le soir venu, Jésus passa sur l'autre rive. »"
(Gide familier, Jean Lambert,
Presses Universitaires de Lyon, 2000, p.172)
Déjà en 1954 la tombe de Tancrède Gide et de son épouse Clémence avait dû être « dégagée », apprenait-on par Jean Lambert. Elle fait aujourd'hui l'objet d'une procédure de reprise et se trouve menacée (on trouvera ici une explication claire et détaillée de cette procédure).
Alertés, les Amis d'André Gide ont réagi par un premier courrier au maire d'Uzès. Sans réponse. Ils signaient un second courrier en forme de pétition lors de leur assemblée générale du 20 novembre dernier, pétition restée elle aussi sans réponse à ce jour :
« Monsieur le Maire,
Les soussignés, membres de l’Association des Amis d’André Gide, réunis en leur Assemblée Générale, avertis de la menace que fait peser sur les tombes de la famille Gide un projet de restructuration du cimetière d’Uzès, tiennent à vous exprimer leur inquiétude.
Dans le cimetière protestant d’Uzès se trouve en effet la tombe de Tancrède Gide, qui fut juge et Président du Tribunal civil d’Uzès, et de son épouse, Clémence Granier, cette tombe étant encadrée par deux autres tombes de la même famille.
Ces tombes sont en fait le dernier témoignage de la présence effective de la famille Gide à Uzès, (indépendamment des documents conservés dans la salle André Gide du musée Georges Borias), présence dont la ville peut légitimement s’enorgueillir : au nom de Tancrède Gide se trouvent associés celui de Charles Gide, né à Uzès, économiste de renommée mondiale, et celui d’André Gide, prix Nobel de littérature 1947, qui a célébré dans ses Mémoires le souvenir du berceau de sa famille.
Nous sommes bien conscients que toute ville doit faire face à des problèmes matériels incontournables. Mais dans la mesure où il s’agit là d’un mémorial dont l’importance dépasse la ville d’Uzès, et contribue à sa renommée, il semble qu’un traitement particulier devrait lui être accordé. L’Association des Amis d’André Gide souhaite vivement que des dispositions soient prises qui permettent de préserver ces tombes, en accord avec la Fondation Catherine Gide qui se dit prête à étudier avec la ville d’Uzès les conditions qui autoriseraient cette préservation.
Espérant qu’il vous sera possible de donner à cette requête un accueil favorable, nous vous prions de croire, Monsieur le Maire, à l’assurance de notre haute considération. »
Le blog e-gide a bien entendu décidé de relayer cet appel. Mais s'il semble assez simple de mettre un terme à la procédure de reprise, c'est davantage une préservation à long terme de ces sépultures et de leur environnement (deux autres tombes de la famille Gide encadrent celle de Tancrède et Clémence) qu'il faut tenter d'obtenir.
Le seul accord entre la Fondation Catherine Gide et la commune pose en effet plusieurs problèmes. Comment, alors que ces tombes sont déjà en état d'abandon, garantir leur entretien à moyen, à long terme ? D'autre part est-ce à la seule municipalité que doit incomber la charge financière de cet entretien alors qu'il s'agit d'un patrimoine qui dépasse très largement la ville d'Uzès ? D'ailleurs une commune ne peut intervenir sur une sépulture, qui relève du domaine privé.
L'exemple en 2008 des tombes de la famille Hugo à Villequier montre qu'un classement au titre des Monuments Historiques est possible et permet cette préservation à long terme. Dans le cas des tombes Hugo et Vacquerie, l'intervention du ministre de la culture de l'époque, Christine Albanel, a permis un classement en deux mois. Mais avant d'en arriver là, il est nécessaire que les autorités locales se mobilisent.
Une première réponse rassurante de la part du maire d'Uzès serait un signe encourageant. Nous l'assurons d'ores et déjà de tout notre soutien pour appuyer sa demande de classement des tombes de la famille Gide. D'ailleurs vous pouvez dès maintenant montrer ce soutien en envoyant un message à la mairie d'Uzès pour bien signifier votre attachement à la préservation de ce patrimoine unique.
Merci, dans votre message, de respecter les règles élémentaires de courtoisie et de ne faire part que de votre soutien au projet de préservation des tombes Gide à Uzès. Un commentaire ci-dessous ou un mail me signalant l'envoi d'un message serait en outre apprécié afin d'en tenir un décompte, même approximatif.












